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Le Procureur Soilihi Mahmoud veut la peine de mort

Le Procureur Soilihi Mahmoud veut la peine de mort

La peine de mort pour les seuls voleurs de poules de basse-cour

Par ARM

     Le dévoiement des autorités supérieures a toujours un impact sur le comportement général de la population. Quand la population sait que c’est la voyoucratie qui tient le pays, elle n’a pas le même comportement que quand elle sait que le pays est dirigé par des gens honnêtes. Or, actuellement, la voyoucratie est à tous les étages de la haute administration. Plus personne ne fait confiance aux autorités, et chaque jour, le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani Baba donne aux Comoriens des raisons de cracher et de vomir sur les détenteurs de l’autorité. Le laxisme et l’impunité balaient les Comores à la vitesse d’un ouragan. Aux Comores, n’importe quel conflit villageois peut dégénérer en émeutes suivies de mort d’hommes, mais sans jamais la moindre condamnation. Tuer n’est plus un crime aux Comores. Respecter la Loi n’est plus à l’ordre du jour puisque le peuple a constaté que leur «Président» peut nommer en toute impunité sa copine attitrée du moment à une fonction sous-ministérielle et nommer 14 ministres alors qu’il ne devait pas dépasser le seuil de 10. Alors, quand la plus haute autorité du pays joue avec la Loi et la viole, comment peut-on demander au peuple d’être respectueux de la Loi? Il ne faut pas rêver…

     Ces derniers temps aux Comores, la principale innovation du régime politique du Dieu-Soleil lunaire, le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani Baba, réside dans la montée du taux de criminalité dans des proportions prodigieuses et inégalées. Cette situation a fait sortir de ses gonds le Procureur général Soilihi Mahmoud Mansour qui, déjà en décembre 2015, expliquait au Comorien de passage que partout, il y avait des gens se moquaient de la Loi, y compris et surtout au sein de l’appareil judiciaire, où l’incompétence criminelle des uns et des autres favorise tous les abus et toutes les dérives. Les récent faits divers sanglants et morbides intervenus aux Comores l’ont tellement choqué qu’il préconise tout simplement l’application de la peine de mort, qui n’a jamais été une solution, sauf si on devait l’appliquer aux hautes autorités du pays qui boivent le sang du peuple.

     Pour l’enfant de Fomboni, Mohéli, face à «la montée de la criminalité dans notre pays», il n’y a pas 1.000 solutions, mais «l’application stricte de la peine capitale». Face à la presse, il tempête: «Il faut appliquer la peine capitale ou l’abroger», expliquant doctement qu’aux termes de l’article 405 alinéa 2 du code pénal, «incendier des maisons ou des voitures, les acteurs méritent la peine maximale», et «c’est le cas de ce qui s’est passé entre Salimani et Tsidjé». En d’autres termes, quand le futur fugitif international Hamada Madi Boléro a simulé l’incendie de sa propre maison, donnant des idées pyromanes à certains, lui aussi mérite d’être conduit devant le juge, pour qu’il se voit appliquer la peine de mort? Cela, Soilihi Mahmoud Mansour ne le dit pas. Il est resté pudique. Dans sa lancée, le Procureur général Soilihi Mahmoud Mansour signale que nombre de Comoriens ne connaissent pas la Loi, et ne savent donc pas que l’article 286 du code pénal prévoit la peine de mort «en cas de meurtres, assassinats ou empoisonnement».

     Le brave homme estime que parmi les causes de la montée de la criminalité, on retrouve l’abus en matière d’alcool, les conflits entre les villages de la même île et certains matchs de football à la Grande-Comore, oubliant de signaler que les Mohéliens ne sont pas des tendres en matière de fins de matchs dans la confusion. Dans un soupir, il lança: «Drogue plus l’alcool = la montée de la criminalité. C’est une équation connue partout dans le monde» et «même les femmes se droguent. Cela favorise la criminalité». Comme si c’était nouveau…

     Tout cela est très bien dit, mais ce n’est pas pour autant qu’on peut s’en satisfaire. La peine capitale n’a jamais été une solution. Elle est inhumaine et inefficace. En plus, dans le cas très particulier des Comores, le laxisme et l’impunité qui prévalent font que le pays n’a plus d’autorité. N’importe qui peut tuer n’importe qui et être sûr de ne jamais être jugé et même s’il est condamné, de ne jamais subir sa peine sauf s’il est un simple voleur des poules. Une fois de plus, on se retrouve devant le mot de Jean Rostand: «On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d’hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est un dieu».

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 16 juillet 2016.

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