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Le pauvre chéri! Ahmed Sambi est tombé du tomatier!

Le pauvre chéri! Ahmed Sambi est tombé du tomatier!

Le pauvre chou, sommé par l’Union africaine de faire le deuil de 2016

Par ARM

     Seuls quelques initiés triés sur le volet le savent: Hamada Madi Boléro, actuel Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense, et Jakaya Mrisho Kikwete, Président de la Tanzanie du 21 décembre 2005 au 5 novembre 2015, se connaissent depuis 1999. En effet, quand Azali Assoumani Baba commit son coup d’État du 30 avril 1999 et qu’il se heurta au refus de la communauté internationale de reconnaître les régimes politiques issus de putschs, il avait délégué Hamada Madi Boléro, en tant que spécialiste des Relations internationales, auprès de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), la devancière de l’Union africaine, pour essayer d’arrondir les angles. Quand l’homme de Mohéli arriva au siège de l’OUA, à Addis-Abeba, il dût entendre Jakaya Mrisho Kiketwe, alors ministre des Affaires étrangères de la Tanzanie, demander avec agacement et colère: «Il est où ce Boléro, il est qui et il a quel grade au sein de l’Armée comorienne?». Le ton dans lequel la question avait été posée était celle de la réprobation, mais Hamada Madi Boléro n’a pas été formé en Relations internationales pour rien. Il avait laissé passer l’orage avant d’entrer méthodiquement dans le vif du sujet. Par la suite, les deux hommes apprirent à se connaître et à s’apprécier. Puis arriva Ahmed Sambi, qui effectue des investissements massifs en Tanzanie avec l’argent des Comoriens et s’y appropria même le terrain appartenant à l’État comorien, en disant au Président Ikililou Dhoinine, sans avoir peur de Dieu: «C’est la seule chose que j’ai obtenue de mon passage au pouvoir». Le scélérat! En plus, il essaie toujours de faire croire aux Comoriens qu’il était le négociateur choisi par la Tanzanie pour ses relations avec les pays du Moyen-Orient, alors que la Tanzanie a de vrais diplomates et entretient des relations de famille et de sang avec le Moyen-Orient depuis le Moyen-âge. On connaît la valeur sentimentale et géostratégique de Zanzibar pour les Arabes. En décembre 2013, lors des funérailles de Nelson Mandela, en Afrique du Sud, le paparazzo Ahmed Sambi pleurera devant le Président Jakaya Mrisho Kikwete jusqu’à ce que ce dernier accepte de le conduire auprès de Barack H. Obama pour se faire photographier à ses côtés, après s’être fait introduire dans la cérémonie par le Président Ikililou Dhoinine et Hamada Madi Boléro. Pourtant, ce lundi 30 novembre 2015, c’est Jakaya Mrisho Kikwete qui fut chargé de donner le baiser de la mort à l’ancien dictateur têtu comme un âne rouge.

     Le film des événements de ce lundi 30 novembre 2015 constitue un calvaire pour Ahmed Sambi et ses hommes de main et de bouche. Pourtant, ce lundi 30 novembre 2015, à l’aube, Radio France Internationale (RFI) avait annoncé que l’Union africaine était favorable à la clarification de l’article 13 de la Constitution comorienne, article connu pour poser clairement le principe de la présidence tournante. N’est-ce pas le refrain qui était repris ces derniers temps par les zélateurs crypto-sambistes? Mais, dès que le soleil se leva, le cauchemar commença pour l’ancien dictateur parce que, à la demande de Mme Nkosasana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine, Jakaya Mriso Kikwete arriva à l’Aéroport de Hahaya, où il a été reçu par le Vice-président Mohamed Ali Soilihi, Abbas Mohamed El-Had, ministre de la Justice assurant l’intérim du Docteur Abdoulkarim Mohamed, chef de la diplomatie, l’inévitable Hamada Madi Boléro, les Ambassadeurs des pays membres de l’Union africaine, leur homologue de la Tanzanie et de hauts fonctionnaires de l’appareil diplomatique comorien. Le Vice-président Mohamed Ali Soilihi accompagna l’homme de l’Union africaine dans sa propre voiture jusqu’à l’Hôtel Itsandra, où l’ancien Président tanzanien allait séjourner et se livrer à un exercice diplomatique de haut vol.

     C’est donc à l’Hôtel Itsandra que Jikaya Mrisho Kikwete a reçu pendant 30 minutes Azali Assoumani Baba. Les discussions ne pouvaient s’éterniser entre les deux hommes parce que depuis 2006, les Grands-Comoriens n’ont manifesté aucune volonté de désordre, alors qu’ils sont les grands perdants de la présidence tournante: une élection présidentielle classique classe des Grands-Comoriens aux 5 premiers rangs. En plus, malgré tout ce qu’on peut reprocher à Azali Assoumani Baba, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que depuis son départ de Beït-Salam, il avait pris de la hauteur, refusant de critiquer la présidence tournante, instaurée sous sa présidence, et ne manifestant en public aucune animosité aux Présidents qui ont été élus après lui. Par contre, avec Ahmed Sambi, il avait fallu une heure d’explication parce que la mission de l’ancien Président tanzanien aux Comores consistait à faire savoir à l’ancien dictateur que l’organisation panafricaine s’opposait à ses prétentions présidentielles et au bordel et souk qu’il veut foutre aux Comores, et qu’il devait attendre jusqu’en 2021, quand viendra le tour d’Anjouan, son île natale.

