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Le Grand Vizir licencie des juges et ressuscite les morts

Le Grand Vizir licencie des juges et ressuscite les morts

Face à la Justice à la dérive, le Vizir en charge de Dieu danse

Par ARM

     C’est la joie. C’est la joie au sein du gouvernement des amuseurs publics et des amuseurs de tapis. Du coup, toutes les clowneries les plus abracadabrantesques et les plus dantesques sont mises au goût du jour. Tiens! L’autre jour, pendant qu’on lui expliquait qu’il était temps pour les autorités mohéliennes d’essayer de faire quelque chose pour tirer leur île vers le haut, le fugitif international Hamada Madi Boléro s’était mis à crâner et à pérorer: «Il faudrait tout d’abord que le Gouverneur Mohamed Saïd Fazul aille présenter ses excuses à son chef Azali Assoumani et reconnaître qu’il avait été ingrat et mauvais envers lui». En quoi? Il ne le dit pas, mais on sait qu’il reproche à son ennemi intime d’avoir tenu tête à l’usurpateur Azali Assoumani par le passé, mais d’avoir reçu de lui quelque 30 millions de francs comoriens lors de l’élection du chef de l’État en 2010, pendant que le futur fugitif international lui-même, pourtant de la CRC, le parti du «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani, récoltait de méprisables miettes. Comme le fugitif international Hamada Madi Boléro a décidé de ne pas jeter la rancune à la rivière, lors des funérailles nationales de son oncle Soilihi Mohamed en juillet 2016, à Djoiezi, Mohéli, il avait serré la main à toutes les personnalités présentes à la cérémonie, mais avait ostensiblement ignoré son ennemi intime Mohamed Saïd Fazul, pourtant Gouverneur de Mohéli, pourtant de Boingoma comme lui, à qui il n’était même pas permis de prendre la parole pour dire un mot de circonstance sur le défunt. Aimable comme la porte d’une prison…

     Et pendant que tout cela se passe dans l’opprobre, le Vice-président Abdallah Saïd Sarouma, le maître à penser et la coqueluche du fugitif international Hamada Madi Boléro, continue à se donner en spectacle au sein du gouvernement. Il a rendez-vous avec des diplomates étrangers dans son ministère? Il ne s’y présente même pas. Il doit se rendre en conseil des ministres le mercredi? Il y arrive avec une heure de retard. Il aurait pu trouver une belle excuse s’il pouvait avoir le courage de dire qu’il n’y voit pas d’intéressant puisque le conseil des ministres est devenu un lieu de gnangnan où il ne se dit rien d’important. Mais, il ne le fait pas. D’ailleurs, dans ce gouvernement de copinage, il ne se dit rien qui vaille la peine de déranger l’enfant de Mdji Mbia, à Fomboni. Il a mieux à faire. Et, la dernière sortie de son collègue Sa Hautesse le Grand Vizir en charge de Dieu, du Prophète et du Paradis a un goût d’eau de punaise. C’est que Sa Hautesse a décidé de revenir à quelque chose qui lui est cher: la politique-spectacle. Le spectacle pour les gogos et les beaufs, avant la politique.

     C’est la joie parce que Sa Hautesse le Grand Vizir, au lieu de s’attaquer aux vrais maux qui ont détruit ce qui tient lieu de système judiciaire aux Comores, a animé une inutile conférence de presse pour dire qu’il travaillait, qu’il prenait les décisions attendues et qu’il méritait le respect de l’univers. Quelle grandeur d’âme! Sa Hautesse a notamment lancé aux journalistes qui avaient jugé que la chose valait le déplacement: «Le climat de paix a été momentanément menacé à Anjouan ce dernier temps. Mais le gouvernement ne peut pas laisser cette insécurité. Cependant, une enquête administrative est ouverte au lendemain de cet acte, et le ministère a décidé de suspendre deux magistrats dans le cadre de cette affaire en attendant le rapport de l’enquête, et sept autres sur une affaire de dysfonctionnements administratifs». En d’autres termes, Brando, qui a été lâchement assassiné et brûlé par la foule alors qu’il se trouvait dans le Tribunal de Mutsamudu, a été ressuscité par les licenciements opérés par Sa Hautesse le Grand Vizir. Le monde entier respire…

     La question que le Tout-Mutsamudu se pose est: que voulait dire Sa Hautesse le Grand Vizir par «une affaire de dysfonctionnements administratifs», et pourquoi, s’il ne veut pas dire ce qu’il a à dire, ne se tait-il pas pour que les vaches soient mieux gardées? Qui l’oblige à parler? Personne! Et pourquoi, s’il n’a rien à dire, s’oblige-t-il à parler pour ne rien dire?

     Il faudra se dire la vérité. Les Comores sont gouvernées par des personnes d’une violence inouïe. Cette violence est verbale et physique. Elle a littéralement explosé pendant la période électorale, au cours de laquelle les Comoriens ont tout vu, tout entendu. À Mramani, Ahmed Sambi avait demandé à la population de «sortir les haches et les machettes si Azali Assoumani n’était pas élu». Le monde entier a vu Kiki, futur ministre de l’Intérieur, se comporter en chef de gang. Le monde entier a vu le «pouvoiriste» Azali Assoumani mimer une mise à mort en pleine crise électorale. Son futur Conseiller Ibrahima Hissani Mfoihaya avait écrit une lettre de menaces et d’injures à Ikililou Dhoinine. Le futur Grand Vizir lui-même lançait en signe de menace: «Ça va mourir à Sankoulé», tout ça, pour impressionner son futur copain le fugitif international Hamada Madi Boléro. Et on veut que les simples citoyens se comportent comment? Ces citoyens qui baignent dans la violence n’ont aucune excuse. Mais, les autorités qui vont prêcher la paix n’ont aucune «légitimité morale» pour le faire.

     Et, il y a l’appareil judiciaire comorien. Un énorme scandale sans nom. Il faudra le vider de tous ses membres, des avocats sans diplômes d’avocats aux magistrats incompétents et corrompus. Pour le guérir, un nettoyage par le vide s’impose. Incompétence, prévarication, concussion, faux diplômes, absence de diplômes, pourrissement de l’autorité de l’État, c’est ça l’appareil judiciaire comorien. Alors, limoger quelques magistrats sans dire pourquoi et laisser les autres, ça sert à quoi? À rien. Donc, peut mieux faire. En attendant, Sa Hautesse le Grand Vizir doit comprendre qu’il peut, à la limite, impressionner quelques gogos, mais tout en laissant de marbre les vrais juristes que compte le pays. Et aux Comores, il y a de vrais juristes. Qu’on le lui dise…

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 3 août 2016.

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