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Les 4 Cavaliers de l’Apocalypse traversent les Comores

Les 4 Cavaliers de l’Apocalypse traversent les Comores

Silence et lâcheté des «élites» d’un pays en plein naufrage

Par ARM

     Tout est dans le Saint Coran, mais qui est cette autorité comorienne qui se donne la peine de le lire? Et parmi celles qui psalmodient le Livre Sacré, combien cherchent à en comprendre le sens? Et quand certains responsables comoriens en comprennent le sens, il y en a combien qui cherchent à mettre en pratique ses préceptes? Et comment et pourquoi ces gens qui se distinguent par leur vénalité s’empresseraient-ils de respecter la Parole de Dieu quand c’est le Mufti lui-même qui fait l’apologie du Mal par simple cupidité? Oui, tout est dans le Saint Coran, qui met en garde l’humanité entière contre les dirigeants qui apportent la corruption partout où ils passent et avilissent les personnes qui ont choisi la probité:

«Quand les rois pénètrent dans une cité, ils la saccagent et font de ses plus nobles habitants les plus misérables des hommes. C’est ainsi qu’ils agissent» (XXVIII, Les Fourmis, 34).

     Il faut aller au-delà de la signification monarchique du mot «Rois» car au VIème siècle, au moment de la Révélation du Coran, il n’y avait pas de Républiques. Aux Comores et ailleurs, le saccage des cités est une réalité permanente. Le pervertissement des personnes nobles au sens coranique du terme est la réalité de tous les jours aux Comores. Le grand problème qu’il y a dans les Comores actuelles est dans le renoncement au militantisme, au rejet du courage politique et du volontarisme et dans la confusion faite par les mendiants politiques et les courtisans dégoulinant d’obséquiosité entre contestation et injures. Au Maroc, qui a toujours été une monarchie depuis que l’État y a été créé en 788, les religieux et les autres érudits ont toujours eu le droit de faire au souverain les remarques qu’ils jugent nécessaires à la vie en société. Même le Sultan Moulay Ismaïl (1645-1727, Sultan du Maroc de 1672 à sa mort) acceptait les remontrances et les conseils des savants de la religion et des choses de ce monde.

En 1973, le Cheikh Abdeslam Yassine (1928-2012), un Inspecteur de l’Enseignement reconverti dans le discours religieux mais sans jamais prêcher la violence, adressa au Roi Hassan II une lettre ouverte ronéotypée de 111 pages intitulée «L’Islam ou le déluge», d’une insolence inouïe dans sa formulation et dans son contenu. Les autorités se limitèrent à son internement à l’asile psychiatrique avant de le libérer. Dans cette lettre irrévérencieuse, Abdeslam Yassine avait dit de manière pompeuse ce qui manque aux Comores: «Moi, j’ai choisi de crier très haut la vérité, j’ai vendu mon âme à Dieu. J’ai supporté pour cela l’ire de mes frères et amis… J’ai choisi la compagnie de ceux qui conseillent et admonestent, alors que d’autres ont choisi le silence». Exactement comme dans les Comores actuelles.

Effectivement, dans les Comores actuelles, la mode est au silence complice. Partout on se tait. Même les journalistes très virulents sous Ikililou Dhoinine, au nom de «la liberté de la presse» et de «la liberté d’expression», ont baissé jupes et culottes, sont dans le «lèche-bottisme» et dans le journalisme de révérence et de racolage. Les blogs et sites, après avoir vécu du copier-coller, notamment d’insanités piquées sur Facebook, meurent les uns après les autres dans l’indifférence totale. Pourtant… Oui, pourtant, il y a lieu de nous inquiéter. Pourquoi? Parce que la case brûle. Et quand on fait état de cette situation de décrépitude, ceux qui pourrissent la société comorienne font exactement ce qui est annoncé dans le Saint Coran:

«Allah a scellé leurs cœurs et leurs oreilles; et un voile épais leur couvre la vue; et pour eux il y aura un grand châtiment. Parmi les gens, il y a ceux qui disent: “Nous croyons en Allah et au Jour dernier!” tandis qu’en fait, ils n’y croient pas. Ils cherchent à tromper Allah et les croyants; mais ils ne trompent qu’eux-mêmes, et ils ne s’en rendent pas compte. Il y a dans leurs cœurs une maladie (de doute et d’hypocrisie), et Allah laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux, à cause de ce qu’ils mentaient. Et quand on leur dit: “Ne semez pas la corruption sur la terre”, ils disent: “Au contraire nous ne sommes que des réformateurs!” Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte» (II, La Vache, 7-12).

