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Les Comores, une anarchie politique

Les Comores, une anarchie politique

Si on retient qu’un parti politique est une association organisée qui rassemble des citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune, dont elle recherche la réalisation d’un model de société, avec comme objectif la conquête et l’exercice du pouvoir. On peut en déduire qu’un parti politique est donc une organisation au service d’une idée. Alors, y-a-t-il de parti politique aux Comores ou plutôt une démocratie bananière?

La vie politique Comorienne, dès 1946, a été dominée par des notables ayant un certain niveau d’instruction et sachant parler la langue coloniale. Il a fallu attendre les années 1950 pour que le premier parti politique naisse dans le paysage politique. C’est donc Saïd Ibrahim qui lança le parti BLANC et plu tard un deuxième, le parti VERT, un parti conservateur avec SAID Mohamed Cheikh. C’est une période à laquelle les Comores ont connu le bipartisme. Il s’agissait de ce qu’on appel des partis cadres. Quelques années plus tard, le multipartisme apparaisse aussi avec le parti de Rassemblement Démocratique du peuple comorien (RDPC), le Mouvement de Libération Nationale des Comores(MOLINACO) et le parti Socialiste des Comores(PASOCO). Ce sont donc des partis de masse ou d’électeurs qui ont œuvré pour une large autonomie et pour l’indépendance. Il yavait bel et bien là des vrais partis politique.

Suite à l’indépendance, Ahmed Abdallah revient au pouvoir à la chute d’Ali Soilih et en 1982, dissout tous les partis politiques et crée un parti unique, l’Union comorienne pour le progrès, surnommé le parti Bleu. Cest une période sombre de lhistoire politique où tout lEtat se résumé à une seule personne.

Dès les années 1990, le multipartisme est de retour avec l’instauration de la démocratie par le Président SAID Mohamed Djohar. On dénombrait, en 1990, 27 partis politiques environ dont 15 partis politiques régionalistes. Il s’agit des partis comme MARANDRAZI, SNDC, FPC, MOURADE, RACHAD, PDPC, MAROUF, MWANGAZA, MDDC, UDD, NOUR, TWAMAYA, NGUZO, MCEI, MZINGARA et MARANDRAZI. Ces partis, sans philosophie ni idéologie, étaient purement régionaux ou insulaires puisqu’ils incarnaient la personnalité politique régionale ou insulaire. Cest ce qui explique le choix de leurs noms fantaisistes

En 2002 une philosophie politique est apparue dans la classe politique comorienne. Elle consistait soit à être favorable à l’autonomie large des îles; soit, au contraire, à être favorable à une fédération accordant beaucoup de pouvoirs à l’union. 

On a vu en 2003, à titre d’exemple le mouvement politique favorable à l’autonomie large des îles a tenu en échec la mouvance présidentielle favorable à la centralisation des pouvoirs au niveau de l’État fédéral lors des élections législatives. C’est, en réalité, le contexte politique favorable à notre système fédéral. Cétait une opportunité pour les partis politiques de se doter dune philosophie et dune idéologie à lexemple des républicains et des démocrates Américains. 

Cette ligne pouvait donner beaucoup de clarté, délan, de bonne conduite et de morale politique au pays. Une législation était nécessaire pour favoriser la démocratie aux Comores. Nayant pas légiférer, le gouvernement de lépoque a commis une erreur fatale à notre système fédérale et à la démocratie. Cest ce qui a permis à A. SAMBI de reprendre le système dun parti à caractère personnel pour ébranler lenvironnement politique existant. Une philosophie politique basée sur la personnalité et un exercice du pouvoir à caractère insulaire ou régional ont été réinstauré. Cela empiète tout projet d’un model de société propice au développement du pays. On assiste à une mascarade politique 

qui consiste soit à soutenir le pouvoir en place soit à opposer sans motif politique légitime. La multiplication des partis comme JUWA, RADHI, ORANGE, PEC, RIDJA et autres pour ne citer que cela Illustre parfaitement le parti basé sur la personnalité. De toute façon, on assiste toujours à un phénomène auquel les partis politiques naissent et disparaissent avec le régime auquel ils sont issus. La détention du pouvoir est considérée comme une phase d’intégration de la société comorienne dont chaque individu court derrière et non pas une place qui permet à chacun de porter sa contribution dans le développement socio-économique du pays. A défaut de base, de scrupule et de morale, on assiste à des alliances su generis. Une cacophonie politique qui n’a ni base logique ni politiquement correcte. C’est la jungle. Chaque élite en profite la situation pour tenter sa chance et espérer devenir « Président de la république ». Certains se considèrent comme des héritiers de droit parce que leurs parents ont pu se faire un nom dans la politique. Comment peut-on avoir une démocratie sans parti politique ? Et comment peut-on avoir un débat politique démocratique sans opposition ? On doit comprendre que sans une opposition bien structurée et bien éveillée aucune démocratie n’est possible. Comment peut-on animer le débat politique dans cet environnement? En majorité des cas, le débat politique ne comporte que dans la conquête et l’exercice du pouvoir. Jamais le débat nest porté sur un sujet de société. Comment peut-on organiser des élections transparentes s’il n’y a pas de vrai parti politique ou si les règles du jeu ne sont pas bien définis.

Mais on candidate à lélection présidentielle ou législative pour faire quoi? Et pour défendre quoi? Aucun candidat prétendant n’est en mesure de répondre car leur esprit ne baigne pas dans aucune idéologie ou philosophie politique. Ils sont tous assoiffés du pouvoir, des privilèges et de l’honneur. C’est une caractéristique générale du sous développement.

Il serait opportun de doter au pays une législation des partis politique pour qu’enfin un parti puisse embrasser une idéologie et une philosophie de base convenable aux aspirations politique de la population. Le parti doit être une organisation comportant des organes locaux, régionaux, insulaires et nationaux. 

Il doit énoncer certains objectifs politiques constituant son programme politique et avoir un but politique. L’État doit contrôler le financement, l’organisation et le fonctionnement des partis. Les partis nayant pas un nombre défini de députés doit être dissous. On doit retrouver les partis de masse à lexemple de PASOCO ou RDPC. A défaut, notre système fédéral restera fragile. On continuera de voir à la tête de l’État des incompétents et des corrompus qui ne maîtrisent pas les mécanismes de fonctionnement de lETAT et de l’administration générale. 

Les partis politiques doivent être, aujourd’hui, des organisations très structurées dont le statut et le financement sont régis par une loi. Même si la structure, le nombre, la reconnaissance juridique du rôle des partis varie d’un pays à l’autre, on doit retrouver, tout comme plusieurs pays du monde, une constante : la tendance à la bipolarisation de l’offre politique, peu ou pro courant conservateur et courant progressiste, républicains ou démocrates, Droite ou Gauche pour quenfin la population puisse être éclairé des positions des uns ou des autres et des enjeux pour le développement de notre société, les COMORES. 

Abasse Ibouroi

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