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Le gouvernement vient d’enterrer vivant Ahmed Sambi

Le gouvernement vient d’enterrer vivant Ahmed Sambi

Face au corps diplomatique, le gouvernement défend le Droit

Par ARM

     Un timing parfait. Juste 48 heures après la publication, le lundi 23 novembre 2015, du décret portant convocation du corps électoral en vue des élections présidentielles et gubernatoriales de février et avril 2015. En effet, ce mercredi 25 novembre 2015, Abbas Mohamed El-Had, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, de la Fonction publique, des Réformes administratives, des Droits de l’Homme et des Affaires islamiques (assurant l’intérim du Docteur Abdoulkarim Mohamed, chef de la diplomatie), Houmed Msaïdié, ministre de l’Intérieur, de l’Information, de la Décentralisation, chargé des Relations avec les Institutions, porte-parole du gouvernement, et Hamada Madi Boléro, Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense, étaient devant les membres du corps diplomatique accrédité à Moroni. Officiellement, leur exercice de communication devait se limiter à une explication du processus électoral en cours. En réalité, quand on lit entre les lignes, on se rend rapidement compte que l’exercice a abouti à un enterrement vivant d’Ahmed Sambi dans une fourmilière habitée de fourmis rouges. Sachant qu’en toute chose, il faut savoir hiérarchiser les priorités, Houmed Msaïdié a pris son ton le plus gentil – ce qui est plutôt mauvais signe – pour expliquer aux diplomates étrangers que, s’agissant de la crapulerie mafieuse portant sur l’organisation des «Assises nationales» sur les 40 ans d’indépendance des Comores, aucun ministre du gouvernement actuel ne s’y opposait «mais pour nous, la priorité des priorités, c’est la tenue des élections aux dates prévues, d’une manière transparente et démocratique». Autrement dit, c’est comme s’il disait aux ex manipulés, rémunérés et nourris par Ahmed Sambi, «vous voulez organiser vos petites salades, faites donc et laissez le monde vivre en paix parce que ce n’est pas ce qui va empêcher le soleil de se lever de nouveau à l’Est et de se coucher à l’Ouest».

     Comme on connaît la honte consistant, de la part des Députés crypto-sambistes, à procéder à une saisine de la Cour constitutionnelle en vue de la révision de la Constitution pour faire de l’ancien satrape Ahmed Sambi le Président ad vitam æternam, le Président à mort et jusqu’à ce que mort s’ensuive, il faudra préciser que pour Houmed Msaïdié, il y a des choses plus importantes pour les Comores, comme l’obtention de 700 millions de francs comoriens à ajouter aux 2 milliards décaissés par l’Union européenne et la tenue d’élections normales. Et il a renvoyé les crypto-sambistes à leurs fières études, en déclarant que «nous respectons le droit de ces Députés de requérir la convocation d’un tel congrès et la proposition ne fait l’objet d’aucun rejet de notre part». C’est une façon pour lui, et une fois de plus, de minimiser la gesticulation dramatique des crypto-sambistes. Donc, Houmed Msaïdié a choisi la subtilité pour s’exprimer face aux mesquineries mafieuses d’Ahmed Sambi et de ses roquets. Pourtant, il a dit des choses qui ne laissent aucune chance aux prétentions et divagations d’Ahmed Sambi: «Le processus est irréversible, nous sommes tenus de respecter ses dates. Depuis l’instauration de la présidence tournante, nous avons des Présidents encore vivants, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici. Aidez-nous pour qu’une seule personne ne s’éternise au pouvoir». «Pour qu’une seule personne ne s’éternise au pouvoir»? Ah bon? Et il s’agit de qui? Aux Comores, il ne peut s’agir que d’une et d’une seule personne: Ahmed Sambi. Et puis, quand Houmed Msaïdié dit que «le processus est irréversible, nous sommes tenus de respecter ses dates», cela signifie que les Comores ne vont pas suspendre tout un processus électoral pour les caprices puérils, les magouilles politiciennes, les pleurnicheries larmoyantes et les intérêts occultes d’un Ahmed Sambi qui a déjà ruiné les Comores par le passé avec une incroyable désinvolture. Mais, tout est dit avec subtilité et nuances.

