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Le tour de Mayotte, il n’est jamais trop tard…

Le tour de Mayotte : il n’ est jamais pour mieux faire

Le peuple comorien doit se lever comme un seul homme pour réclamer et défendre la tournante de l’île comorienne de Mayotte. Je lance cet appel en ma qualité de citoyen comorien car il y va de l’unité de notre peuple, de l’avenir de notre pays et de la crédibilité de nos dirigeants qui, des années durant, n’ont cessé de réclamer l’île comorienne sous occupation étrangère au sein des instances internationales.

Nous avons intérêt à agir sans plus tarder car je crois dur comme fer que nos très chanceux dirigeants actuels ne le feront jamais puisqu’ils ne partagent pas les soucis du peuple.

Nous pouvons nous référer à la Constitution du pays pour justifier notre combat. En effet, l’article premier stipule que l’Union des Comores est une République composée des îles autonomes de Mwali (Moheli), de Maoré (Mayotte), de Ndzuwani (Anjouan) et de N’gazidja (Grande-Comore). Et avant cet article, le préambule reconnaît l’égalité des îles en droits et en devoirs. 

©habarizacomores.com
Je ne vois donc pas pourquoi le Président de la République est allé aux Nations Unies mettre tout un peuple devant ce qu’il pense être un fait-accompli en déclarant que la tournante échoit à l’île de Ngazidja sans prendre le soin de consulter le peuple qui l’a porté au pouvoir ou d’organiser des assises nationales pour recueillir les points de vue des forces vives de la Nation sur une question aussi essentielle et controversée qui engage l’avenir de notre pays.
Les autres opposants à la tournante de Mayotte donnent quant à eux une interprétation erronée de l’article 44 de la Constitution en affirmant que les institutions de l’Etat comorien doivent être mises en place sur l’île de Mayotte avant d’y envisager l’organisation d’élections.
Il convient de préciser que cet article ne constitue aucunement un préalable à l’organisation des primaires de Mayotte. Et en tous les cas, il appartient aux autorités de mettre ces institutions en place, ce qu’elles n’ont pas fait. 
Cette disposition transitoire n’est en effet qu’un prolongement logique de l’article 43 vu la situation particulière qui prévaut actuellement sur l’île de Mayotte. Elle prévoit tout simplement que les institutions de Mayotte seront mises en place dans un délai n’excédant pas six mois à compter du jour où cette situation particulière aura pris fin.

Elle ajoute que la constitution sera révisée pour tirer les conséquences institutionnelles du retour de Mayotte, ce qui me semble tout à fait normal. Il faut admettre que cette disposition ne prive pas sa tournante à Mayotte.
Nous devons donc nous battre sans hésitation et avec détermination pour le parachèvement du cycle de la tournante dans l’espoir de pouvoir un jour convaincre nos frères et sœurs Mahorais de nous rejoindre pour construire un avenir commun que nous osons espérer plein de stabilité et de prospérité.

Montrons au gouvernement que nous ne perdrons absolument rien en confiant les rênes du pouvoir à un ressortissant comorien originaire de Mayotte. Au contraire, cela aura le mérite entre autres de nous éviter des conflits inutiles entre Anjouanais et Grand-Comoriens alors que nous commençons déjà à sentir des tensions avant même le dépôt des candidatures. 

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Il ne faut absolument pas rater ce rendez-vous important avec l’histoire en se laissant prendre dans un piège que nous regretterons toute notre vie. Priver Mayotte de son droit inaliénable ne fera que raviver les haines et éloigner nos îles davantage au grand bonheur de notre ennemi numéro un.
Il constituera aux yeux des Mahorais la preuve de notre hypocrisie, de notre injustice et de notre méchanceté à leur égard.

Nos dirigeants semblent ne pas mesurer la lourdeur de la tâche qui nous attend pour récupérer Mayotte. Et leur manque d’intérêt dans cette question les rend tellement aveugles qu’ils se refusent à saisir l’occasion en or qui se présente gratuitement à eux. Pourtant, c’est une occasion que nous n’aurons sans doute pas une seconde fois mais qui cristallisera à jamais la trahison et l’injustice du peuple comorien vis-à-vis des frères et sœurs Mahorais.
Que nous rapportera un autre Président issu de n’importe quelle des trois îles indépendantes? Qu’est-ce qu’ils ont pu nous offrir d’autre à l’occasion de la célébration des 40 ans d’indépendance que le manque d’eau et d’électricité, les arriérés de salaires, les maladies, le mauvais état des routes, le non fonctionnement des services publics y compris les hôpitaux?

Il est grand temps d’explorer d’autres avenues. Peut-être un Président Mahorais nous apportera-t-il le salut. D’aucuns diront que les Mahorais n’accomplissent pas leurs devoirs. Pourquoi auront-ils des droits? Commençons par leur accorder leurs droits. Ils finiront par remplir leurs devoirs. Nous avons plus besoin d’eux qu’ils n’ont besoin de nous vu le contexte actuel et ce pour notre stabilité et notre développement.

