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Le temps passe, les événements se multiplient, les générations se succèdent, l’oubli règne en Maître.

Le temps passe, les événements se multiplient, les générations se succèdent, l’oubli règne en Maître. En ma qualité de responsable du blog roinaka, je tenais à rendre hommage à monsieur SAID Ali Mohamed, ancien Ministre de l’éducation, de la Jeunesse et des Sports, d’avoir accepté de témoigner dans ce blog roinaka .Je salue ce grand courage.
Ce texte a été rédigé par l’ancien ministre de l’éducation nationale monsieur Saïd Ali Mohamed
C’est l’histoire qui parle et nous alerte aussi après 42 ans d’indépendance, nous devrons prendre acte de ce contenu d’une grande qualité, pour avancer aux Comores : nos projets, nos différences, nous devrions nous référer à ce long message qui restera dans notre histoire.

L’éducation en 1978, après la chute du révolutionnaire Ali Soilih  

Je me souviens d’une très grande réalisation, d’un passé non lointain, un des jalons du développement de notre pays, en 1978. En qualité de Ministre de l’éducation, de la Jeunesse et des Sports, j’ai travaillé avec Mr Damir ben Ali, alors Directeur général à la Culture, au sein de mon cabinet.
L’un de mes éminents collaborateurs mais pas seulement, puisqu’il était également l’un de mes conseillers dont Messieurs Salim Idarousse et Sultane Chouzour qui m’ont donné entière satisfaction car nous avons pu ensemble, donner le meilleur de nous-mêmes, à une période peu facile de l’histoire de notre pays.
Tout le dossier concernant la culture des Comores, se trouvait dans la sacoche de Mr Damir qui, par ambitions, convictions et amour pour le pays et pour toutes les générations à venir, a déployé tous ses efforts pour créer le CNDRS. Et c’est sans compter sur le soutien constant et indéfectible de Mr Ali M’Roudjaé en sa qualité de Ministre des Affaires étrangères, puis de Premier Ministre. Ali M’Roudjaé que nous connaissons également pour ses efforts particuliers pour avoir jeter les premières bases du projet de l’enseignement supérieur aux Comores.
Un homme d’un engagement rare, aux conseils précieux dont j’ai personnellement beaucoup bénéficié, en particulier en cette année 1978, alors que j’étais à la tête du Ministère de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et de Sport. C’est véritablement une nouvelle conception de l’éducation qu’il a insufflé. C’est ainsi, qu’avec un nouvel élan, nous avons abouti à la formation rapide de nos premiers jeunes professeurs de CEG qui ont beaucoup soulagé le pays, dans ce secteur précis et nos premiers paramédicaux, comme nos premiers infirmiers d’État, formés au pays et qui donnent aujourd’hui une grande satisfaction.
La devise permanente de M’Roudjaé, pour la création de l’enseignement supérieur
Affichée, dans tous nos conseils interministériels
, il suggérait toujours, la création d’une école supérieure, pour former rapidement nos professeurs, sur place, dans le pays et pour créer en même temps l’embryon de l’université des Comores. Ce qui a été réalisé. Le pays a connu un soulagement à partir de nos professeurs, sortants de N’Vouni.
Je tiens à souligner que l’un des facteurs clés du succès des actions menés à cette époque est incontestablement l’engament sincère de l’ensemble de l’équipe ministérielle et des différentes administrations concernées qui ont travaillé de concert. La cohésion effective entre techniciens de mon cabinet et ceux des directions de nos lycées ont joué un rôle capital et historique. Grâce en effet au bon sens de ces jeunes professeurs, responsables de l’enseignement à l’époque, en collaboration franche avec leur Ministre, le Ministère de l’Éducation a pu récupérer et ramener à l’école, plusieurs centaines de jeunes qui avaient été perdus par la politique révolutionnaire qui les ont amenés à abandonner leurs études et à entrer dans la vie par la porte révolutionnaire du 3 Août 1975, comme membres éminents et grands responsables des comités révolutionnaires. Aussi, encore une fois, c’est cette cohésion qui a permis au Ministère de l’Éducation Nationale de convaincre le Gouvernement, de l’intérêt de bien vouloir sauver ces jeunes pour leur propre avenir et celui de la nation toute entière.
