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Les partisans de Maman promettent «un seul tour»

Les partisans de Maman promettent «un seul tour»

Ce pari est-il réaliste dans le contexte politique actuel?

Par ARM

   Très drôle. Le Mohélien Achiraf Ben Cheikh fait des émules. Il a lancé le slogan «Mohéli a choisi: Achiraf Ben Cheikh». Et, toute honte bue, les crypto-sambistes lui emboîtent le pas avec un insipide et inutile «Les Anjouanais ont déjà leur Gouverneur: Salami». Déjà, on aurait aimé connaître l’identité complète de ce Salami. Il s’appelle comment exactement, ce Salami? «Salami», ça fait tout de même court et ça ne veut rien dire. Nom et prénom, donc, s’il-vous-plaît. De grâce! En attendant que les crypto-sambistes veuillent en dire plus aux Comoriens, on découvre qu’à Mohéli, les partisans de la Première Dame dite Maman ne lâchent pas leur désir exprimé depuis le meeting tenu à Coulées-de-Laves le samedi 19 décembre 2015: «Maman doit être élue Gouverneure de Mohéli dès le 1er tour du scrutin», qui se tiendra exactement dans une semaine, le dimanche 21 février 2016. Naturellement, cette prétention électorale énerve les autres candidats et leurs partisans. Ils disent ne voir aucun candidat élu dès le premier tour, dans un contexte politique mohélien qui se caractérise par une extrême balkanisation de la scène politique locale, avec 9 candidats qui veulent tous régner à Bonovo, où les villas du Gouverneur sortant, l’irascible Mohamed Ali Saïd, ont poussé sur le domaine public comme des champignons après la pluie.

   Ce partisan de Maman a aiguisé son discours offensif au laser: «Nous n’avons pas du temps à perdre avec un second tour. Nous remportons la mise dès le premier tour et nous nous épargnons de la fatigue de deux mois de campagne électorale. Quand nous parlons d’un seul tour, les gens nous riaient au nez. Or, au vu de la mobilisation populaire qui caractérise chacun de nos meetings, les adversaires ont compris que nous ne jouons pas, mais sommes dans le concret. Le Président de la République s’était tenu à l’écart de la campagne électorale pour se montrer digne de sa fonction, en se situant au-dessus de la mêlée. Mais, il a fini par dire deux mots à certains pour qu’ils comprennent certaines choses. Pour preuve, le meeting de Maman à Djoiezi le samedi 13 février 2016 s’annonçait sous le signe de menaces de certains Djoieziens, qui avaient décidé de jouer aux perturbateurs. Pourtant, ces derniers ont fini par comprendre que s’opposer à la candidature de Maman, c’est s’opposer au chef de l’État lui-même. Ceux qui, à Djoiezi, accusaient le Président Ikililou Dhoinine de n’avoir rien fait pour eux ont fini par comprendre que le jour où le chef de l’État quittera la Présidence de la République, ils seront les premiers à le regretter parce qu’il a fait plus pour eux que pour les gens de Fomboni et d’ailleurs. Donc, nous n’avons pas de soucis à nous faire quant à l’issue de cette élection, que nous allons remporter sans deuxième tour. D’ailleurs, à quoi aurait servi un deuxième tour alors que Maman est arrivée à asseoir sa popularité sur toute l’île de Mohéli? De ce fait, nous sommes très confiants et sereins. Oui, nous sommes sereins».

   Pourtant, ce n’est pas l’avis de ce partisan de Mohamed Saïd Fazul: «Nous entendons les partisans de la Première Dame dire partout que leur candidat sera élue dès le premier tour. Ces gens-là peuvent toujours prendre leurs désirs pour de la réalité. C’est leur droit et il ne se trouvera personne pour aller leur demander de se montrer un peu plus modestes et un peu moins prétentieux. Ces gens-là en font trop. Ils en font trop. Or, ils oublient que la ville de Fomboni, là où leur candidate devrait s’imposer avant de s’imposer sur toute l’île de Mohéli, est en morceaux et en lambeaux, tant le nombre de candidats y est élevé: Mme Hadidja Aboubacar elle-même, Mme Mariama Haïdar, El-Amine Ali Mbaraka, Achiraf Ben Cheikh, Aboubacar Hassan Ali et Saïd-Ali Hilali. Ça fait beaucoup. Les partisans de Mme Hadidja Aboubacar tentent de mettre la main sur le bastion qu’est le quartier de Kombani, à Fomboni, acquis à Saïd-Ali Hilali puisque son père y vient et lui-même y vit, tout en ayant un pied à Syrie-Ziroudani et dans la région de Djando. Oui, la Première Dame mobilise lors de ses meetings, mais est-ce que ces gens-là lui disent la vérité? Non! Et comment peut-on parler d’une élection à Mohéli en passant sous silence la personne qui a l’électorat le plus structuré de l’île, à savoir Mohamed Saïd Fazul? Il faut être d’une mauvaise foi évidente et d’une inconscience totale pour croire que cette élection va se jouer à un seul tour et que Mohamed Saïd Fazul ne s’y trouvera pas. Il se passe et se dit sous le manteau trop de choses à Mohéli en ce moment, et il faut aller au-delà du discours de glorification et d’autosatisfaction. La réalité ne se trouve pas toujours dans les discours publics, mais dans ce qui se raconte dans les cours des maisons, loin des oreilles indiscrètes. Il y a trop de colère rentrée à Mohéli contre certaines personnes prises individuellement, et les partisans les plus lucides de la Première Dame le savent et le disent en privé, craignant des problèmes avec l’électorat de certaines villes comme Djoiezi, où on peut se calmer pour la forme tout en projetant le pire dans les urnes. Donc, on dira tout ce qu’on voudra, mais il y a deux réalités: d’une part, il y aura deux tours pour cette élection, et d’autre part, Mohamed Saïd Fazul sera au deuxième tour. Si quelqu’un tente la moindre manœuvre frauduleuse, il nous trouvera sur sa route. Nous avons reçu des assurances de l’Armée quant à sa neutralité, et cela nous met du baume au cœur. C’est tout ce que nous souhaitions».

