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Les Comores sont-elles un État et une République?

Les Comores sont-elles un État et une République?

Mise à mort du Droit, des institutions et de la politique

Par ARM

     Le spectacle qui se déroule depuis plus d’une semaine à l’Assemblée de l’Union des Comores fait honte. Le pouvoir en place veut obliger les Députés à remettre leurs pouvoirs entre les mains d’un dictateur fou et inculte, sur fond de corruption, de transgression de la Loi et de violence physique. Ce spectacle est celui de la mort d’un État qui, pour moi, n’a jamais existé. Ce n’est pas par hasard si, en 2001, j’ai intitulé mon premier livre, Comores. Les Institutions d’un État mort-né. Certes, les Comores remplissent les conditions juridiques d’un État; mais, il se pose un grand problème d’effectivité, d’efficience, de validité et de crédibilité des institutions. La réception de la règle de Droit est une simple vue de l’esprit. Alors Président de la Tanzanie voisine et frère, Julius K. Nyerere avait parlé d’«Uhuru Wa Bandria», «l’indépendance de drapeau»: on a un drapeau, et on se vante d’avoir un État.

La médiocrité des dirigeants comoriens est le facteur principal de la mort de l’État aux Comores. Ceci est d’autant plus vrai qu’à ces dirigeants, il manque tout: la tempérance, la modération, les bonnes manières, la culture, la culture générale, la culture politique, la culture d’État, le civisme, le sens de l’État, le sens de l’intérêt général, etc. Si ces carences constituent une réalité poignante depuis les premiers jours de l’indépendance, force est cependant de constater que depuis le 26 mai 2016, les Comores ont effectué «Le Grand Bond en arrière». De nombreux faits réels confirmet la mort de l’État, de la République, du Droit positif comorien et des institutions du pays. Depuis le 26 mai 2016, des faits d’une très grande gravité attestent que les Comores sont gouvernées non pas comme un État, mais comme une vulgaire plantation de patates, et même une plantation de patates est gérée selon des règles.

La situation s’est très aggravée depuis juin 2017, quand le «pouvoiriste» polygame fou Assoumani Azali Boinaheri dit Bakapihi, «Le Père qui ne prépare jamais à manger», a fait sien le projet d’organisation de ses assises prétendument nationales. Depuis, il n’a plus jamais pris une décision qui n’a pas dégoûté et scandalisé tout le peuple comorien. Il méprise le Droit, l’interprétant de façon erronée, fallacieuse, tendancieuse et polémique. Les exemples sont nombreux:

–     Le peuple comorien et le Mouvement du Mouvement du 11-Août (initiateur du projet) ont rejeté les assises supposément nationales après avoir compris que le dictateur fou de Mitsoudjé voulait s’en servir pour asseoir son pouvoir personnel et clanique à mort par des tripatouillages de la Constitution, supposée être la Magna Carta ou Grande Charte du pays, sa norme supérieure. La Constitution a été détruite, le pouvoir à mort instauré, l’État et son Droit tués. On a alors entendu les interprétations les plus farfelues du Droit.

–     La Constitution a été tuée par un référendum qui n’avait mobilisé que 5% des électeurs comoriens et qui avait donné lieu à une débauche de violence, le pouvoir en place décapitant un gendarme mais accusant des membres de l’opposition, qu’il emprisonna sans enquête, ni preuves, ni procès même bâclé.

–     Le parallélisme des formes, principe juridique majeur voulant que ça soit l’autorité qui a édicté une règle qui la retire de l’ordonnancement juridique, est tué: la Cour constitutionnelle des Comores, créée par la Constitution, a été tuée par une simple «décision» du dictateur fou de Mitsoudjé. C’est du Jean-Bedel Bokassa sans Bokassa…

–     Le «concubinocrate» Assoumani Azali Boinaheri invente des complots et accuse par réflexe pavlovien les opposants, sans début d’enquête, ni preuves, ni jugement. Ce qui a conduit à l’emprisonnement de plus de 180 Comoriens considérés comme des opposants.

