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Les Comores ont 2 Présidents et 2 Premières Dames

Les Comores ont 2 Présidents et 2 Premières Dames

Une femme «l’oublie» et se fait battre à mort par l’Armée

Par ARM

     Housnati Ahmed Abdou Elaniou dite Jeannine est une femme de Fomboni. C’est une femme très sympathique. Elle a été dans la même classe que les Ikililou Dhoinine, Hadidja Aboubacar, le fugitif international Hamada Madi Boléro et Daroussi Allaoui. J’appartenais à la même promotion. Son grand frère est même marié à une sœur de Hadidja Aboubacar, la Première Dame sortante. Deux de ses frères sont mariés à des cousines de Hadidja Aboubacar. Seulement, voilà, à Mohéli, rien n’est simple. Housnati Ahmed Abdou Elaniou a l’habitude de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas, et il ne faut compter sur elle pour taire une situation qui lui déplaît. En bonne mère de famille, elle affronte les problèmes au lieu de les contourner. Elle n’a jamais pris au sérieux le régime politique d’Ikililou Dhoinine, qu’elle a toujours traité en petite bière et en demi-sel. Pour elle, ce régime politique était un terrible non-sens, une erreur de l’Histoire, une énorme bêtise, une douloureuse mascarade, voire une escroquerie. Elle n’a jamais courbé l’échine devant des gens qu’elle a vus pauvres et sans la moindre envergure et qui, du jour au lendemain, se croyaient au centre de l’univers. Pour tout dire, elle se pinçait le nez chaque fois qu’elle devait parler de ce régime politique qu’elle abhorrait et honnissait sans s’en cacher. Ses convictions sont tellement ancrées qu’elle traitait secrètement mais également publiquement de rastaquouères et de maquignons tous ces gens qui sont passés du cocotier à la Cadillac, tout en restant ce qu’ils ont toujours été en réalité: petits. Elle méprise les simagrées de ces gens très quelconques hier et qui, aujourd’hui, se prennent vraiment au sérieux et qui oublient qu’une personnalité publique est toujours jugée à l’aune de ses réalisations et de ses résultats et non en fonction de son passage dans les hautes sphères du pouvoir.

     Et, il y a un plus. Housnati Ahmed Abdou Elaniou ne meurt pas d’amour pour Hadidja Aboubacar. Elle avait tenu à ce que celle-ci ne l’oublie pas. Voilà donc Hadidja Aboubacar qui va à Fomboni-Centre, où ont lieu des cérémonies d’un grand mariage. Or, la grande Housnati Ahmed Abdou Elaniou s’y trouvait. Et l’attendait. Elle n’a pas résisté à l’envie d’houspiller l’ennemie qu’elle voyait et à qui elle cherchait à faire passer un message de mépris. C’est ainsi que, la regardant droit dans les yeux, elle lui lança: «Wou-wou, Yikomo!», «Wou-wou, il est terminé», sous-entendu, «votre règne est terminé». Et c’est comme si les gardes du corps de Hadidja Aboubacar n’attendaient que ça pour se jeter sur Housnati Ahmed Abdou Elaniou, qui fut battue à mort. Oui, Housnati Ahmed Abdou Elaniou a été battue à mort par les gardes du corps de Hadidja Aboubacar uniquement pour avoir dit qu’Ikililou Dhoinine n’était plus Président. Oui, Housnati Ahmed Abdou Elaniou a été battue à mort par les gardes du corps de Hadidja Aboubacar uniquement pour avoir rappelé à cette dernière que le «règne» qui avait fait pousser à certains des ailes de fourmi est déjà jeté dans les poubelles nauséabondes de l’Histoire. Oui, Housnati Ahmed Abdou Elaniou a été battue à mort pour avoir porté haut et fort le mépris et la colère d’une bonne partie des Mohéliens aujourd’hui rendus furieux par le «règne» d’Ikililou Dhoinine, qu’ils considèrent comme le sommet de l’arrogance narcissique, du mépris et des injures d’une petite caste mafieuse envers les Mohéliens.

     Hadidja Aboubacar n’aurait jamais dû permettre qu’une femme soit battue pour lui avoir dit que son mari n’était plus Président. Elle aurait dû empêcher ce passage à tabac qui ne fera que la rendre encore plus antipathique. Elle est entrée en politique. Elle aurait dû comprendre que sa tentative d’élection au Gouvernorat de Mohéli a échoué face à un Mohamed Saïd Fazul nullissime uniquement parce que les Mohéliens ne voulaient pas d’elle à cause d’un certain caractère qui ne plaît pas. Or, il est certain qu’en 2021, elle fera tout pour chasser Mohamed Saïd Fazul de ce Gouvernorat. Elle fera tout. Mais, qui va l’aider à chasser Mohamed Saïd Fazul de Bonovo si elle se coupe elle-même de la base populaire? Même si elle n’avait plus d’ambitions politiques, quel intérêt a-t-elle à se mettre à dos les Mohéliens? N’oublions pas que lors de la période électorale, elle faisait l’objet de tracts virulents qui la traitaient de «première dictatrice» et l’accusaient de «politique autoritaire et effrayante», de «corruption, intimidations et culte de la personnalité». Est-ce bien de continuer à se faire haïr et détester au lieu de prendre de la hauteur? Les Comores sortent d’une «présidence mohélienne» complètement ratée, comme celles qui l’ont précédée, mais, il y avait une chose qu’Ikililou Dhoinine n’avait pas comprise: il était attendu de lui des résultats là où il n’était rien attendu des autres. Si au moins il pouvait discipliner son petit monde et lui imposer du respect envers les autres…

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Jeudi 4 août 2016.

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