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Les Comoricains, les dindons de la farce et les clous

Les Comoricains, les dindons de la farce et les clous

Élections de 2010: les Comoricains envahissaient Mohéli

Par ARM

   Le mardi 19 octobre 2010, cet article était publié sur le site www.moheli2010.com, l’ancêtre du site www.lemohelien.com. Compte tenu de son intérêt historique, sociologique, politique et pédagogique, il a été décidé de le publier de nouveau pour montrer un des côtés de l’élection présidentielle de 2010: l’activisme crapuleux et mafieux des Comoricains. Cela va expliquer également pourquoi le «ventriote» Azali Assoumani Boinaheri et Bellou Magochi (il porte la chaussure gauche au pied droit et vice-versa) sont très mal accueillis à Mohéli dans le cadre de leur enfumage appelé «assises» en 2017. Les scélérats!

Certains ne manqueront pas de se demander si Saïd Hamada de Boingoma et ARM sont la même et seule personne. La question se pose toujours, mais les opinions sont divisées sur le sujet. Chacun tirera les conclusions qu’il voudra. Lecture…

Mme Mariama Saïd Ahmed a le charisme qui sied aux grandes dames. Dotée d’un sens inné du leadership, elle administre d’une main de maître – j’avoue que, chassé de l’École en 5ème, mes connaissances très limitées de la langue française, et mon ignorance de ses subtilités ne me permettent pas de savoir si l’on peut parler d’une «main de maîtresse», s’agissant des femmes – le Relais de Singani, un hôtel ayant pignon sur rue à Fomboni, Mohéli, surtout en cette période électorale. Tout le monde est content de sa gestion de l’hôtel, à commencer par les clients et certains indicateurs de l’économie mohélienne. Tout va bien, donc. Allah soit loué! Les autres centres d’hébergement de Mohéli font également de bonnes affaires en cette période électorale. Réjouissons-nous.

Pourtant, Mme Mariama Saïd Ahmed est saisie d’un doute. Il ne s’agit même pas d’un doute. C’est juste un petit constat, qu’elle n’est pas seule à avoir fait: depuis le début du mois d’octobre 2010, le Relais de Singani ne désemplit pas. Les clients affluent – et toute l’île de Mohéli leur souhaite la bienvenue – et Mme Mariama Saïd Ahmed s’en frotte les mains. Au moins, une bonne nouvelle, dans ce pays où il y en a de plus en plus rarement. Le hic, car il y a un hic, c’est que ces clients sont à Mohéli pour cause d’élections présidentielles. Le Relais de Singani et les autres centres d’accueil affichent «complet».

Les personnes qui remplissent les quelques hôtels de l’île sont venues des autres îles de l’Union des Comores pour promouvoir – du moins, c’est ce qu’ils pensent, en se donnant bonne conscience – la campagne électorale de candidats qui sont les concurrents directs de Mme Zahariat Saïd Ahmed, la petite sœur de Mme Mariama Saïd Ahmed, puisque la première est candidate à l’élection présidentielle Mohéli-2010. Nonobstant, en bonne professionnelle, la patronne du Relais de Singani a exigé de ses collaborateurs un comportement exemplaire, pour éviter toute influence de considérations politiciennes sur une affaire purement commerciale, tout à fait consciente que les élections finiront le 26 décembre 2010, mais que les affaires continueront après cette date.

Particulièrement préoccupé par les désagréments nés de la maladie de mon âne noir, je n’ai plus le temps de m’occuper de politique car, de toute façon, je ne voterai ni pour les voleurs, ni pour les médiocres, le vol et la médiocrité étant les «vertus cardinales» les mieux partagées par ce qui nous tient lieu de classe politique aux Comores. Je voterai pour celle ou celui qui n’a pas participé à l’appauvrissement des Comores, car les coupables sont connus. Donc, pendant que je pensais à mon pauvre âne noir, malade, mon ami Mohamed de Wanani, un brin provocateur, m’aborda au Stade Angola de Fomboni, et me lança: «Décidément, depuis qu’un Mohélien peut devenir Président de la République aux Comores, Mohéli a la cote. Je suis passé devant tous les hôtels de l’île, où grouille toute la faune politique des Comores: des repris de Justice, des politicards à la petite semaine, des commerçants en faillite et qui comptent se refaire une virginité financière grâce à cette élection qui rend fous beaucoup de gens, des désespérés, des magouilleurs au petit pied, des politiciens en rupture de ban, des politicards sur le retour, des “experts” qui n’expertisent rien, de faux sondeurs, incapables de sonder leur propre âme et conscience, etc.

   Remarque, les gens venus des autres îles sous couvert de cette élection dérangent car, après avoir échoué chez eux, ils viennent tester ici de nouvelles recettes à la catastrophe. Ils se comportent à Mohéli comme en pays conquis, croient impressionner les Mohéliens en essayant de parler une sorte de pot-pourri qu’ils prennent pour un langage politique, qu’ils ne maîtrisent pas, compte tenu de leur inculture. Ils nasillent des concepts anglo-saxons dont ils ne connaissent pas le sens exact, pour faire tendance, et se glorifient de mener une campagne électorale à l’américaine dans des meetings électoraux où ne participent souvent que 100 personnes, sinon moins. C’est pour cette raison que nombre de Mohéliens les qualifient, par mépris, de “Comoricains”. Nous le reverrons à Mohéli lors des prochaines élections qui feront d’un Mohélien Président, dans 15 ans. Pendant 15 ans, nous n’aurons pas à supporter ces gens-là car ils insupportent tout le monde sur l’île».

