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Les défaites de Mohamed Ali Soilihi Mamadou

Défaite économique ? Politique ? Ou morale ? Les trois en même temps ! Economique pour son bilan calamiteux, politique pour son échec aux élections et moral pour son désir de conduire le pays au chaos.

Son plan a donc échoué. Pas son plan de redressement économique. Non : son plan de déstabilisation du pays : celui de se servir de la Cour Constitutionnelle pour transformer son échec en victoire. En fait, en aucun moment, il n’avait envisagé de partielles présidentielles sachant qu’il les perdrait. Du reste, sur les recours qu’il a déposés à la Cour, les élections partielles n’ont pas été évoquées. La Cour, divisée, mais légèrement lucide, a pour l’instant refusé de commettre ce forfait contre la jeune démocratie comorienne.

C’est pour cette raison que Mamadou s’est résigné aux partielles. Et en s’y résignant, il a essuyé une défaite cuisante et grandiose : cuisante pour lui (et pour son vice-président qui souhaite au demeurant sa mort pour reprendre sa place en cas de victoire). Cuisante pour le même tandem qui n’a pas réussi à imposer ni à la Cour ni au président de la République ses caprices au prix d’une tragédie humaine pour le pays. Grandiose pour le pays parce que le chef de l’Etat et une partie de la Cour constitutionnelle ont écouté leur conscience et respecté leur dignité.

Démocrate, républicain, légaliste et compétiteur hors norme, Azali Assoumani se soumet à la décision de la haute juridiction. Et il a raison. Il a raison car quand on a déjà été garant des institutions et qu’on aspire à le redevenir, il n’y a pas d’alternative. Il a raison aussi car il repart à la compétition dans une position très confortable bénéficiant d’une avance d’au moins 2500 voix. Il a raison enfin car tout le monde sait également qu’à Anjouan, Sambi (qui soutient Azali) est électoralement dominant. On peut ajouter à cela le soutien d’’Ibrahim Halidi qui est aussi déterminant.

Pour espérer gagner les élections, Mamadou doit accomplir une mission quasi-irréelle. Il faut d’abord combler cet écart de 2500 voix. Ensuite, avec un taux de participation à Anjouan estimé à 54, 45 %, et de votants potentiels de 3393 pour rattraper cet écart, il faut obtenir plus de 85 % de voix pour Mamadou, un pari utopique. Si on émet l’hypothèse d’un taux de participation de 80 %, on aura 4 984 votants potentiels, donc pour équilibrer cet écart, il faut plus de 75 % pour passer en première position, ce qui est, au point de vue électoral, juste impossible. Affinons le raisonnement. Si Mamadou obtient moins de 67 %, il est battu. En restant sur un taux variable entre 55 % et 75 %, pour gagner, il doit avoir entre 72 % et 80 %. Mathématiquement parlant et en tenant compte de la configuration électorale d’Anjouan, Mamadou est parti pour perdre une nouvelle fois, en tout cas dans les urnes.

Nous sommes des démocrates. Nous prenons donc acte de la décision de la Cour. Nous restons par contre convaincus que les électeurs anjouanais amplifieront la victoire d’Azali. Que Mamadou se prépare désormais à formuler la requête d’un quatrième tour. Mais cette fois-ci pour une défaite magistrale.

Nassurdine Ali Mhoumadi, docteur ès Lettres, essayiste et enseignant.

Ali Msa Djamal, sociologue et éditeur.

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