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LETTRE DU FILS DE FEMNAWU A FUNDI ALI Cher Fundi ALI SOILIHI,

 LETTRE DU FILS DE FEMNAWU A FUNDI ALI  Cher Fundi ALI SOILIHI,
 
Quand tu es parti je n’étais pas encore né, mon père me parle beaucoup de toi à la maison. A la patrie, tu préparais un avenir meilleur, mais eux, aspiraient à une vie venue d’ailleurs. Au peuple, tu destinais un réel bonheur, mais eux, voulaient jouir d’une vie sans labeur. A défaut de te convaincre, ils t’ont enterré, mais en t’enterrant ils ont éternisé tes idées, des idées qui hantent et torturent leur conscience, des idées qui toujours illuminent notre existence.

 
Cher tonton Ali 
 
Ta génération est devenue des cadavres vivants, tous tes compagnons vivent dans la mendicité, ils errent comme des gueux et devant les nobles maisons on les trouve. Mouzawar quand il parle du régime révolutionnaire, il dit le siyasa d’ALI Soilihi comme s’il ne faisait pas parti. KEKE est devenu Mkapvema, il vit actuellement chez BILMAPUZI. Il paraît que tu voulais céder ta place à Salim Himidi, toi aussi, c’est Chanfiou qui a dit ça. Il est nul Salim, il est aussi chez Bilmapuzi. Pourquoi tu te foutais des enfants de Mbéni mon père me disait que tu avais promis à Taki d’être président après le coup d’état du 03 août 1975. Il est parti se cacher à Mitsamiouli et quand il a entendu Djanfar président avec son accent de Hamahamet il disait: Mintsuyelewa! Pourquoi tu les trompais? Je sais tu voulais te venger mon père m’a dit qu’ il y avait là-bas un grand notable qui a détourné la caisse de la mutuelle de la vanille c’est vrai ou pas? T’étais malin toi. Ah ! Ah ! C’est pourquoi on t’appelait Sungura.  Tu te souviens de ton frère Kémal, il était maire à Ikoni même un bangwe il n’a pas pu le construire. Tu vas rigoler tonton; ton vice- président Hassanali, il est là, le gardien de cette maison hantée. Mais moi je l’appelle Magellan, en moins de deux ans il a déjà fait le tour du monde. Mon père m’a dit que toi tu n’as jamais quitté les Comores. Tu avais peur de l’avion ou quoi? Abdoubakar Boina, le pauvre, il est dans la poubelle de l’histoire. Ah, tes enfants que tu as envoyé en Algerie, il en a qui sont devenus des docteurs en ceci et cela, mais au final à pas grand-chose. Ils ont inventé la mouvance présidentielle ne me demande pas qu’est-ce que c’est, moi-même je ne comprends pas la signification, il semblerait que c’est du nouveau français ! Ton Mshangirizi de l’armée, celui qui gardaient les Mafanya ada dans la citerne au commado-Mwasi, il a fait son grand mariage, il est devenu grand notable à Ntsudjini et bannit les gens à tour de bras. Je sais que tu ne vas pas me croire, Omar Tamou un zanatani comme toi, il a dit à la télé, oui nous avons la télévision, que tu étais quelqu’un d’intègre puis il ajouté qu’il avait une haine contre toi parce que tu as donné des postes transistors à tous les comoriens mêmes les gens de Nyumamilima et Idjikundzi. C’est vrai tu as fait ça? Toi aussi tu étais façon dé. Tu sais tes parents de Shuwani, ils ont invité Bilmapuzi chez eux devant ta tombe tout ça pour quelques ordinateurs. Tu ne connais pas cet objet. Avec un ordinateur on peut faire un mapinduzi . C’est la honte ce qu’ils ont fait. Pourquoi? J’allais oublier, il paraît, je ne sais pas moi, je n’étais pas encore né, que tu as dit :<<  ASSEC est un objet sec >>, c’est quoi tes jeux de moi ? Mais d’un côté tu avais raison. Tu sais, ils ont l’éducation nationale, ils n’arrivent même pas à construire une salle de classe en bambou depuis que tu es parti. Pour organiser l’enseignement ils ont fait appel à des spécialistes venus de France et le ministre se