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Les Comores: une économie du hasard et de la main tendue

Il n’est point besoin,ici, de décrire la situation chaotique dans laquelle est plongé notre pays. Le peuple s’en rend compte de lui-même: Ainsi dit, la femme de Moroni-bidons sur la tête à la recherche d’une goûte d’eau-n’a pas besoin qu’on lui rappelle qu’elle a soif. Il en va de même pour le commerçant ou artisan qui a du fermer boutique faute d’électricité. 
Ce marasme généralisé est certes aujourd’hui plus alarmant car il empêche tout moyens de survie pour les comoriens mais il convient d’appréhender marasme par les racines qui la fondent. En effet, ce que le gouvernement comorien appelle « crise énergétique » n’est rien d’autre que l’effondrement conséquent d’une économie sans structure. Oui, la crise générale qui touche les Comores depuis 1978 est structurelle. Elle est le résultat inévitable de l’incompétence d’une classe politique qui n’a jamais su ou voulu proposer un projet viable aux comoriens. 
Ce manque de volonté a fait que nous sommes encore aujourd’hui un pays fragile dépendant de l’aide internationale et a favorisé le recours à l’endettement irrationnel pour répondre aux besoins budgétaires au détriment de toute politique d’investissement. Cette politique irresponsable a conduit à notre insolvabilité qui a obligé le fond monétaire international à engager un programme d’effacement pur et simple de notre dette extérieur . Ce programme s’est en effet achevé en 2012 avec l’effacement d’environs 60% de cette dette. Le ministre des finances s’en est alors félicité en criant ce « succès »dans toute la presse comorienne. Nous ne lui boudons pas ce succès. 
Mais quel est aujourd’hui(3 ans après) le bilan de ce succès dans notre informelle économie ? En effet, nous avons publié ici(Œil critique sur le Iles de la Lune)une chronique dans laquelle nous avons émis des réserves sur ce proclamé succès. Il nous est paru évident que ce programme ne pouvait avoir des résultats bénéfiques à notre économie que dans la mesure il serait accompagné d’un renforcement de nos capacités d’investissement. 
Mais sur ce point, rien n’a été fait. Sommes nous obliger de rappeler aux différents ministres dits des finances qu’avant de l’être pour ces fonctions, ils sont ministres de l’économie. Ce qui est logique car avant de savoir gérer de l’argent, il faut savoir en créer. Cependant, en regardant les deux lois de finances au cours de cette période, aucun budget n’a été voté pour l’investissement public. L’investissement étranger qui a laissé espérer 3,7 % de croissance pour 2013, selon les prévisions du FMI du 2ème trimestre 2012, a reculé. 
L’investissement intérieur privé est plombé par la crise énergétique. On est aujourd’hui à 0,6% de croissance contre 1,7% attendue par les prévisions précitées. Mais le marasme comorien s’inscrit au-delà de ce tableau noir car cet immobilisme est structurel: Les Comores creusent un déficit commercial depuis 1978. 
Nous ne produisons rien et achetons tout à l’extérieur. C’est en tout cas ce qu’indique le bulletin trimestriel de la Banque centrale des Comores pour 2ème trimestre 2015. Il dresse une évaluation des échanges commerciaux du pays dans la période allant de 1999 à 2014. Le bilan est sans surprise: Une balance commerciale comprise de 8,7 milliards de Fc d’exportations contre 82,6 M d’importations. Soit respectivement 307% contre 107%. Cela constitue un déficit structurel abyssal de 11,2% par an. Les comoriens souffrent aujourd’hui de manquer d’eau et d’électricité mais le peuple souffre depuis toujours de manquer des femmes et politiques ayant une vision d’avenir.

Par Hassani Mhoma

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