   Achiraf Ben Cheikh a des partisans en France. L’un d’entre eux se montre très disert sur le scrutin gubernatorial: «L’élection au Gouvernorat de Mohéli nous réserve une surprise de taille, et il ne s’agit pas de celles dont les gens parlent. Il faut savoir que la notion de partis politiques a volé en éclats aux Comores en général et à Mohéli en particulier. Personne ne quittera sa maison pour aller voter pour le candidat d’un parti politique, mais pour une individualité bien déterminée. Et le malheur dans notre pays, c’est que les gens font tout pour ignorer une donnée fondamentale: la sociologie électorale. Celui qui a une famille nombreuse et à travers toute l’île de Mohéli passera et celui qui n’en pas devra s’attendre à des pleurs le soir du 21 février 2016. Et quand nous examinons objectivement les données sociologiques de notre île, nous constatons qu’Achiraf Ben Cheikh a de la famille partout à Mohéli. Partout! Or, rares sont les candidats qui disposent d’un tel avantage électoral. En plus de cet élément familial, il y a ses relations personnelles absolument fiables. Nous n’avons pas besoin de mettre de l’argent dans les maisons des gens pour avoir la possibilité de faire élire notre candidat. La crédibilité de sa personne et les données sociologiques nous aideront à aller au second tour et à privilégier la nouveauté au second tour, en faisant élire notre frère, qui a sillonné toute l’île des dizaines de fois avant le lancement officiel de la campagne électorale. Quand je vois ces gens qui ont attendu jusqu’à la dernière minute pour se rappeler l’existence des Mohéliens, je me dis qu’ils se moquent de notre population. Achiraf Ben Cheikh a une fraîcheur politique que n’ont pas la plupart de ses concurrents. Et à Mohéli, une liste de trois candidats à abattre à tout prix a été établie. Mohamed Ali Saïd, n’ayant pas le droit de se représenter, a été remplacé sur la liste par un autre candidat, également venu du passé et incapable de faire partie de l’avenir. Nous nous mobilisons et tout se jouera quand les électeurs et électrices seront en face des urnes et non en présence d’un billet de banque».

   Quant à Mariama Haïdar dite Assianfa, elle ne change pas de discours: «Je ne me présente pas à cette élection pour faire de la figuration. D’ailleurs, personne ne m’a vue un jour rester chez moi, mais parcourir l’île de Mohéli dans tous les sens, pour aller à la rencontre de la population de notre île. Je ne m’oppose pas à ce que chacun dise ce qui l’arrange. La seule chose que je demande, c’est la sincérité des opérations électorales. Je souhaite que Mohéli s’inscrive dans l’Histoire des Comores comme l’île ayant placé pour la première fois dans notre pays une femme à la tête d’un Gouvernorat, et cette femme, ça sera moi. Je me bats pour y arriver, et ce, en dépit de la modestie de mes moyens. Ce qui compte le plus, c’est le sérieux et l’honnêteté que j’incarne. Les Mohéliens le savent et en tireront les conséquences politiques et électorales le moment venu».

   En d’autres termes, chacun raconte ce qu’il veut, contribuant à faire monter la tension sur l’île, où les partisans des différents candidats s’insultent comme du poisson pourri. Sur toute l’étendue du territoire national, les élections en cours font perdre la raison à plus d’un, mais à Mohéli, la passion l’emporte avec un degré de plus. Tout ça risque de finir mal. Le malheur, c’est que sur l’île de Mohéli, personne ne dit la vérité à l’autre. Les électeurs et les électrices viennent de gagner la médaille du double langage et de la duplicité, et ceux qui à qui on donne de l’argent prennent ce dernier et daubent après.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 14 février 2016.

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