Nous pourrons faire d’une pierre deux coups en créant les conditions propices à la tournante de Mayotte. D’abord, nous aurons respecté notre propre Constitution qui reconnaît les mêmes droits aux quatre îles de l’archipel des Comores et ensuite nous aurons permis aux Mahorais de comparer la vie de colonisé à celle d’homme libre. 

En effet, les rencontres sur un pied d’égalité entre le Président comorien d’origine Mahoraise et les dirigeants du monde y compris le Président Français ainsi que celles entre les Ministres Mahorais et leurs homologues des autres pays libres pendant que l’île de Mayotte est toujours sous occupation réveilleront sans aucun doute les Mahorais. Tentons notre chance. Au moins, nous aurons pour une fois dans notre histoire fait un véritable effort pour attirer nos compatriotes vers nous.

Donnons le pouvoir à un Mahorais ou bien une Mahoraise comme celle qui s’était autoproclamée Gouverneure et consacrons tranquillement les 5 prochaines années à examiner tous les aspects des quarante ans d’Indépendance et des années passées et en cours de la tournante sans pour autant déranger le pouvoir en place. Le rôle de celui-ci dans cet exercice pourrait se limiter à mettre à la disposition du mouvement du 11 août tous les moyens et toute l’expertise requis pour mener à bien le débat national.
Je pense qu’il est grand temps de limiter les pouvoirs du Président de la République vu les nombreuses erreurs d’appréciation commises par nos dirigeants successifs et dans l’intérêt supérieur de la Nation. 

Une commission permanente, une sorte de think-tank, d’une trentaine d’hommes et de femmes expérimentés et intègres doit être mise en place dans les plus brefs délais pour élaborer et mettre à jour au fil du temps et en fonction des intérêts du pays des politiques dignes de ce nom devant guider et orienter l’action du gouvernement dans tous les domaines.

Ces hommes et femmes existent bien mais sont ignorés et méprisés par les autorités. Ils peuvent émaner principalement du club de ce que nous appelons par ingratitude les dinosaures qui ne seront certainement pas toujours les mêmes dans les années à venir mais qui vous incluront également si bien-entendu vous changez vos manières et vous comportez en hommes responsables. Il va sans dire que notre pays marche à reculons en raison des décisions contradictoires de nos arrogants dirigeants.
Par ailleurs, il faut impérativement ajouter une autre condition d’éligibilité du moins concernant les élections présidentielles. Le candidat à la magistrature suprême doit être un homme ou une femme d’un courage tel qu’il ou elle s’engage solennellement à donner sa propre et chère vie pour son peuple en cas de besoin car il ne fait aucun doute que la peur de la France est à l’origine de plusieurs décisions irresponsables prises par nos Présidents. Vous ne pouvez pas profiter de tous les avantages de votre pays avec vos seules familles sans rien donner en retour pendant que vos concitoyens vivent dans la misère absolue.

J’avoue que je suis très déçu, mais vraiment très déçu de constater qu’un Chef d’Etat, garant de l’intangibilité des frontières telles qu’internationalement reconnues (selon l’article 12 de la Constitution) et issu d’une île qui a failli ne jamais jouir de son droit de présider aux destinées de son pays, refuse de prendre les devants pour réclamer et défendre le droit d’une autre île sœur qui se trouve dans la même situation mais ne pense qu’aux intérêts de son île natale qu’il espère voir produire un autre et deuxième Président de la République dans le cadre de cette tournante.
Je ne conteste pas le pouvoir de son Excellence, le Président de la République, de décider au nom du peuple dans certains cas mais j’insiste seulement sur le caractère particulier de cette question spécifique qui, au préalable, nécessitait une large concertation afin d’éviter des troubles à l’ordre public. 

Je suis convaincu que l’histoire retiendra cette erreur monumentale des autorités actuelles si elles ne reviennent pas sur leur décision injustifiée et qu’un jour elles seront toutes jugées pour avoir violé un principe fondamental consacré par notre Constitution et qui n’est autre que la solidarité entre les îles (Préambule de la Constitution).
Nous savons tous que les comoriens aiment les décisions faciles mais il faut toujours avoir en tête que diriger un pays amène des fois pour ne pas dire souvent à prendre des décisions radicales qui ne plaisent pas toujours aux partenaires et ce dans le but de protéger les intérêts du pays. La gestion d’un Etat n’est pas similaire à celle d’une boutique ou d’une maison. Malheureusement, la notion d’intérêts du pays n’existe pas aux Comores. Elle fait place aux intérêts personnels des dirigeants insoucieux qui arrivent au pouvoir seulement pour se remplir les poches quitte à vendre leur pays à des inconnus.

Babayou Houmadi,
un patriote anjouanais.

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