     La situation est lugubre. J’essaie de voir où est «l’émergence émergente du pays émergent» annoncée à grands renforts de publicité mensongère, quand je vois le «concubinocrate» Azali Assoumani et la cohorte de courtisans danser et se faire photographier au Foyer des Femmes de Moroni et dans d’autres lieux, comme si la campagne électorale se déroulerait sans fin. Dès lors, je me demande si je suis seul à voir les images de pénurie de carburant, de marchés en grève et de déchets cumulés, de lieux de vie plongés dans le noir, dans la soif et la famine, de hausses vertigineuses des prix des denrées de première nécessité, d’École et de santé malades, alors que l’annonce du contraire fut faite à coups de tambours et de trompettes.

Dans une dignité parfaite, mais dans la colère, le Comorien voit des lycéens matraqués sur une camionnette par des bidasses et des trouffions. Il voit le lycéen étendu sur un lit d’hôpital, avec sa blessure par balles réelles, dans l’attente d’une âme charitable et volontaire pour son évacuation sanitaire, de jeunes chômeurs pourchassés du commerce informel, des élus locaux qui manifestent et rouspètent contre l’autorité dévoyée lors des conférences de presse, l’équipement d’une radio locale saisi, de journalistes arrêtés ou tracassés, une tête coupée et un corps sans vie trimbalés dans la rue par une foule en furie sortant du tribunal, le Directeur général de Comores Télécom qui vend son véhicule d’occasion au prix fort à la société d’État dont il doit défendre les intérêts mais contre laquelle il réclame des centaines d’autres millions de francs pour lui-même, un autre Directeur général qui se paie quasiment le même salaire que des Vice-présidents dont il refuse de respecter la signature, la Commission nationale de Prévention et de Lutte contre la Corruption (CNPLC) créée par loi mais tuée par décret, pendant que le drapeau national continue à flotter sur les navires de la mafia internationale. Et les embarcations de fortune déversent des corps sur les plages mahoraises et d’autres Comoriens parmi les noyés en Méditerranée, une Cour anticonstitutionnelle devenue la risée de tout le monde face à des exécutifs qui ne se soumettent guère à ses décisions, le feu qui dévore toute paperasserie compromettante au Trésor public.

Ces images-là ne sont pas celles de la pauvreté ordinaire et endémique mais celles liées directement à une gestion chaotique qui bannit toute règle de passation de marchés publics. Pendant ce temps, on multiplie les «selfies» et autres photos dans les cérémonies ou cafés de luxe à l’occasion d’incessants voyages aux frais d’une princesse fauchée, qui ne paie les salaires qu’au compte-gouttes, au milieu du mois d’après, malgré les milliers de licenciements abusifs. On apprend que l’opposition serait passée à l’autodissolution, dans le silence ici, dans la transhumance, là. Mais, on se demande tout autant si les partis au pouvoir ne se sont pas auto-dissous dans l’immobilisme et l’agitation de leurs représentants au gouvernement, s’il y en a un, chaque «ministrillon» ne sachant quoi dire sur ce qu’annonce l’autre, y compris lorsque l’un d’eux, un «Mohélien», affirme que le pays est composé de 3 îles, contre le sacro-saint principe constitutionnel de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale.

Le seul fait d’énumérer ces images qui tournent en boucle dans les têtes de ceux à qui il a été demandé d’être en attente de se faire manger comme une omelette serait-il de l’anti-Azali Assoumani primaire? Il faut peut-être avoir le sens des réalités avec les lorgnettes du grand et haineux Idriss Mohamed Chanfi pour décerner un brevet de bonne conduite, en notant tout de même et pour la bonne conscience qu’il faudrait penser à respecter la Loi. Quelle grandeur d’âme! Pourtant, habituellement, ces images sont celles d’un pouvoir en fin de mandat. Or, cela fait moins d’une année, une seule année qui s’ajoute à 7 ans de règne absolu et 10 ans de méditation sur le vide. Tout ça pour ça? A-t-on simplement envie de se le demander, quand on se rappelle que le «ventriote» Azali Assoumani s’était déclaré prêt à égorger si on ne le laissait pas revenir à «Bête-Salam». Qu’Allah veuille bien protéger ce pauvre pays!

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 15 mars 2017.

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