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Les Comoriens parlent de 2021, Azali s’accroche à 2024

Les Comoriens parlent de 2021, Azali s’accroche à 2024

L’agenda politique des Comores, un mortel panier de crabes

Par ARM

     L’agenda politique des Comores est un embrouillamini trop emberlificoté. Les Comores ont atteint le point de non-retour. Le dictateur Assoumani Azali Boinaheri confond conquête du pouvoir (par la ruse) et gestion du pouvoir (par l’intelligence). La violence extrême prévaut. Tous les Comoriens veulent la fin immédiate de la dictature. Le dictateur a peur. La communauté internationale n’en peut plus. Les «Taliban» sont aux portes des Comores. Le dictateur accepte du bout des lèvres un dialogue national sous supervision internationale à condition qu’il en fixe l’ordre du jour: des élections présidentielles en 2004, quand le peuple exige son départ immédiat et inconditionnel. Sur le tableau «L’École athénienne» (1510-1511) de l’Italien Raffaello Sanzio dit Raphaël (1483-1520), Platon pointe le doigt vers le ciel (métaphysique), et Aristote dirige sa main vers le sol (physique), exprimant donc 2 réalités diamétralement opposées, «Le haut et le bas», comme est surnommé le tableau.

Raphaël: L’Ecole athénienne, “Le haut et le bas”

La confusion ayant conduit au chaos politique aux Comores est expliquée par Maître Fahmi Saïd Ibrahim, qui reconnaît publiquement la faute de la participation de l’opposition, dont lui-même, à l’élection présidentielle qui n’a pas eu lieu le dimanche 24 mars 2019. Il a raison de dire qu’on ne peut pas contester la Constitution du lundi 30 juillet 2018, accepter une élection censée être organisée sous son empire, et dire après que cette impossible élection, au cas où elle aurait eu lieu, aurait été organisée sur la base de la Constitution du 23 décembre 2001, révisée le 17 mai 2009, et que le mandat qu’en tire anticonstitutionnellement le dictateur Assoumani Azali Boinaheri sans élections devait s’arrêter le 26 mai 2021, par application de la Constitution du 23 décembre 2001, révisée le 17 mai 2009. Effectivement.

Voici la belle déclaration de Maître Fahmi Saïd Ibrahim, faite dans un langage juridique très intelligent, clair, fondé et sincère, langage détourné par ceux qui disent mensongèrement et fallacieusement qu’il soutient la dictature de Mitsoudjé (à partir de la minute 18:35 de la vidéo): «Je ne peux pas dire une chose aujourd’hui, faire une chose aujourd’hui, parce que ça m’arrange, moi, à titre personnel, et le lendemain changer de langage pour demander le contraire. Je ne peux pas. Je sais que ce que je vais dire ne plaira pas à certains. Je sais que nombreux sont ceux qui ne seront pas contents, mais moi, j’ai besoin de cohérence. Je n’ai pas dit qu’il n’y aurait pas d’élections en 2021. J’ai dit que je ne vois pas pourquoi je soutiendrais la tenue d’une élection en 2021 alors qu’il y a eu une élection présidentielle en 2019, à laquelle j’étais candidat.

     J’avais présenté ma candidature à l’élection de 2019. Le mandat présidentiel défini par la Constitution est de 5 ans, donc de 2019 à 2024. Moi, personnellement, je ne peux pas m’adresser aux Comoriens et leur expliquer que j’étais candidat, mais que le mandat que je briguais n’était pas un mandat de 5 ans. Je donne à cette situation une dimension politique. J’avais dit que si, moi, Fahmi Saïd Ibrahim, j’avais été élu, j’aurais écourté mon mandat pour organiser des élections en 2021. C’est un engagement politique. Mais, je ne suis pas élu.

     La question qui se pose maintenant oscille entre la légitimité et la légalité. Nous pouvons contester la légitimité et dire que le Président n’a pas été élu dans telles conditions normales, il n’a pas de légitimité. Mais, sur la légalité de la Constitution que nous avons acceptée en nous portant candidats à l’élection, je ne vais pas changer de langage en demandant la tenue d’une élection en 2021. Je veux entrer dans l’Histoire en laissant à mes enfants une image de cohérence et de conviction dans la défense de mes idées. Je peux me tromper. Je peux commettre des fautes. Mais, je ne peux pas, mais je ne vais pas jouer et faire jouer les Comoriens sur des questions aussi sérieuses.

     Je conclus en disant que, si, moi, en rejetant la Constitution de 2018, je ne m’étais pas porté candidat en 2019, en disant que les élections ne pouvaient avoir lieu parce que cette Constitution, nous ne l’acceptons pas, en ce moment-là, peut-être, j’aurais pu dire que je n’accepte pas la Constitution, et que je reste fidèle à la Constitution sur la base de laquelle a été organisée l’élection de 2016. Mais, j’ai été candidat. Dois-je laisser comme héritage à mes enfants, si Dieu nous accorde vie, le fait que ce jour-là j’avais dit telle chose, et aujourd’hui, autre chose? C’est une chose difficile. Alors, j’ai besoin d’être cohérent vis-à-vis de moi-même et envers les Comoriens.

     Je sais qu’en politique, on dit beaucoup de choses qui ne plaisent pas. Je ne juge pas ce que les frères candidats ont fait. Chacun a ses propres affaires. Je parle pour moi-même, Fahmi Saïd Ibrahim. Comme Dieu nous le recommande, “dis la vérité, même si elle est amèreˮ. Ce que je dis sera amer et sera déplaisant pour beaucoup de personnes, mais je le dis: je ne peux pas, moi, Fahmi Saïd Ibrahim, réclamer une élection en 2021 alors que j’étais candidat en 2019, pour briguer un mandat de 5 ans, basé sur la Constitution de 2018, quand le décret qui convoquait le collège électoral en 2019 faisait référence à la Constitution de 2018.

     Personne ne dira qu’au cas où il aurait été élu, il l’aurait été pour 2 ans. Moi, j’ai dit que la situation comporte une dimension politique, et que, si j’avais été élu, j’aurais écourté mon mandat. Ça, c’est un aspect politique. Mais, si c’est la Constitution de 2018 qui a permis la tenue d’une élection en 2019, je ne peux pas, moi, Fahmi Saïd Ibrahim, dire que le mandat n’est pas de 5 ans, du point de vue de la légalité constitutionnelle. Alors, il faut me pardonner parce qu’il est trop difficile de porter un jugement sur les frères qui ont été candidats. Chacun a son point de vue. Les Comoriens nous observent. Je sais que ce que je dis ne plaira pas, mais Dieu nous donne l’ordre de dire la vérité même si elle est amère».

Aucun juriste sérieux, crédible et honorable ne dira qu’il y a une once de mensonge dans ce que Maître Fahmi Saïd Ibrahim a dit. Il s’est exprimé en juriste dans un pays où le Droit est quotidiennement bafoué, souillé, méprisé, ignoré et jeté dans les poubelles, un pays sans débat politique, où on insulte l’adversaire sans l’écouter. La situation s’aggrave parce que le Comorien est incapable de demander à un vrai juriste des explications sur du Droit. Un sketch de l’humoriste algérien Fellag s’intitule «Tous les Algériens sont des mécaniciens», car, dès qu’un chauffeur en Algérie ouvre le capot de sa voiture, tout le monde vient y jeter un coup d’œil. Un comédien doit composer le sketch intitulé «Tous les Comoriens sont des juristes».

Une question se pose: pourquoi, alors que tout le monde savait que les élections allaient être fraudées de manière sale et vulgaire, des opposants étaient candidats en 2019?

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 18 août 2021.

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