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Lettre ouverte à Monsieur Mohamed Ali Soilihi

S/C du peuple comorien.

Je viens d’apprendre avec une très grande tristesse, l’interdiction de la réunion du leader du parti JUWA à Mbeni. Je suis très choqué d’autant plus qu’en 1974, alors je n’avais que 15 ans, moi et une dizaine de mes amis dont Abdoulbar Mohamed Toihir, sommes battus contre les partisans de Taki qui faisaient obstruction à l’organisation par Ali Soilihi d’un meeting à Mbeni. J’ai eu droit à 5 jours d’hospitalisation à l’hôpital de Mitsamiouli. Quelques mois plus tard, Ali Soilihi devenu Délégué à la Défense est venu par 2 fois à Mbeni, armé jusqu’aux dents, le 2 et 9 septembre 1975.

Lorsque le tapis de bombes tombaient sur Mbeni, elles n’ont pas fait de distinction. Sur les 5 morts du 2 septembre 1975, un seul était partisan de Taki, Mbaé Issa. Maoulida Mdahoma et Mansoib Saïd était du PASOCO et se sont battus avec moi pour laisser Ali Soilihi organiser son meeting. Soulé n’était même pas de Mbeni, mais de Vouni. Quant au bébé tué ce jour-là, on en convient qu’il est le plus innocent de nous tous. On voit bien que la malheur qui touche une ville, une région, il n y a pas de discernements.

S’il est vrai que ce jour-là, Taki partageait comme toute la population, les pressions exercées sur la ville, mais je croyais que cela avait servi de leçons. Je vous ai déjà exhaussé d’épargner cette ville de nouvelles drames, car vous êtes nombreux à allumer des feux, alors qu’en cas de malheur, vous n’aurez rien à perdre, ni famille, ni bien mobilier ou immobilier, ni de vrais amis.

Quant à vous, Hamidou Karihila et Abdoulhakim Mohamed Chakir, au cas où vous l’aurez oublié, vous êtes les petits fils d’Ahamada Mfoihaya, donc détenteurs d’un héritage de tolérance et de dévouement. La première fois que Sambi a pris la parole en Grande Comore pour une prêche devant une assemblée, c’était à Mbeni en 1995. Mohamed Chakir était bien là, en sa qualité de digne héritier de chef religieux de la Région. Depuis il a fait son chemin jusqu’à devenir Président de la République. Vous oubliez peut être, qu’après son élection, c’est à Mbeni, qu’il a choisi de faire sa prière de vendredi en dehors de la capitale. Il est bon ou mauvais selon le bord où l’on se trouve, mais le droit et rien que le droit, lui confère une place publique à Mbeni ou ailleurs pour faire ses réunions.

Avant de terminer mes propos, je vous rappelle ce meeting du colonel Azali en 2002. Mohamed Chatur et son oncle, ont monté des jeunes contre ses partisans lors de son meeting de Mbeni. Je l’ai appris à mes dépens alors que je me trouvais à Moroni, je suis venu à toute allure comme j’ai pu. J’ai formé un cordon de sécurité pour le protéger contre une foule en colère ; J’ai fait arrêter les voyous qui avaient brisé les vitres des autocars et les ai livrés à la gendarmerie. L’acte m’a été attribué par ceux qui voulaient tirer avantage politique. Cela n’a pas empêché Mohamed Chatur, après son élection, de devenir son directeur de cabinet et aujourd’hui son bras droit au sein du CRC.

Je salue le courage de Monsieur le Maire, Mohamed Hamadi, qui dans ces temps difficiles, s’est montré digne de la fonction qu’il incarne, malgré le manque de moyens pour empêcher de telles exactions.

Je vous dis donc, arrêtez ces comportements qui relèvent du barbarisme et laissez les gens s’exprimer librement. Mbeni n’est pas une jungle, mais une ville faisant partie d’un pays qui a défini des règles de droit, alors de grâce. Il y a eu trop de drames dans cette ville, n’en rajoutez pas. Pitié aux innocents.

Paris le 15 septembre 2015.
MOHAMED CHANFIOU Mohamed

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