Mon copain, toujours à la recherche du détail qui fâche, me fait remarquer que la présidence tournante a remis Mohéli en selle, car les politiciens des autres îles, connus pour leur morgue, haine et mépris pour les Mohéliens, en arrivent même, toute honte bue, à se marier avec de Mohéliennes, croyant et espérant qu’un jour, le fiston né à Mohéli deviendra Président de la République. C’est tellement émouvant que j’en ai les larmes aux yeux. Oui, c’est émouvant!

Voir ces politiciens venus des autres îles pour tenter de caser du Mohélien afin de pouvoir se caser eux-mêmes a quelque chose d’insultant car, une fois de plus, le Mohélien est transformé en dindon de la farce. Oui, c’est insultant.

Le même jour, alors que je rendais visite à mon tonton à Itsamia, celui-ci m’a dit abruptement: «Pourquoi les parasites venus des autres îles ne rentrent-ils pas chez eux attendre tranquillement le 26 décembre 2010, quand ils pourront voter? Cette élection primaire, c’est Mohéli qui regarde Mohéli dans les yeux, c’est Mohéli qui parle à Mohéli, c’est Mohéli qui écoute Mohéli. L’invasion de Mohéli par de gens venus des autres îles constitue une humiliation, une injure à cette île et à ses habitants. Chacun de ces parasites est convaincu qu’en se mettant dans le camp d’un ou plusieurs candidats à la fois, il est sûr de téléguider un Mohélien fantoche qu’on installera sur la Salle du Trône de Beït-Salam».

Mon cousin, c’est-à-dire le fils de mon oncle, présent, renchérit de plus belle: «Comme toujours, Mohamed Saïd Fazul vend ce qu’il n’a pas encore entre ses mains et ce qui ne lui appartient pas. Il distribue les ministères à Moroni à tous les passants. C’est son fonds de commerce électoral. Après, il se posera en victime, parlant de dénigrement et de diffamation sur Internet et ailleurs. Son alliance avec tous les politiciens est certifiée. Les preuves existent. Les langues se délient. Par contre, un doute subsiste sur l’aide qu’Ahmed Sambi apporterait à Mohamed Larif Oucacha car, aider ce dernier, c’est aider Idi Nadhoime, le politicien qu’Ahmed Sambi déteste le plus actuellement».

En réalité, nombreux sont ceux qui, à Mohéli, n’apprécient pas que leur île soit transformée en poubelle électorale. Cette élection primaire, les Mohéliens la voulaient intime et intimiste, sachant qu’au deuxième tour, les gens des autres îles vont replacer Mohéli au centre de leur mépris, une fois de plus, traiter cette île plus bas que terre, la vouer aux gémonies, comme de coutume. Les opposants enfarinés et de circonstance comme Saïd Larifou s’attribuent le beau rôle auprès des médias, osant jouer les victimes. Ici, à Mohéli, même les enfants qui iront en CP1 en 2011 savent qu’à Anjouan et en Grande-Comore, certains ne veulent pas d’un chef d’État des Comores d’origine mohélienne. Or, ce sont ceux qui ne veulent pas d’un Président originaire de Mohéli qui ont fait sombrer les Comores corps et bien, et qui cherchent à se remettre en orbite grâce au Mohélien de service qu’on appellera Président, par charité.

Ayant suivi attentivement notre discussion, ma grand-mère vint s’asseoir près de nous et participa à celle-ci de façon inattendue: «Halé Mla Halé. Il y a des siècles de cela, un homme appelé Djoha ou Djaha-Djaha vendit sa maison en exigeant de l’acquéreur le droit de planter un clou au salon – à l’époque, on disait la “chambre haute” – et celui de venir voir, chaque jour, que le clou n’a pas été arraché. Comme Djoha ou Djaha-Djaha n’était pas bête, il s’arrangeait pour rendre visite à son clou aux heures de repas, et c’est ainsi que, se conformant à la tradition, ceux qui ont acheté sa maison se rendirent compte qu’à cause d’un clou, ils sont obligés de le nourrir chaque jour! Pour un clou! Un malheureux clou! Alors, c’est la même chose avec vos histoires de présidence tournante.

   Certains politiciens de Grande-Comore et d’Anjouan ne veulent pas entendre parler d’un Président mohélien, mais sont obligés de le supporter, en faisant de lui un faire-valoir, un Président pour l’image, une potiche, de qui ils pourront tout exiger. Un Mohélien sera Président, mais ce sont ces gens qui envahissent notre île en ce moment qui seront les vrais détenteurs de l’autorité. Ce sont des présidents putatifs, et cet adjectif correspond parfaitement à leur statut. Nous, les anciens et les anciennes, instruits des choses du passé, ne voterons pas pour les candidats ostensiblement instrumentalisés par ces gens venus des autres îles. Ces gens représentent une honte.

   Ils se passent de toute discrétion, comme si nous étions juste du bétail électoral. Beaucoup de choses peuvent se passer dans les urnes, où on se retrouve seul, surtout si les pouvoirs publics prennent la précaution de recourir au bulletin unique, moins sujet aux achats de conscience et aux tripatouillages de ces acheteurs de voix qui se postent devant les bureaux de vote et qui attendent des gens qui ont reçu leur argent qu’ils leur apportent les bulletins des concurrents, comme preuve de leur bonne foi. Il va y avoir du sport».

J’étais soufflé par l’argumentation de Mamie, que je ne soupçonnais pas de s’intéresser à la politique avec une telle conscience. Devant mon ébahissement, elle ajouta: «Le proverbe mohélien nous apprend qu’un adulte peut être battu pour son incapacité à courir et non pour défaillance mentale et intellectuelle».

Par Saïd Hamada,

Boingoma, Mohéli

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© www.lemohelien.com – Mercredi 29 novembre 2017.

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