You are here: Home » Non classé » Le prédateur sexuel demeure introuvable.

Le prédateur sexuel demeure introuvable.

Un foundi s’est livré à des pratiques pédophiles avec deux de ses élèves de 8 et 10 ans. Celui-ci prenait soin de les bâillonner, de les ligoter avant d’abuser d’elles, d’après un récit glaçant livré à l’audience. Si le prévenu ne s’est pas présenté au tribunal, il a été quand même condamné à 10 ans fermes. Un mandat d’arrêt va être émis afin que le fugitif soit retrouvé.

 
Depuis le lundi 17 août, les audiences spéciales sur les agressions sexuelles ont repris au tribunal correctionnel de Moroni. Hier, dans l’après-midi, s’est tenue l’audience d’une affaire qui a défrayé la chronique il y a plusieurs semaines. Celle du viol supposé d’une fillette de 10 ans par son foundi de l’école coranique. Comme souvent, le prévenu qui avait bénéficié d’une liberté provisoire ne s’est pas présenté à la convocation. La révocation de sa liberté provisoire n’y aura rien changé. Le prédateur sexuel demeure introuvable.

Du fait de la sensibilité de l’affaire, la présidente du tribunal fait évacuer la salle. La petite fille, soutenue par son père a livré à la barre, son témoignage dans un silence glaçant. Vêtue de son Hidjab et d’un foulard blanc, la jeune fille explique les faits. «Il avait une petite cabane pas très loin de l’école coranique, un jour, il m’a dit d’aller récupérer quelque chose, en rentrant j’ai trouvé ma copine ligotée sur le lit, bâillonnée», a-t-elle raconté. La victime en larmes dans les bras de son père, reprend la parole : « il m’a fait la même chose à mon tour».

La présidente lui demande plus de précisions sur ce qu’il s’est passé. « Il nous a bâillonnées, déshabillées, pénétrées à l’avant et à l’arrière et quand il a fini, il nous a détachées et nous a demandé de rejoindre nos foyers respectifs», a déclaré la vaillante petite fille. Le foundi a, par la suite, abusé des deux fillettes plusieurs fois selon les dires de la victime. Celle-ci a assuré avoir eu peur de la réaction de ses parents, raison pour laquelle, elle a mis du temps à leur en parler. Son père, face au tribunal, a pudiquement déclaré que tout ce qu’il voulait «c’est que justice soit faite».

Difficile de rendre justice quand le prévenu a pris la poudre d’escampette. Dans son réquisitoire, le substitut du procureur a parlé du fugitif. «Il a bénéficié d’une liberté provisoire comme la loi le permet, nous avons par la suite révoqué sa liberté, des moyens ont été mis pour le retrouver mais il s’avère aujourd’hui possible qu’il ne se trouve plus sur l’île de Ngazidja. Il aurait pour ce faire, profité de complicité haut placée», a-t-il indiqué. Aucun mot n’était assez dur pour décrire le comportement abject d’un foundi jouissant d’une autorité morale sur deux de ses élèves. «Il en avait fait des esclaves sexuelles, il n’a pas hésité à les violer encore et encore», s’est écrié le parquetier.

Celui-ci, toujours lors de son réquisitoire, s’en est pris à la notabilité de la localité. Celle-ci s’est en effet livrée à une excommunication de la famille après sa plainte contre le foundi. «C’est absurde, indigne que la famille de la victime ait été excommuniée par les notables de la ville de Tsidje, qui sont des pervers d’un même niveau que le violeur, après qu’elle ait eu le courage de demander que justice soit faite», s’est-il alarmé, regrettant «une double peine pour la victime».
Le substitut du procureur a requis 10 ans d’emprisonnement. Et a déclaré qu’une fois le jugement rendu, «tout sera fait pour que le prévenu purge sa peine». Peu après, le tribunal a condamné Oustadh Mohamed Ahmed Aboubacar à 10 ans d’emprisonnement et a émis un mandat d’arrêt à son encontre

Alwatwan.

Powered by WPeMatico