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Lettre ouverte à Son Excellence, Monsieur IKLILOU DHOININI Président de l’Union des Comores

 
 
Paris, le 14 mars 2016
 
Excellence,
Monsieur le Président,
 
Le 21 février dernier, les électeurs comoriens se sont rendus massivement aux urnes, comme vous leur avez demandé, dans « un esprit de civisme, de discipline et de non-violence », pour élire librement et démocratiquement leurs futurs dirigeants à l’occasion de l’élection primaire du président de l’Union des Comores et du 1er tour des élections des gouverneurs des îles. 
Ce jour-là, Ils ont cru en la parole présidentielle, à l’engagement que vous aviez pris, lors de votre discours de clôture de la campagne «  à ne pas interférer dans la compétition électorale, à rester au-dessus de la mêlée et à veiller scrupuleusement au bon parachèvement du processus électoral en cours ». 
Mais, quelles furent grandes et affligeantes leurs surprises de :
1.       Constater que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et ses démembrements insulaires n’ont pas été capables, en 72 heures, malgré tous les moyens colossaux mis à leur disposition, de comptabiliser les suffrages obtenus par les différents candidats et de présenter des chiffres corrects, cohérents et rassurants, pour le peuple comorien. Reconnaissez-là,  Monsieur le Président de la République,  qu’il y a une faute lourde qui ne peut rester impunie.
 
2.       De réaliser que de nombreux résultats sortis directement du dépouillement dans les différents bureaux de vote, se sont avérés en contradiction flagrantes avec certains PV produits par la CENI, trois jours après le scrutin. Comment peut-il en être ainsi, Monsieur le Président, puisque vous savez que le rôle de la CENI n’est pas de refaire les élections, mais plutôt de centraliser les résultats issus des bureaux de vote et de les transférer à la Cour Constitutionnelle, qui est seule juge des élections. 
 
3.        D’apprendre enfin qu’une bonne centaine de PV des résultats sortis des urnes ont été substitués par des PV remplis de la main d’une seule personne dans le but maléfique de fausser la vérité des résultats sortis des urnes au profit de certains candidats proches du pouvoir  en l’occurrence, votre propre épouse, candidate au poste de gouverneur de l’île de MWALI et Monsieur Mohamed Ali Soilihi Mamadou, votre actuel Vice-président.
Si de telles accusations, proférées aujourd’hui par la quasi-totalité des candidats au double scrutin du 21 février, qui contestent les résultats publiés par la CENI le 25 février, lesquels ont été quasiment confirmés par la Cour Constitutionnelle le 5 mars, devaient s’avérer fondées, vous comprenez, Monsieur le Président que,  de par vos honorables fonctions de Chef de l’Etat,  garant du respect de la constitution, votre responsabilité personnelle serait directement engagée. Ce serait même l’honneur de tous les Mohéliens, qui s’en trouverait ainsi entachée, puisque c’est à eux qu’est revenu, sous votre présidence, la responsabilité de conduire aux destinées de notre pays durant la présente mandature tournante entre les îles. 
Nous savons que les candidats lésés lors des derniers scrutins vous ont saisi et vous ont demandé le recomptage des voix par la Cour Constitutionnelle en leur présence. Ils l’ont fait parce que ce droit leur est accordé par la loi électorale et parce que c’est aussi un acte démocratique, valable, et utilisé dans de nombreuses grandes démocraties au monde.  Qu’il y a-t-il de mal à ordonner un tel recomptage dès lors qu’il permettra d’apaiser le climat politique, restaurer la confiance perdue, crédibiliser les choix des électeurs comoriens et permettre au processus électoral de continuer son cours dans la paix et la stabilité ?  C’est une opération qui ne demande pas beaucoup de temps, qui n’engage pas de dépenses insurmontable à  l’Etat et qui n’entame pas l’autorité de la Cour Constitutionnelle. 
Toutefois, si le pouvoir s’obstine à vouloir refuser le recomptage des voix,  à  user de la force pour empêcher les citoyens abusés de s’exprimer librement et pacifiquement dans les rues pour réclamer leurs droits,  en les brimant, en les humiliant et en les terrorisant, comme c’est déjà le cas ;  Nous, Diaspora comorienne, serions dans l’obligation de considérer que le pouvoir veut cacher la vérité aux Comoriens, et de vous en tenir comme complice des fraudes .
Monsieur le Président,
Nous voudrions encore croire à votre statut d’arbitre impartial et modérateur du fonctionnement régulier de nos institutions.  Mais, vous devez alors agir rapidement, car la diaspora que vous avez tant vantée le mérite de son intéressement au sort du pays et à son développement ne peut laisser celui-ci  s’enfoncer, sans agir,  dans le chaos et la désolation.
La Commission nationale électorale et ses différents démembrements insulaires, qui a failli à ses responsabilités, ne peut continuer à régenter les élections comme si de rien n’était. Elle doit être dissoute et remplacée sine die par une autre, plus crédible, plus honnête et impartiale.   
L’élection du président de l’Union sur l’ensemble du territoire nationale et le 2ème tour des élections des gouverneurs des îles ne peuvent se poursuivre sans le recomptage des voix des scrutins du 21 février. Il en va de la crédibilité du prochain président de l’Union des Comores et des prochains gouverneurs des îles autonomes.
Vos amis et proches, à la fois candidats et membres du gouvernement doivent cesser d’user et d’abuser des moyens de l’Etat pour battre campagne. Ce sont des méthodes d’un autre temps, anti-démocratiques et injustes.     
Qu’ALLAH guide vos choix pour  la paix et la stabilité dans notre pays.
 
 
Pour la diaspora comorienne
Le Collectif pour la Défense de la démocratie aux Comores
Signé le Président
Abdoul Wahab Ahmed
Contact : Tel +33 6 03 86 03 47
Email : abdoul.wahab2012@gmail.com

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