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Le Gouverneur d’Anjouan tue Azali Assoumani et Cie

Le Gouverneur d’Anjouan tue Azali Assoumani et Cie

Il casse une à une toutes les magouilles malsaines du tyran

Par ARM

      Finalement, Salami Abdou Salami, Gouverneur de l’île d’Anjouan, n’est pas le mauvais cheval. C’est un chic type. Oui, il n’est pas le mauvais cheval. Oui, il est un chic type. À l’heure qu’il est, il est la seule autorité comorienne qui dit des choses qui ont un sens. Il le dit bien, loin de l’idiotie congénitale d’un Mohamed Saïd Fazul dit Babadi ou de l’insignifiance maladive d’un Hassani Hamadi. Les déclarations qu’il fait sont d’autant plus utiles qu’elles ne se limitent pas à son île, mais ont une profondeur national. Et, les Comoriens aimant leur pays avec sincérité et bonne foi boivent du petit-lait en lisant sa dernière interview en date sur La Gazette des Comores. Il y dit des choses qui font du bien et qui mettent du baume au cœur.

Le Gouverneur d’Anjouan a l’intelligence d’expliquer qu’il y a «assises» et «assises», que les Anjouanais veulent connaître le contenu et la finalité de ces «assises» avant d’y participer et que le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani Boinaheri a fait un coup d’État pour récupérer les «assises» des vioques du 11-Août: «Qu’on s’assoit ensemble pour faire le bilan des 42 ans d’indépendance, je l’ai dit et je le répète je ne vois aucun problème. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais au préalable, il faudrait savoir qui et qui vont y participer, et quels seront les sujets discutés. Il faut aussi qu’on nous dise si les conclusions auxquelles nous aboutirons seront considérées comme des lois ou juste des directives. Si elles étaient considérées comme des lois, quand est-ce qu’elles seraient appliquées?

      Jusqu’à maintenant, c’est le flou. Même après que soit signé un décret mettant en place le comité de pilotage. Le flou règne encore. En regardant de près le contenu du décret, on se rend compte que les Assises sont détournées de l’objectif principal du Mouvement du 11 août. Aujourd’hui on nous dit qu’“en vue d’atteindre l’émergence”, une chose qui n’a jamais existé avant. Le contour du décret montre bien que ce sont les Assises du gouvernement et non celles revendiquées par le Mouvement du 11-août. Moi en tant que chef d’exécutif d’une entité insulaire, je ne suis pas encore convoqué dans les Assises. Le chef de l’État nous a informés depuis le 6 juillet de la tenue prochaine des Assises. Il nous avait promis de nous contacter pour qu’ensemble nous discutions du cadre général et de ce que nous devrions faire. Mais depuis, c’est le silence radio».

Le Gouverneur d’Anjouan a eu l’intelligence de vouloir organiser des assises à Anjouan et pour Anjouan, pendant que le gouvernement n’en veut pas. Là-dessus, Salami Abdou Salami fait un foin du diable, et ça fait du bien: «Que ceux qui clament ici et là que les Assises régionales d’Anjouan n’auront pas lieu sachent qu’ils n’arriveront pas à les empêcher. Ces gens-là ne seront même pas capables de dissuader les ressortissants de leurs quartiers respectifs. Il y en a qui viennent de Ngazidja pour crier ici alors que même dans leurs propres villages ils ne sont pas capables de mettre de l’ordre. Comment ces gens qui n’arrivent pas à empêcher les leurs de ne pas désobéir aux décisions de l’État, peuvent prétendre empêcher des Assises à Anjouan? Ils n’y arriveront pas». Avec ça, on assiste à la mise à mort pure et simple de Bellou, dit «Tête de Veau», dit Idi Amine Dada.

Quand on interroge le Gouverneur d’Anjouan sur ce qui se passerait si le «concubinocrate» Azali Assoumani Boinaheri usait de la force pour empêcher les assises d’Anjouan, le Gouverneur de cette île est catégorique, et ça plaît: «Je ferai les Assises régionales et personne ne pourra m’en empêcher. Personne! Sauf par des circonstances venant de la divine Providence. Écoutez, c’est logique d’organiser les Assises régionales. On ne peut pas nier l’identité insulaire. Non, l’on ne peut pas. Je te rappelle que la Cour constitutionnelle a parlé de “ressortissants des îles”. Donc c’est une notion. Moi je suis élu gouverneur d’une île. C’est donc logique de me reconnaître en tant qu’entité insulaire. Il fallait d’ailleurs que ça soit aux entités insulaires d’apporter chacune des idées pour une concertation avec le gouvernement central. C’est ce qui aurait fait des vraies Assises. Mais aujourd’hui on veut mettre la charrue avant les bœufs. J’ai entendu un ministre dire qu’on fera d’abord les Assises nationales avant les régionales. Décidément il y en a qui ne comprennent rien mais qui ont juste eu la chance d’occuper des hautes responsabilités».

