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Le sous-développement des Comores n’est pas une fatalité

Le sous-développement des Comores n’est pas une fatalité

L’émergence des Comores autrement, dans capitale remodelée

Par Babayou Houmadi

     En tant qu’observateur, fils et citoyen des îles Comores, j’ai cette intime conviction que mon pays apparemment voué à l’échec n’est pas du tout maudit, malgré le comportement et l’attitude irresponsables de ses dirigeants, qui ne dirigent rien, qui ne dirigent personne. Les Comores émergeront un jour véritablement car elles en ont de réelles potentialités. Nous devons, en tant que peuple, nous poser la question de savoir quelle approche adopter pour y parvenir.

Je pense qu’il nous faut une approche pragmatique et non idéaliste. Nous ne devons pas perdre notre temps à essayer d’imposer une unité qui s’éloigne de plus en plus à cause de l’injustice vécue. Il est connu de tous que les Comoriens sont encore à ce stade très attachés à leurs îles d’origine. C’est un fait que nous ne pouvons ignorer. Il serait donc sage d’exploiter cet amour des uns et des autres pour leurs îles, qui constitue en vérité une énorme force, pour accélérer un quelconque processus de développement.

Nous identifierions dans un premier temps les atouts de nos îles et mobiliserions les ressources nécessaires au développement de chacune d’entre elles sur la base de ces atouts. Ensuite, et d’un commun accord, nous chargerions les enfants des îles de gérer librement leurs propres affaires chez eux en donnant beaucoup plus de pouvoir aux autorités les plus proches des citoyens que sont les Maires de nos 54 communes.

Je n’ai aucun doute que naîtrait dès lors une concurrence constructive et productive entre les îles que nous disons aimer, mais qu’en réalité nous détruisons doucement, mais sûrement. Cette concurrence positive et utile aiderait considérablement à faire des Comores les Émirats Arabes Unis d’un océan Indien qui se caractériserait alors par un archipel des Comores de paix et d’entente mutuelle et permanente.

Maintenir le système actuel avec des décisions prises uniquement à Moroni ne fera qu’entraver sérieusement notre développement individuel (île) et collectif (pays). Les présidents mohéliens et anjouanais se sentiront toujours dans l’obligation de faire des réalisations à Ngazidja pendant leurs mandats pour éviter d’être chassés du pouvoir puisque la capitale se trouve sur cette plus grande île.

Par contre, les présidents originaires de Ngazidja, quant à eux, continueront à empêcher, par exemple, l’expansion du port de Mutsamudu, l’achèvement de la construction de l’Hôpital de Hombo financé par le Qatar, la gestion par la Chine de l’hôpital de Bambao Mtsanga ainsi que le développement du tourisme et de l’agriculture à Mohéli, des projets qui auraient pourtant pu apporter une très grande bouffée d’oxygène à un pays qui n’a connu que souffrance et malheur.

Il faut aussi, et ce toujours dans cet esprit de libération du «développement» des îles longtemps «emprisonné», penser dès maintenant à l’élargissement de notre ville-vitrine du pays. Il faudra en effet rebaptiser notre capitale qui comprendra aussi les villes et capitales mohélienne et anjouanaise de Fomboni et de Mutsamudu, qui jouiront du même statut et donc des mêmes droits que Moroni.

Ainsi, au lieu de freiner nous-mêmes notre décollage en exhibant notre jalousie suicidaire à l’encontre de nos propres îles, nous participerons tous activement à l’émergence d’une nouvelle ère de notre Histoire politique et surtout économique. Aucune île ne se sentira encore marginalisée. La paix et la prospérité tant rêvées seront enfin et durablement retrouvées et enracinées dans les valeurs de nos îles de la lune qui ont toujours été gérées comme une épicerie.

L’autre avantage de ce système inédit est que l’unité du pays se réalisera d’elle-même, étant donné que les Comoriens se respecteront entre eux. Personne ne pourra déclarer devant ses compatriotes des autres îles avec une fierté injustifiable et une condescendance insensée qu’il leur est supérieur sous prétexte que tous les moyens de l’État sont injustement concentrés sur son île natale au détriment des autres îles, alors que la Constitution des Comores affirme avec une clarté irréfragable que tous les Comoriens sont égaux devant la Loi.

Par Babayou Houmadi

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© www.lemohelien.com – Lundi 26 juillet 2021.

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