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Le Colonel Azali Assoumani reçu à l’Élysée

Le Colonel Azali Assoumani reçu à l’Élysée

Quel mépris et quelle humiliation pour le peuple comorien!

Par Saïd-Abdillah Saïd-Ahmed

     «L’essentiel, pour jouer un rôle international, c’est d’exister par soi-même, chez soi. Il n’y a pas de réalité internationale qui ne soit d’abord une réalité nationale»: Charles de Gaulle, ancien Président de la République française, fondateur de la V République française.

     Les Comoriens aiment leur pays, défendent à leur façon leur nation, leur indépendance proclamée le 6 juillet 1975, reconnu le 12 novembre 1975 par les Nations Unies sur la base de quatre îles, à savoir: Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande-Comore. Cette unité du peuple, dans la religion, le sang et l’Histoire, de l’archipel et de la nation comorienne est la première cible de destruction de la politique coloniale. La France coloniale n’a pas pu détruire cette unité jusqu’en faisant appel à des Français installés, de longue date à Sainte-Marie, île malgache, et des femmes malgaches de haute voltige en les installant aux Comores, plus particulièrement à Mayotte pour organiser, diriger et galvaniser le séparatisme et favoriser la pérennisation de la France dans l’île.

     Malgré tous les efforts de la France, la politique destructrice de la base du peuple comorien qu’elle a menée depuis la colonisation de notre archipel, les Comores proclament une indépendance unilatérale le 6 juillet 1975 sur la base de quatre îles. C’est une affirmation publique internationale que les Comoriens, à la tête desquels Ahmed Abdallah Abderemane, ont imposée à la France, coloniale, orgueilleuse et revancharde. Cette proclamation unilatérale de l’indépendance des Comores a fait capoter la politique prônée par la France en voulant faire reconnaître les résultats du référendum du 22 décembre 1974, île par île, de surcroît les Comores avec quatre populations différentes. La France, prise de vitesse et avec surprise, veut agir vite et lance le coup d’État du 3 août 1975 afin de pouvoir occuper Mayotte, profitant de l’instabilité créée par le changement brutal du régime. Ali Soilihi Mtchachioi a vite compris le piège et a réagi vite en coupant toutes relations diplomatiques avec la France et mena un combat contre l’occupation française de Mayotte. Contrairement à Ali Soilihi Mtchachioi, Azali Assoumani est tombé dans le piège que lui a tendu la France en faisant le coup d’État du 30 avril 1999 pour mettre fin à l’unité du peuple, de la religion, de l’Histoire et du peuple comorien, en en faisant son rôle principal pour vivre et survivre en politique.

Azali Assoumani n’a pas agi comme Ali Soilihi Mtchachioi 

     «C’est auprès de ces camarades que j’ai appris, dans la lutte, le sens du courage. Je n’ai cessé de voir des hommes et des femmes risquer et donner leur vie pour une idée. J’ai vu des hommes supporter des brutalités et des tortures sans craquer, montrant une force et une résistance qui défient l’imagination. J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre»: Nelson Mandela, ancien Président de la République d’Afrique du Sud.

     Il y a une sagesse malgache qui dit: c’est lors de l’accouchement donnant naissance d’une fille qu’on connaît celle qui va amener un homme à la maison dès cet accouchement. Cette sagesse n’échappe pas à l’analyse qu’on doit faire aux hommes et femmes politiques des Comores. Le Colonel Azali Assoumani sait qu’il doit plus aux Comoriens qu’à la France. Mais, il a décidé de mieux servir la France que les Comores, contrairement à Ali Soilihi Mtsachioi. Or, les deux hommes sont tous deux arrivés aux pouvoir par un coup d’État organisé et soutenu par la France. Ali Soilihi Mtsachioi a défendu les Comores au prix de sa vie, pour l’unité de l’archipel et son indépendance et il est mort en martyr de la nation comorienne le 29 mai 1978. Azali Assoumani préfère de défendre les intérêts de la France, en instaurant une constitution qui met fin à l’unité du peuple, unité de la nation et de la religion. La Constitution du 23 décembre 2001 a instauré l’Union des Comores, comme si nous sommes si différents: un drapeau pour chaque île (comme le veut la France, le Dieu de certains acteurs politiques comoriens), avec sa couleur, au lieu de la couleur verte et quatre étoile qui marqua notre unité et notre islamité. Cette Constitution scélérate ancre et favorise l’esprit séparatisme afin de détruire notre jeune nation. Pour plaire à la France, le Colonel Azali Assoumani va mener une politique sournoise de reconnaissance régionale de l’île comorienne de Mayotte comme une entité française. Il autorise les séparatistes mahorais à participer aux Jeux des îles de l’océan en tant que entité à part des Comores.