vante  qu’un Bilmapuzi est venu nous aider. Pourquoi demander notre indépendance alors? Vraiment tonton, dis-moi si tu es parti avec toute la matière grise des comoriens ? Si c’est le cas, ce n’est pas étonnant, si aujourd’hui on confond mendicité et production nationale. Tu sais tonton, Mayotte oui Mayotte est toujours occupée et personne ne dit rien .Chaque jour des dizaines des comoriens meurent entre Anjouan et Mayotte. Nul ne s’indigne de cette situation. On a peur de se faire assassiner comme toi. Il y a l’avocat de washili, tu connais la chanson qui disait Washili  ri rura na vinnyo manga. Bien c’est lui. Il écrit des livres pour te critiquer même mort il t’aime pas. Aux Comores, il n’y a pas de droit mais pour lui son combat c’est toi. Mon tonton m’a expliqué que tu gagnais 60 000fc par mois. Tu étais vraiment couillon. Aujourd’hui nous avons deux présidents à la retraite, chacun touche 3 000 000 fc avec ça s’ils vont à Volovolo ils achètent  tout même les murs et le toit du marché .Mon grand frère me raconte que sous  ton régime il n’y avait pas de corruption, pas de détournement de deniers publics. Il travaillait dans la construction de moudiria, il me dit même un clou il n’osait pas le voler.
Il travaillait 8 heures par jour. Les ouvriers venaient et partaient à l’heure. Tu étais dur. Aujourd’hui les  fonctionnaires arrivent à 10 heures et partent à 12 heures. Ma mère me disait que même dans son village de Konidjodjo elle peut se payer un kilo de viande dans la boucherie du village, maintenant il faut aller à mutsamudu. Voilà tout ce que j’ai voulu te dire en ce mois de mai. Pardon si je te dérange. Il y a deux personnes qui sont restés fidèles avec toi. Kanahazi, c’est une blanche façon, il écrit des livres sur ta révolution c’est grâce à lui que j’ai commencé à m’intéresser à toi. Puis un certain Abdallah Idarussi d’Itsandramdjini chaque 03 août, il met son costume rouge comme un bera-souli et fait le tour Itsandra-Moroni c’est sa façon de s’indigner. Quand je l’aperçois je lui dis continue le combat tonton. Au fait tu n’étais un peu Mgangi, j’ai entendu dans un de tes discours, tu disais ye tareh ndo hakim le peuple te regrette, autour d’un plat de riz les gens disent que tu es le seul capable à changer ce pays. C’est vrai tu voulais interdire le anda ? Tu es un fada ou quoi ? Dans les rues de Moroni tes cd sont vendus comme les mangues, tu as du succès. Quand tu étais président on nous raconte qu’il n’y avait pas des madjinis et des wafus mais dès que tu es parti ils sont revenus. Le soir j’ose même ne pas sortir de chez moi. Dis-moi, je peux te demander quelque chose? C’est sérieux : reviens dans la tête de Jean Mradabi , maintenant on le surnomme Djudja, ainsi il va nous raconter ta capture et ton assassinat. Je peux compter sur toi? Non je ne dirai rien avant ton arrivée. Amène, aussi des djinis kanga pour cette félonie qui nous a rendus inconsolables et tes bourreaux qui furent impitoyables. Beaucoup aux blancs requins servent de pâtures, certains s’éteignirent dans les ténèbres de l’oubli.
 
   P.S. Mai est notre nakba month pour nous, le kotria de l’intégrité des îles du bonheur, était à quelques pas quand judas te fi passer de vie à trépas. Oui ton sang c’est tes féaux qui l’ont versé
Dors en paix Fundi Ali tes petits-fils te vengeront je te le promets. 
Ô, pardon ! j’ai zappé quelque chose ; Tu sais aujourd’hui si tu es directeur, ministre ou président, tu n’attends pas d’être payé, plutôt  tu te barres avec la caisse. Tu étais couillon tonton !
                              LE FILS DE TON AMI FEMNAWU QUI T’AIME BIEN
Mbadakome

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