Au moment où les Comoriens n’ont que du mépris pour un Saïd Larifou, ils découvrent Salami Abdou Salami, qui dit très bien les choses qui doivent être dites. Et quand on interroge le Gouverneur d’Anjouan sur les envolées lyriques du dictateur de Mitsoudjé à l’ONU sur l’État de Droit et la démocratie, le propos est très juste: «Prôner verbalement de la démocratie, c’est bien beau! Mais allez voir ce qu’il fait et vous saurez s’il est vraiment un démocrate ou pas. Aux Comores, et particulièrement à Anjouan, on n’a pas encore vu la moindre trace de démocratie depuis l’arrivée de ce régime. Le gouvernement n’en fait qu’à sa tête et c’est le peuple qui en pâtit.

      Combien de fois la Cour a sommé sans succès le gouvernement de faire certaines choses? Les partielles sur les conseillers des îles à Anjouan, la Commission anticorruption… Notre gouvernement est décidément sourd. Il n’entend plus rien. On parle de minorité chiite malmenée. Mais il n’y a pas qu’eux. Il y a les “djawla” [= Fondamentalistes], qui sont plus persécutés que les autres pendant que ceux qui prennent qui la drogue et l’alcool sont bénis. On voit des autorités nationales prendre part à des manifestations mondaines et où tous les actes pervers sont pratiqués. Pendant ce temps elles ordonnent de chasser des fidèles dans une mosquée. Il ne faut pas croire qu’à la tribune des Nations Unies on peut tromper le monde. L’ONU suit avec attention ce qui se passe aux Comores. Récemment des musulmans sont emprisonnés pour avoir célébré l’Eid un jour autre que celui décidé par l’État. Pourquoi? Simplement par le vouloir du chef de l’État, mais il n’existe aucun argument juridique pour motiver une telle décision. C’est cela la démocratie?».

L’interview finit en fanfare: «Je déplore les discours des autorités de l’Union tenus plus particulièrement à Anjouan pour attiser la haine. Ils montent les uns contre les autres pour des faux débats. […]. Qu’ils se ressaisissent et renoncent aux discours incendiaires car ils ne font peur à personne. Ils ne font que prôner la haine. Leur politique c’est de ramener les Anjouanais au séparatisme. Ils veulent diviser pour mieux régner, et de ça ils font un art. Ces gens-là, ce ne sont pas les Grands-Comoriens. C’est une portion de gens qui veulent prendre le pays en otage en poussant les Anjouanais à se révolter. […]. Dire aux anjouanais que le débarquement est un coup d’Etat, là le ministre des Sports et le Vice-président Moustoidrane ne font qu’insulter la République. C’est un mépris envers la République».

Voilà un discours qui va dans le bon sens. On aurait voulu entendre de Grands-Comoriens développer un tel discours car c’est leur île qui a fourni le plus grand nombre de mendiants politiques dégoulinant d’obséquiosité servile devant le «ventriote» Azali Assoumani Boinaheri. Si on se dit la vérité, on doit reconnaître que la fracture insulaire s’élargit. Chaque jour, la Grande-Comore s’éloigne de Mohéli et d’Anjouan. Mohéliens et Anjouanais ne vont pas laisser un dictateur borné et obtus casser leurs îles respectives et ne rien faire. Ils attendent le moment où ils pourront en découdre avec l’homme malade de Mitsoudjé.

Fort malheureusement, Mohamed Saïd Fazul dit Babadi, sorte de Gouverneur de Mohéli, est incapable de suivre le mouvement patriotique initié à Anjouan par Salami Abdou Salami. Le Gouverneur d’Anjouan redonne du sens à une politique enfouie dans le silence et la lâcheté. Sans doute, est-il temps pour ceux qui rejettent la politique du dictateur de Mitsoudjé de se retrouver autour d’un projet commun pour parler du pays. Les Comoriens aimant leur pays de manière sincère doivent organiser les assises des patriotes.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mardi 26 septembre 2017.

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