Le président français François Hollande remercie la détermination d’Azali Assoumani de trahir les Comoriens en l’invitant à l’Elysée

     La France, par ses hommes et femmes politiques a une politique africaine très critiquée, même en France. Elle n’a rien fait pour empêcher le retour d’Azali Assoumani, qui lui a été toujours fidèle et meilleur serviteur. Connaissant la haine des Comoriens envers leur ancien colonisateur, qui a fait tuer par le biais de Bob Denard deux de ses présidents et déporté un président élu à l’île de la Réunion, la France avance masquée et d’une manière détournée pour imposer ses valets. Après la victoire imposée par la Cour constitutionnelle, Azali Assoumani marque un pas énorme de sa détermination à trahir le peuple comorien en accueillant au Palais présidentiel, le Préfet de Mayotte au su et au vu de toute la population comorienne et de ses élites politiques et militaires. C’est courageux pour un président qui vient d’être élu par la Cour constitutionnelle. Or, le Président est le garant de l’unité et de l’intégrité des Comores, selon la Constitution. Il est l’espoir de libération de Mayotte, en accueillant le représentant officiel de l’occupation française de notre île. Le premier geste diplomatique qu’il fait est d’une haute trahison nationale. Les Comoriens l’ont compris et en ont pris note. La France le récompense d’une visite officielle à l’Élysée. Selon l’Islam, la meilleure récompense qu’Allah réserve à ses fidèles après le Paradis, c’est de Le rencontrer, Le voir. C’est ce que fait la France à ses fidèles adorateurs jusqu’au moment elle n’en a plus besoin comme elle l’a fait avec Mouammar Kadhafi. Les Comores ne peuvent rien espérer de ce déplacement ruineux de la maigre économie de notre pays que le mépris et l’humiliation. Cette invitation montre à la face du monde que les Comores, loin de condamner la France de l’occupation d’une partie de notre territoire national, Mayotte, et de nous imposer sa monnaie coloniale, nous l’adorons comme un Dieu vivant. Qui va nous aider à nous relever, à être digne de nous-même et à assumer notre indépendance quand nous ne faisons pas le premier pas?

Relevons le défi national et sauvons notre pays de ses vautours

     «Un dictateur n’a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi»: François Mitterrand, ancien président de la République française.

     Les Comoriens souffrent de l’absence d’emploi, d’orientation politique, d’Éducation, de Santé publique et de l’espoir. Le peuple comorien a perdu de l’espoir et ne voit que de plus le plus noir qui s’annonce à l’horizon. Certains ont pris l’option de la fuite, comme d’autres avant eux, et une partie, se résignent à attendre encore cinq ans pour s’en débarrasser. Il y a une infime partie qui ne veut plus attendre cinq ans comme ils ont fait avec Ikililou Dhoinine. Ils ont compris que les élections n’apporteront jamais de changement qui favoriseront le développement de notre pays. Ils ne veulent plus attendre, surtout pas en laissant cinq ans aux ennemis du peuple, de la nation, de la religion afin qu’ils puissent arriver à leur macabre objectif pour se réveiller. Ils sont minoritaires mais fermes et déterminés à se sacrifier pour l’unité du peuple, de l’archipel, de la religion et de leur indépendance afin que demain soit meilleur pour les Comores et les Comoriens. Leurs vies, leurs sueurs et leur sang appartiennent au peuple comoriens et aux Comores pour relever le défi de non-soumission, du refus des courbettes et de l’accolade à l’Élysée au moment où plusieurs milliers de Comoriens meurent de l’occupation française de notre île. Le temps de la courbette est révolu et il nous faut un sursaut national pour mettre fin à la Constitution du séparatisme pour une nouvelle République des Comores digne de ce nom.

     Que Dieu bénisse les Comores et les Comoriens dans l’unité de l’archipel, à savoir, Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande Comore.

Par Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah

Président du Parti Comores Alternatives (PCA)

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