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Les palais présidentiels aux Comores

Si l’animateur vedette de l’émission télévisée question pour un champion Julien Lepers savait combien les Comores possèdent des palais présidentiels, il allait sûrement poser cette lourde question à ses invités et j’en suis persuadé qu’aucun ne saurait donner la meilleure réponse. Si mes investigations sont formelles, l’ensemble du territoire comorien est gratifié à sept (7) palais présidentiels. Certains sont transformés aujourd’hui avec ce truc de Constitution de 2001 en Gouvernorat.

Rien qu’à Ngazidja, on comptabilise quatre (4) dont deux seuls sont opérationnels et les deux autres sont laissés pour compte pour ne pas dire tout simplement abandonnés.

D’abord, Nous avons le palais de Beit-salam, ce labyrinthe bâtit à Itsandra Mdjini qui sert aujourd’hui comme présidence de l’Union des Comores. Puis, il y a le palais de Mrodjou transformé comme palais du gouverneur de l’île autonome de Ngazidja. Le troisième palais financé et construit par la République populaire de Chine dans les années 1991, n’a jamais servi à l’Etat depuis sa construction à Mavingouni dans le Bambao ya djou car le président de l’époque Saïd Mohamed Djohar (papadjo) n’a jamais posé ses pieds car construit sur la cime d’une colline et très exposé, donc susceptible d’être attaqué depuis Moroni avec une lance roquette. Aujourd’hui ce bâtiment est transformé en institut privé formant des jeunes infirmiers et informaticiens.

Palais de Beit-Salam à  Itsandra Mdjini

En fin, le quatrième qui est le plus récent, financé encore une fois par les mêmes Chinois est bâtit à Serehini toujours dans la région de Bambao. C’est pendant le régime d’Azali Assoumani le putschiste que ce projet pif débute pour être inauguré par son successeur Sambi. Bâtit sur l’ancien site agricole qui a servi des années durant non seulement aux paysans de la région qui cultivaient ce lopin de terre très fertile, mais aussi au projet CADER patronné par le tout puissant, l’inoxydable, le Berlusconi comorien Mamadou pendant plus d’une décennie.

Ce premier sert aujourd’hui permettez-moi de le dire comme pension VIP pour les détenteurs du pouvoir politique d’hier et d’aujourd’hui. Ces affamés de la bonne chair y entrent et sortent sous les yeux hagards des gendarmes qui veillent jour et nuit sur ce palais. Ce même palais est construit d’une manière à ce que tous les passants observent depuis la route tout ce qui s’y passe à l’intérieur comme à l’extérieur surtout la nuit quand le bâtiment est illuminé. Comment qualifier cette médiocrité architecturale à répétition ? Médiocrité, oui c’est le bon mot.

A qui la faute ? A nos amis Chinois qui ont construit ces deux bâtiments qui ne servent à personne pour ne pas dire à rien ou bien à nos dirigeants qui ne savent pas dire non à ce type de don empoisonné enveloppé de miel en quelque sorte ? Je me rallie du côté de Mme Rolland qui disait je cite « agir sans principe, c’est consulter sa montre après avoir placé l’aiguille au hasard ». Et ce fut notre cas aujourd’hui. C’est vraiment dommage que nos dirigeants n’aient jamais su prioriser les priorités mais se laissent piéger et empêtrer dans la précipitation pendant que tout le monde sait que c’est dans la précipitation que les erreurs arrivent.

Ce type d’aide chinoise que je qualifie de fatale doit arrêter car on ne peut pas se permettre de prendre toute une nation pour des cons des décennies durant. Sur les deux autres îles sœurs à savoir Anjouan et Mohéli, existent trois autres palais dont deux à Mohéli et un à Anjouan. Le palais de Bonovo transformé en gouvernorat et un tout nouveau bâtiment financé par le pouvoir en place dirigé par le taciturne président Ikililou construit sur les hauteurs de sa ville natale Djoiezi.

Ce nouveau joyau présidentiel illustre avec force ô combien nos dirigeants sont bornés, aveuglés et contaminés par le virus de la boulimie du pouvoir. Pourquoi ne profite-t-il pas de ces fonds pour construire l’aérogare ou le port de l’île qui faciliteraient le mouvement des hommes et leurs biens afin de donner un buffet d’air à l’économie de cette île tant marginalisée et dépourvue de tout ou presque depuis belles lurettes ? Enfin, sur l’île autonome d’Anjouan un seul palais, celui de Dar-Najah qui sert lui aussi de gouvernorat.

Dans la vie, rien n’est plus dangereux et en même temps malheureux que d’être diriger par des imbéciles qui ont l’apparence d’être intelligents. Un dicton chinois dit : « l’intelligence ou l’absence d’intelligence s’observent jusqu’à la manière de nettoyer la table ou de balayer le sol ». Je dirai que le modèle de gouvernance des Comores n’est qu’une usine à gaz qui n’est bonne qu’à fabriquer de l’assistanat.

Combien de personnes travaillent, sinon passent leur temps dans ces véritables poules aux œufs d’or, dans ces superstructures budgétivores ? Combien de millions de nos francs l’Etat déploie pour les entretenir ? À chacun de sortir sa petite calculette.

Soilihi Ahamada Mlatamou

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