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«Les Comores sont devenues l’Afrique du Sud raciste»

«Les Comores sont devenues l’Afrique du Sud raciste»

Le lancinant cri de cœur de Moinaecha Youssouf Djalali

Par ARM

     La rencontre a eu à bord d’un avion partant de Paris vers cette autre capitale européenne. Ce juriste comorien partait dans cette ville pour assister à une conférence internationale quand il tomba nez à nez sur Madame la Présidente Moinaecha Youssouf Djalali. Au cours des deux heures de vol, cette dernière a été intarissable sur les malheurs qui s’abattent sur les Comores: «Notre pays est plongé dans un deuil qui dépasse celui causé par les mercenaires de 1978 à 1989. Notre pays a perdu le goût de vivre. Notre pays a perdu la joie de vivre. Les Comoriens n’ont plus de vie. Les Comoriens ne sont plus dans le monde des vivants. Je n’ai jamais vu notre peuple aussi malheureux. Ce qui m’étonne, c’est quand je vois que celui qui est à l’origine de tous ces malheurs passe son temps à danser et à se goinfrer sans se soucier de tout le mal qu’il cause. Quel mépris pour tout un peuple! Quelle inconscience devant le malheur! Quel manque d’humanité!

     Je suis une pacifiste, mais quand je vois l’étalement de toute cette arrogance pendant que les Comoriens meurent dans la souffrance, je me dis que notre mobilisation doit se poursuivre jusqu’à la fin de nos malheurs. Nous ne devons sous-estimer aucun moyen. La plus belle des leçons nous vient de nos frères et sœurs d’Afrique du Sud: ils ont lutté par les armes à partir des pays voisins, mais aussi avec la chanson patriotique et la danse de combat. Les maquisards, les habitants des townships, les artistes et les simples citoyens ont tous combattu l’apartheid et l’ont vaincu. Leur lutte était très efficace parce qu’elle était menée à la fois de l’intérieur et de l’extérieur. Malgré la solidarité de certains pays d’Occident envers le régime politique raciste d’Afrique du Sud, le monde entier apprit ce qui se passait dans ce pays.

     Je constate que les Comores sont devenues l’Afrique du Sud raciste. On y voit une minorité qui persécute la majorité. On y voit des militants qui fuient leur pays pour lutter à partir de l’étranger. Il m’est arrivé de verser des larmes d’émotion en voyant notre peuple très mobilisé en France pour la démocratie dans son pays d’origine. Cette mobilisation a au moins deux avantages: d’une part, elle prouve que les Comoriens aiment vraiment leur pays d’origine mais n’ont pas les dirigeants qu’ils méritent. D’autre part, la mobilisation prouve que les Comoriens n’ont pas la mémoire courte, ne vont pas faiblir et ont compris que leurs manifestations en France font connaître leur cause sacrée dans un pays hautement stratégique, la France, et partant dans le monde entier.

     Nous devons continuer à sensibiliser le monde entier sur ce qui se passe aux Comores. Notre pays a la fausse image d’un paradis sur Terre. Cette image d’Épinal a volé en éclats. La dictature actuelle a cassé cette image, et la réalité est là, crue. Je ne vis plus. Je ne dors plus. Ce soir même, à mon arrivée, j’ai rendez-vous avec trois ONG de défense des droits humains. Elles découvrent avec horreur ce qui se passe aux Comores, ne comprenant pas comment et pourquoi un tyran peut reprendre aujourd’hui des méthodes jetées dans les poubelles de l’Histoire dans la plupart des pays au lendemain de la chute du Mur de Berlin.

     Quand je pense que des Comoriens sont associés à cette tyrannie barbare et l’encouragent dans le mal, je m’interroge et je me dis que notre pays a besoin d’une nouvelle gouvernance, et celle-ci doit être à dominante féminine. Confions ce pays à des femmes qui croient au magistère du Droit, aux vertus de l’État de Droit et aux bienfaits de la bonne gouvernance, et nous le sauvons. Je n’encourage pas les femmes à se faire élire dans la fraude et les assassinats, mais à promouvoir la démocratie et l’honnêteté managériale. Qu’on me confie la direction de ce pays! Je monte une équipe à dominante féminine, et nous sauvons notre patrie, loin des sangsues et des charognards actuels, dépourvus d’humanité, de foi et de piété».

Comme toujours, quand il s’agit des Comores, Madame la Présidente Moinaecha Youssouf Djalali parle sans relâche. Seulement, cette fois-ci, elle a innové: elle a pleuré de colère, constatant que les Comores sont entre les pires des mains, celles de Satan, en Enfer.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 4 mai 2019.

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