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Les hommes politiques comoriens et leur destin: Saïd Ali Kémal Eddine

Les hommes politiques comoriens et leur destin
Spécial élections présidentielles 2016

KemalFils du Prince Saïd Ibrahim, Saïd Ali Kémal Eddine est né à en 1938 à Moroni.
Après des études secondaires à Tananarive, il passe son Bac en France, et y poursuit des études supérieures. Il est diplômé de l’Institut des Hautes Études d’Outre-mer, puis de l’Institut des Sciences sociales (1964-1967). Il a alors l’opportunité de faire une formation en journalisme, avant d’être intégré à l’ORTF aux Comores, en 1969.

Il est un des fondateurs de l’Association des Stagiaires et Étudiants comoriens (ASEC) en France. Il est même le premier président (1966-1969) de cette association, qui n’est encore qu’une association corporatiste qui a pour but de réclamer le versement régulier des bourses et promouvoir la culture comorienne.

Il prétend être rentré en politique réellement à partir de 1972, c’est-à-dire au moment où son père est contraint de quitter le pouvoir par l’alliance RDPC-UDC.
De retour au pays, très rapidement il devient responsable administratif de l’ORTF (1969-1972). Puis, il est journaliste à la Réunion (1972-1974) et à FR3 Djibouti (1974-1977). Il est ainsi à l’extérieur du pays lors de la révolution soilihiste dont son frère, Naçr-Eddine, est un des soutiens les plus actifs, du moins au début, et alors que lui-même est un ami d’Ali Soilihi qui était lié à leur père. Pourtant, selon le politologue Ahmed W. Mahamoud, il a donné son accord pour le renversement d’Ali Soilihi.
En novembre 1978, il est nommé Ambassadeur des Comores en France par Ahmed Abdallah. Il quitte cette fonction en août 1980 et devient un opposant au régime autocratique mis en place, mais préfère comme d’autres opposants à Abdallah rester en France. Il y reste jusqu’à l’assassinat du chef de l’Etat comorien. Il crée en 1981 le Comité National de Salut Public, qui devient en 1985 le parti SHUMA.
Candidat aux élections présidentielles de 1990, il se place troisième avec 13,71% des suffrages au premier tour. Il soutient Djohar contre Taki. Dans le premier gouvernement de Djohar, il est Ministre d’État, Ministre de l’Économie et du commerce. Il y reste de mars à septembre 1990 avant de claquer la porte. Il sera un opposant quasi silencieux en France.
En 1996, il est de nouveau candidat. Cette fois il est quatrième avec 8,69 % des suffrages au premier tour. Cette fois, il soutient Taki au second tour. Celui-ci le nomme Ministre des Finances en mars 1996, et il ne tarde pas de nouveau à quitter le gouvernement et à s’exiler en France.
Revenu aux Comores en 2001, il a repris une activité politique en se présentant comme l’opposant le plus crédible à la Constitution , appelant à voter « non » au référendum, au nom de la sauvegarde de l’unité nationale.
Il se présente donc pour la troisième fois à des élections présidentielles, mais est aussi pessimiste que toute sa génération politique quand il s’agit de faire le bilan : « La classe politique comorienne a failli à sa mission : créer l’unité nationale base de tout développement » : Kémal.
Arrivé second dans ces élections derrière Azali et Mradabi, il dénonce la fraude et décide de boycotter le deuxième tour. En mars 2004, il se présente aux élections législatives de l’Union dans la région du Bambao et l’emporte au deuxième tour. Au sein de l’Assemblée nationale, il effectue un rapprochement étonnant avec la minorité constituée par le camp Azali alors qu’il a été élu comme proche de la coalition autour du chef de l’exécutif de Ngazidja. Il justifie son choix en disant qu’il cherche avant tout à maintenir l’unité du pays. Quelque temps après, son représentant dans le gouvernement Elbak démissionne pour occuper un poste dans l’administration de l’Union, et un de ses partisans est nommé ministre dans le gouvernement Azali.
Figure emblématique de l’opposition comorienne, il est pour la quatrième fois de sa vie, candidat aux primaires en marge des élections présidentielles de 2016, sous les couleurs de son parti SHUMA.

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