     Par contre, Hamada Madi Boléro a choisi la manière directe et frontale, celle consistant à appeler le chat par son nom, sans se cacher derrière son petit doigt. Et c’est ainsi que le Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense rappela une chose fondamentale: on ne peut pas modifier la Constitution comorienne pour porter atteinte à l’unité nationale du pays, au caractère républicain de l’État comorien, à l’intégrité territoriale du pays et à l’autonomie des îles. Or, la démarche mafieuse et unilatéraliste des Députés crypto-sambistes présente au moins deux graves problèmes de nature juridique: elle vise la suppression de la présidence tournante, base de l’unité nationale des Comores, et l’instauration d’un pouvoir personnel, de type monarchique par abolition de la République. La tentative d’instauration du poste de Guide suprême au profit d’Ahmed Sambi en dit long sur les ambitions insatiables de cet homme à l’appétit de pouvoir sans bornes. Et Hamada Madi Boléro porta l’estocade par ces paroles qui signent l’arrêt de mort de toutes les divagations présidentielles d’Ahmed Sambi, propriétaire unique du Parti Bidoche: «C’est pourquoi nous demandons à la Cour constitutionnelle de nous éclairer et de nous dire formellement si la proposition de loi ne va pas à l’encontre de cette disposition. Si la Cour n’y voit aucune entorse à la Loi fondamentale, nous lancerons alors le processus. Mais, une chose est claire: elle ne serait applicable qu’aux prochaines élections, c’est-à-dire à partir de 2021, puisque pour les élections de 2016, le processus est déjà déclenché». En signalant que si jamais la révision constitutionnelle taraudant Ahmed Sambi et ses crypto-sambistes pouvait se réaliser, «elle ne serait applicable qu’aux prochaines élections, c’est-à-dire à partir de 2021, puisque pour les élections de 2016, le processus est déjà déclenché», Hamada Madi Boléro dit à Ahmed Sambi que de toute façon et quelle que soit la méthode choisie, il ne pourra briguer Beït-Salam qu’en 2021, quand viendra le tour de son île natale et d’origine, Anjouan. C’est une manière pour l’homme de Beït-Salam, qui sera bientôt secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), à la grande satisfaction et au grand désespoir de ses ennemis tapis à l’ombre, qu’Ahmed Sambi aura beau s’agiter, il attendra 2021. Un point c’est tout. Même milliardaire, il est un Comorien comme les autres.

     Au surplus, en choisissant de placer leur saisine scélérate sous l’angle de la suppression de la présidence tournante, les crypto-sambistes ont opté pour la voie anticonstitutionnelle parce que la présidence tournante, garant de l’unité nationale des Comores et de la transition pacifique et démocratique aux Comores, ne saurait faire l’objet d’une révision constitutionnelle. On ne peut pas réviser la Constitution comorienne pour qu’Ahmed Sambi détruise l’unité nationale des Comores et s’installe à mort à Beït-Salam. Cela ne saurait être permis. Le caractère général et impersonnel de la Loi ne permet jamais des aventures en solo. La présidence tournante a été instaurée aux Comores à la suite d’une démarche unanime des Comores et de la communauté internationale pour réconcilier les Comoriens et non pour les diviser. On ne voit donc pas comment une bande de desperados peut demander sa suppression pure et simple. Dès lors, il est clair que la communication gouvernementale a isolé davantage Ahmed Sambi et ses roquets crypto-sambistes sur une classe politique encombrée de cadavres politiques et qui ne serait pas fâchée d’être débarrassée des éléments nocifs qui empêchent les Comoriens d’avoir des sujets de conversation plus utiles et plus productifs.

     Dès lors, si Ahmed Sambi sait faire de l’analyse du contenu, il doit se dire une chose: le gouvernement ne vient pas de lui rendre le meilleur des services, surtout qu’il a pris à témoin la communauté internationale. Celle-ci n’a pas besoin de beaucoup d’explications pour saisir le caractère mafieux des démarches multiples entamées par Ahmed Sambi et ses satellites pour tenter de retourner au pouvoir en 2016, sans même attendre 2021, l’année où le tour sera aux Anjouanais comme lui. Et, en s’entêtant comme un âne rouge sur l’urgence de casser toutes les lois de la République pour son bon plaisir, Ahmed Sambi se signale négativement à l’attention de la communauté internationale, qui ne voit en lui qu’un pitoyable dictateur ubuesque africain désespéré, assoiffé de pouvoir et incapable de se rendre compte qu’il se met en marge de la société comorienne et se fait haïr des chancelleries et de tout le monde. Au fond, c’est Ahmed Sambi qui s’enterre lui-même à côté d’une fourmilière habitée de fourmis rouges.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Vendredi 27 novembre 2015.

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