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Les Humeurs dans les Maoulid

Dans cette effervescence qui agite  le pays avec ce rythme du grand mariage, les occasions réservèrent souvent des actes insolites et des situations inédites qui révèlent parfois l’état d’esprit des clivages  et des rancœurs politiques entre les dirigeants.

A Anjouan les rencontres ou les croisements entre l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi avec son prédécesseur, Azali Assoumani, d’une part, et le gouverneur de Ndzouani, Anissi Chamsidine, d’autre part, dans les Machouhouli de Mutsamudu ont été toujours plus froids, parfois électriques.

A tel point que ces surgissements n’ont  pas pu passer inaperçus devant une assistance aussi curieuse. Tout le monde a ainsi compris que les clivages  mais aussi la haine entre Sambi et les deux autres restent fortes  et sont loin de se dissiper. Deux faits de cette atmosphère lourde. Au cours de deux mariage à Mutsamudu, les trois hommes, le moins que l’on puisse dire, qui se détestent, se sont retrouvés nez à nez. Et dans les deux cas, l’ancien président Sambi a soigneusement évité de serrer la main, d’abord d’Anissi mais surtout d’Azali. Devant son prédécesseur, le mollah se montrait moins accueillant et peu orgueilleux face  à son frère ennemi. Une attitude qui n’a pas plu certains. « Le président Sambi est dans sa ville natale. C’est à lui de dépasser les clivages politiques pour se montrer hospitalier », insinuait un notable de Mutsamudu. Mais de son côté, Azali Assoumani, un tacticien bien rodé, a su dépasser les querelles d’hommes en se montrant en bon républicain. A deux reprises, il a traversé la foule pour aller saluer l’homme au turban avec une longue poignée de main. Un geste apprécié par des participants aux cérémonies et salué par quelques applaudissements. En fin politicien, l’ancien président Azali a profité de la situation pour mettre son successeur dans une situation inconfortable, et surtout gagner des appréciations et sympathies politiques. Mission accomplie. Azali était bien devenu une star, notamment dans la cérémonie de l’ancien ministre de la justice Anlyane  au grand dam de Sambi. Autre crispation surement pour le guide du parti Juwa, c’est quand Anissi a été invité à lire le douan, le dernier verset du Maoulid. Celui-ci a déclaré décliner la place «  au président, parce que cela lui revient ». Et c’est d’Azali qu’il parlait et non de son ancien mentor. Sûrement  une  irritation en plus.

M.M, Al-Fajr, Edition 413 du 13 août 2015

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