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Les Comores, seul pays au monde sans blogosphère

Les Comores, seul pays au monde sans blogosphère

Les vrais blogs sont morts: RIDJA, Mlimadji, Wongo…

Par ARM

       Un malheur arrive rarement seul. Aujourd’hui, on compte les malheurs dus à la deuxième kleptocratie du mort-vivant et «pouvoiriste» polygame fou Assoumani Azali Boinaheri dit Bakapihi, «Le Père qui ne prépare jamais à manger». On y recense la mort de la Constitution, du Droit, de l’État, de la République, des institutions, de toutes les libertés et de tous les droits individuels et collectifs. Mais, dans ce palmarès de la mort, il est une mort qu’on oublie, celle de la presse sociale, celle des blogs et sites Internet. Au lendemain du retour au pouvoir crapuleux et anticonstitutionnel du «concubinocrate» Assoumani Azali Boinaheri, le 26 mai 2016, les Comoriens ont assisté à la disparition de leurs blogs les plus actifs et les plus prestigieux: RIDJA, Mlimadji, Wongo, Mwendje, etc. Quelle immense perte! Quel gâchis!

La disparition de la blogosphère comorienne est lourde de conséquences, poussant les Comoriens à «s’informer» auprès:

  • De charlatans, illuminés et affabulateurs qui s’agitent et racontent tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux, dans une débauche de fanfaronnades et de mensonges, en se faisant passer pour des experts très bien informés;
  • De sites et blogs qui ne mènent ni réflexion, ni action sur l’actualité et les sujets d’intérêt général, se contentant de piocher et de reproduire le travail des autres, et des foutaises piquées sur Facebook, dans une débauche de fautes de français, même sur les titres. Tel site des Comores n’a jamais écrit ne serait-ce qu’un seul article, mais s’approprie les travaux des autres, y compris les vidéos et photos, sur lesquelles il place frauduleusement son logo. Un journaliste étranger se prépare même à porter plainte contre lui;
  • De sites visiblement corrompus par la dictature de Mitsoudjé.

Aux temps de la splendeur de RIDJA, Mlimadji, Wongo et Mwendje, chacun défendait ses opinions, mais la qualité était garantie. Le copier-coller existait, mais le travail personnel et les révélations fracassantes aussi. Aujourd’hui, tout ça est terminé. Le frère Toihir Abdou Kari, Grand Manitou du blog Mbadakome, en pleure à chaudes larmes et s’interroge sur la façon de faire ressusciter la glorieuse blogosphère comorienne, lui qui écrit ses propres articles, au prix d’un effort personnel d’un grand mérite, sans se laisser corrompre comme d’autres, et tout en évitant le copier-coller.

Je supplie régulièrement l’administrateur du blog Wongo de reprendre la plume en cette période très sombre; il a raccroché les crampons depuis le 23 juillet 2019. Le chef du blog RIDJA n’écrit plus depuis le 28 mars 2018, et me dit avoir arrêté son activité. J’ai tout fait pour lui demander de reprendre le travail, il est inflexible. Le prestigieux blog Mlimadji n’a rien publié depuis le 6 février 2018. Son modérateur refuse la reprise de son activité, malgré mes prières et supplications. Le 3 mai 2016, le Grand et Précieux Docteur Ali Abdou Mdahoma écrivait son dernier article sur son célèbre Mwendje. Il vit aux Comores et n’a pas intérêt à manifester son indépendance d’esprit. C’est un garçon courageux, un bon patriote, à qui on recommande la prudence jusqu’à la chute de la dictature de Mitsoudjé. Patience…

La blogosphère comorienne est morte. Facebook ne remplacera jamais une blogosphère. Aujourd’hui, quand on cherche un article publié sur un blog comorien il y a 10 ans, on le retrouve facilement à partir de certains mots clés. Sur Facebook, la chose relève de la gageure. Un chercheur peut citer sur sa Thèse de Doctorat ou sur son livre un article publié par un blog ou un site, loin des billevesées de Facebook, sources de légèretés, surtout quand on n’en connaît même l’auteur. Les sites qui n’écrivent rien sont ceux qui publient jusqu’à 20 billets par jour, sans le moindre souci de rigueur, mais juste pour la référence sur Internet afin de récolter de l’argent. Savez-vous que pour faire passer certaines informations, des sites et blogs réclament de l’argent? Ils font aussi de la publicité pour se faire payer. L’argent prend le pas sur l’information, et c’est l’un des facteurs de régression de la démocratie aux Comores. C’est dommage.

Rendez aux Comoriens leur Mlimadji, Wengo, RIDJA et Mwendje. Ils en ont vraiment besoin pour mettre fin à la médiocrité médiatique actuelle et au vide qui en résulte. Les Comores sont aujourd’hui le seul pays au monde sans blogosphère, et en la matière, la Somalie, pays sans État depuis 1991, fait nettement mieux.

Par ARM

Le copier-coller tue la blogosphère comorienne. Cela étant, il est demandé amicalement aux administrateurs des sites Internet et blogs de ne pas reproduire sur leurs médias l’intégralité des articles du site www.lemohelien.com – Il s’agit d’une propriété intellectuelle.

© www.lemohelien.com – Vendredi 11 octobre 2019.

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