Malgré nos moyens financiers très limités, un budget nettement insuffisant pour les besoins vitaux du pays, la détermination de faire et de construire le pays et le courage sans relâche de certains responsables de l’époque, pour chercher des moyens à l’extérieur, par le truchement d’amitiés personnelles, nous avons obtenu sans difficultés apparentes
, ce prestigieux centre culturel, le CNDRS, investissement qui a son importance pour l’évolution de notre éducation et les diverses recherches présentes et à venir.
L’école supérieure de N’VOUNI s’en est suivie. Tout ceci illustre bien l’idée que la sincérité et la volonté de réussir peuvent permettre de surmonter bien des difficultés.
Gouverner, c’est avoir certes des convictions et une volonté mais, c’est aussi en cas d’arbitrage savoir toujours prioriser l’intérêt supérieur, à savoir le bien être commun. La réintégration des anciens révolutionnaires dans le circuit scolaire en est un exemple parfait.
Il ne faut pas oublier ce que fut la révolution d’Ali Soilih avec tous ces aspects. Ces anciens responsables, fers de lance du régime, ont pour la plupart commis des exactions dans nos différentes familles, dans nos villages, dans nos régions. Et malgré les souffrances causées et l’indignation du peuple comorien, dans sa grande majorité, ils ont bénéficié de la sagesse des responsables politiques de l’époque et du bon sens du musulman comorien, faisant le choix d’avaler des couleuvres et ainsi garantir l’intérêt supérieur du pays, en préservant la cohésion de la nation. Donner un avenir aux jeunes révolutionnaires c’est donner une chance à la nation de repartir d’un meilleur pied. Et en effet, ces jeunes ont fait leurs études comme leurs frères sans qu’aucune rancune ne soit gardée ni témoignée aujourd’hui à leur égard puisque certains occupent de grandes fonctions et sont comptés parmi les dirigeants du pays.
Et je pense qu’aujourd’hui personnes ne donnerait tort au choix politique de cet époque concernant ce dossier. On ne peut tout citer ici, mais nous sommes forcés de reconnaître le travail non négligeable qui a été accompli
par les responsables politiques de cette époque. Ils ne sont peut être pas parfait, mais on ne peut nier les réussites qui sont les leurs et la sagesse dont ils ont su faire preuve. À leur tête, le Président Ahmed Abdallah et le patriarche Mr Mohamed Ahmed. Voici des noms que tout jeune comorien doit savoir placer dans son contexte. Des acteurs à qui il faut savoir attribuer leur juste valeur, identifier les erreurs les pointer du doigt et reconnaître leur succès et les mettre en valeur car définitivement, ils appartiennent au patrimoine national.
Et dans ce sens, je tiens à rendre un hommage particulier à des artisans Comoriens, responsables de l’éducation à cette époque qui ont joué, un rôle majeur dans la réintégration de ces jeunes à l’école, les uns étaient à la Direction de l’enseignement Secondaire de nos Lycées: Messieurs Sultan Chouzour et Salim Idarousse, les autres à la Direction de nos collèges: Messieurs Ali Charif et Abdouroihmane Riziki, tous étaient nommés bénévolement, conseillers, au cabinet du Ministre de l’éducation en 1978: nous devons les citer ici pour que l’histoire de ce pays, à cette période très riche en événements, immortalise les actes patriotiques de ces Comoriens qui ont donné, le meilleurs d’eux-mêmes, pour sauver les intérêts supérieurs de leur nation notamment en réintégrant ces jeunes Comoriens à l’école. Il reste de notre devoir d’enregistrer aussi, la volonté et la disponibilité de nos deux proviseurs du Lycée Saïd Mohamed Cheikh de Moroni, le Professeur Saïd Ali Mahmoud et celui de Mutsamudu, le Professeur Idarousse Attoumane, tous ces responsables de l’administration ont aidé le pouvoir politique à résoudre ce problème très épineux, car la majorité de la population était très hostile, vu les nombreuses exactions commises.
Saïd Ali Mohamed-SABA

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