–     La mort du principe de la non-rétroactivité aux Comores: une norme juridique ne dispose que pour l’avenir. Cela signifie que les trois Vice-présidents de la République et les Gouverneurs des îles devaient rester en place jusqu’au 26 mai 2021, même si la prétendue «Constitution» du lundi 30 juillet 2018 avait été adoptée par tous les Comoriens, même par les bébés qui portent des couches. Or, le principe de non-rétroactivité est un principe général de Droit, donc l’un des fondements du Droit partout dans le monde.

–     La mort de la présomption d’innocence: une personne soupçonnée d’un fait illégal est réputée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par un juge, à la suite d’un procès régulier et respectant toutes les règles de procédure. Aujourd’hui, aux Comores, le pouvoir accuse les opposants de tout et n’importe quoi, les condamne sans les juger, détruit des carrières et des situations administratives. C’est ainsi que, à la suite d’une fausse insurrection montée de toutes pièces à Anjouan par le pouvoir en place, le Gouverneur Salami Abdou Salami a été destitué et remplacé par un homme qui n’a aucune onction populaire. Pourtant, dans une Fédération, en vertu de l’autonomie des entités fédérées, les autorités sont élues pour être indépendantes. Cela étant, la destitution du Docteur Salami Abdou Salami par le dictateur fou de Mitsoudjé est une mesure sans le moindre fondement juridique.

–     La mort de l’indépendance de la Justice. Aujourd’hui, la «Ripoux-blique» a complètement instrumentalisé et politisé la Justice, Daroussi Hamadi dit «Tonton-m’a-dit» et sa famille moyennant tous les actes de justice au Tribunal de Moroni, corrompant les juges.

–     La mort de la séparation des pouvoirs. L’article 16 de la Déclaration française des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789), un texte de portée mondiale, dispose: «Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution». Aujourd’hui, après avoir pris les leviers du pouvoir judiciaire et du pouvoir juridictionnel, le «ventriote» Assoumani Azali Boinaheri, qui règne en dictateur obtus et ubuesque, veut exercer également les pouvoirs de l’Assemblée de l’Union des Comores. Une immense opération de corruption a été mise en place pour inciter les Députés à céder leurs prérogatives au tyran de village. Les Députés de l’opposition ne quittent plus les locaux de l’Assemblée, de peur d’apprendre que la loi d’habilitation a été votée en leur absence. Les mêmes Députés de l’opposition sont maltraités par les hommes de Kiki devant l’entrée de l’Assemblée. Les journalistes sont interdits d’entrer à l’Assemblée. Le dictateur doit disposer de l’Assemblée et faire ce qu’il veut, pour ses propres fantaisies de dictateur ignorant.

Il fut un temps, aux Comores, il était enrichissant d’échanger des arguments de Droit sur des situations données. Aujourd’hui, un tel exercice n’a ni goût, ni saveur parce qu’il est de notoriété publique que les Comores ne sont plus dans le Droit, mais dans la force et l’insolence. Le Député Toiliha Dhoulkamal, le faux Dhoihir Dhoulkamal, dit que même en France, le Président de la République peut légiférer par ordonnances. C’est vrai. Mais, chaque fois qu’une dictature africaine veut dévoyer le Droit en se servant du modèle français, elle en fait un mauvais usage. En effet, en France, quand le Président de la République veut légiférer par ordonnance, il respecte la procédure de l’habilitation, ne corrompt pas avec une valise de 600 millions de francs comoriens (1,2 million d’euros), n’use pas de force, n’empêche pas les journalistes d’entrer au Parlement… Aux Comores, toutes les lignes rouges ont été dépassées.

Après l’effroyable agonie de l’État, de la République et du Droit, on a également assisté à la mort des institutions et de la politique aux Comores. La tyrannie du putschiste Assoumani Azali Boinaheri combine la dictature d’Ali Soilihi et celle des mercenaires. Le bambochard Assoumani Azali Boinaheri est la synthèse stupide et mortelle de ces deux dictateurs mortels.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 24 novembre 2018.

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