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Le Renouveau a perdu un ami fidèle. Maoulida Ibrahim est parti

« Il y a toujours des aveugles dans notre pays. J’ai peur, car je te l’ai déjà dit, dans un pays des aveugles les borgnes sont rois. Voter quelqu’un pour de l’argent, c’est inadmissible. Voilà c’est pourquoi je te dis qu’il y a toujours des aveugles. »

Ces cris d’alarme sont du regretté Maoulida Ibrahim décédé aujourd’hui dans un accident de Moto. Il était parmi les militants avec lesquels j’engage des échanges en privé sur les dernières nouvelles de la campagne. Il était un jeune en colère et indigné contre le pouvoir de l’indécence et de la manipulation des jeunes à travers la distribution de billet de banque, de l’argent sal, des stages serviles et de contrats d’embauche éphémères.

Il estimait que le pays n’est pas encore sorti de la condition de minorité. Comme Emmanuel Kant, il avait le sentiment que la plupart des jeunes se laissent guider par des « tuteurs » autoproclamés qui les rendent dépendants.

Ces tuteurs autoproclamés étaient à ses yeux le pouvoir de l’argent. Il était horrifié de voir à quel point les citoyens sont mis dans des conditions misérables. Et indigné de les voir, lors d’une échéance électorale, réduits à un état d’obligés à travers la distribution de biens de toute nature. Pour lui, il faut par tous les moyens possibles stopper le train d’humiliation conduit par Mamadou. Parce que voter pour lui, c’est l’une des grandes catastrophes que peut connaître le pays. Mise dans un état de minorité par le clan Mamadou, la jeunesse n’ose plus faire usage d’un choix électoral rationnel, mais au contraire elle opte le plus souvent pour le choix de ventre.

Ce jeune patriote  de Mnoungou avait peur de voir le pouvoir de l’humiliation et de la manipulation l’emporter sur le pouvoir des idées, de la rigueur et de la mesure. Maoulida était un amoureux de la littérature. Il réfléchissait beaucoup avec des proverbes et des maximes. Il admirait ceux qui s’intéressent à aux belles lettres et il leur témoignait d’un grand respect. Il était un jeune humble et ferme quant aux principes de justice, de dignité d’honneur. Fervent défenseur pour le plus grand intérêt du pays, il aimait les Comores, il les portait dans son cœur.

Après avoir relu nos échanges, mon émotion était grande. La tristesse sans pareille mesure. Le Renouveau du pays a perdu un ami fidèle.

J’ai perdu un compagnon, une valeur sûre pour le combat de la dignité, de l’exemplarité et de la moralisation de la vie politique et de l’égalité des chances.

Je ne savais pas que tu allais partir si vite cher ami. Mais j’ai envie de te dire de ne plus avoir peur. Car jamais la stratégie d’humiliation ne l‘emportera sur la stratégie du maintien de la dignité. Les Comores ne perdront jamais, elles gagneront toujours

Repose en paix, cher ami, on ne t’oubliera  jamais.

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