     Ahmed Sambi sortit de l’entretien d’avec Jakaya Mrisho Kikwete en affichant une tête ayant la couleur du papier mâché, une tête de déterré, et l’Abou Lahab comorien maugréa et fit savoir aux personnes qui attendaient sa sortie pour voir l’air qu’il afficherait que rien ne l’arrêterait dans sa décision de se présenter à l’élection présidentielle de 2016, qui lui est pourtant interdite par la Constitution comorienne et la communauté internationale.

     Il est important de signaler que le ministre de l’Intérieur, le ministre de la Justice et le Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense, après avoir pris à témoin le corps diplomatique sur les manœuvres dangereuses d’Ahmed Sambi, avaient été recontactés par une délégation de la même communauté internationale comprenant les Ambassadeurs des pays membres de l’Union africaine, de France et du Représentant du Système des Nations Unies aux Comores. Quand une délégation de ce niveau demande à rencontrer les autorités de l’État accréditaire, c’est qu’elle a un message à transmettre. Et, effectivement, message, il y avait. En effet, les chancelleries voulaient faire savoir aux Comores qu’elles devaient se préparer à l’arrivée imminente à Moroni de Jakaya Mrisho Kikwete, ancien Président de la Tanzanie, en tant qu’envoyé spécial du Président de l’Union africaine pour des entretiens avec Ahmed Sambi. Et, pour quelle raison l’Union africaine dépêchait-elle un envoyé spécial auprès de l’ancien dictateur? Pour une raison très simple: l’organisation panafricaine a pris la décision de dépêcher un envoyé spécial auprès de l’ancien dictateur pour lui dire d’oublier toute idée de se présenter à l’élection présidentielle de 2016 en briguant la magistrature suprême parce que seuls les Grands-Comoriens peuvent le faire, et qu’en tant qu’Anjouanais, il doit logiquement attendre 2021, l’année des Anjouanais. Naturellement, dans la lettre de mission du Président Jakaya Mrisho Kikwete, il était mentionné qu’il devait échanger des vues avec les «acteurs politiques comoriens sur le processus électoral». C’est de la diplomatie, et en diplomatie, les choses se passent ainsi. Il fallait donner à la mission de Jakaya Mrisho Kikwete toute sa splendeur et sa signification diplomatiques. D’ailleurs, après avoir donné le baiser de la mort à Ahmed Sambi, Jakaya Mrisho Kikwete a été reçu au siège du ministère des Relations extérieures par le Vice-président Nourdine Bourhane, qui assure l’intérim du Président de la République, en compagnie de l’inévitable Hamada Madi Boléro – qui ne doit pas avoir pleuré pour Ahmed Sambi, tombé du tomatier – et de Chakira Bacar, Directeur du Cabinet du ministre des Relations extérieures.

     Ahmed Sambi paie donc le prix de son arrogance et de son entêtement. Les crypto-sambistes vont boire la tasse avec lui parce que les Comores et la communauté internationale les regardent avec mépris et les attendent au tournant. Du reste, les spécialistes de la diplomatie savent aujourd’hui que le choix porté sur Jakaya Mrisho Kikwete n’est pas fortuit, mais un choix dicté par sa proximité avec les Comores. C’est un ami des Comores. En plus, il est l’homme qui, au lendemain du débarquement militaire d’Anjouan de 2008, avait expliqué publiquement à Ahmed Sambi que la présidence tournante était intouchable et que le tour de Mohéli arrivait en 2010. Le Président tanzanien avait choisi de faire son discours à Anjouan et en swahili – langue très proche du comorien et comprise des Comoriens – pour être bien compris. Il est très important de préciser, en plus, qu’en marge des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2015, le Président Ikililou Dhoinine n’avait pas fait les choses à moitié, lui qui avait longuement parlé avec Mme Nkosasana Dlamini Zuma et Jakaya Mrisho Kikwete, encore Président de la Tanzanie pour quelques semaines. Cette rencontre n’est connue que d’une poignée d’initiés, mais elle a bel et bien eu lieu. Aujourd’hui, on connaît l’objet de cette rencontre.

     De toute manière, et toujours à propos du ballet diplomatique visant à consolider la démocratie, la stabilité et le respect des institutions et règles constitutionnelles aux Comores, une délégation de hauts responsables états-uniens est attendue à Moroni, en début 2016, et en tout cas avant la tenue des élections primaires à la Grande-Comore. Les enjeux économiques et géostratégiques dans notre région sont tels que les divers partenaires des Comores (Union africaine, Organisation internationale de la Francophonie…) ne sont guère prêts à laisser se réinstaller le désordre, à l’heure où les enjeux doivent plutôt être centrés sur la lutte contre la pauvreté et pour le développement, intégrant la prévention et la lutte contre l’extrémisme que prêchent certains aux Comores. Tant pis pour ceux qui croient encore qu’on peut continuer à s’amuser et amuser la galerie et le tapis. Et, de source bien informée au ministère des Relations extérieures à Moroni, on apprend que l’Ambassadeur Soilih Mohamed Soilih n’est pas étranger à cette mission états-unienne aux Comores. Maintenant, le veuvage politique d’Ahmed Sambi peut commencer dans la joie.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Vendredi 27 novembre 2015.

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