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Limogeage de Triple A : ce que l’on peut en retenir pour un vrai débat sur un divorce plus que nécessaire

L’Histoire retiendra quelque chose d’aussi particulière chez Ikililou Dhoinine : jamais le pays n’a connu un chef d’Etat si endormi durant un quinquennat sans brillance. Jamais un président n’a été aussi mal conseillé jusqu’ici. Ce constat attendait Ikililou Dhoinine sans surprise être noté dans les esprits des Comoriens et peut-être dans les anales de notre Histoire commune. Il a beau être le tout premier président originaire de l’île de Djoumbé Fatima, ce qui fait de lui une incontestable personnalité politique de notre ère. Heureusement pour lui. Sinon, rien et rien de brillant. Pire, à quelques jours de sa passation de pouvoir avec Azali Assoumani, le président sortant fait le choix étonnant d’une cerise sur son gâteau, la plus vilaine cerise, faut-il le souligner qu’il aurait pu éviter en ces derniers jours précédent le 26 mai 2016. Il ne l’a pas fait, tant pis !

Tout le monde a été réveillé et surpris en ce jour de jeudi 19 mai par la publication sur le compte Facebook du journaliste Ahmed Ali Amir, nous apprenant et confirmant par décret présidentiel (pièce à l’appui) le limogeage de cet home qui n’est que le Directeur Général d’Al-Watwan : « Article 1er : il est mis fin aux fonctions du Directeur Général du Journal Al-watwan, Monsieur Ahmed Ali Amir ». Ikililou Dhoinine prendrait cette décision seul ou aurait-il les conseils d’un entourage composé de mauvais perdants ? – Peu importe les réponses que l’on peut en avoir, cela ne porte en rien aux débats que cette mise en scène disgracieuse doit susciter.

Personne n’ignore la franchise du journaliste, son professionnalisme et sa volonté de servir bonnement le pays à travers ses projets individuels ou publics. Il y a des années, le même régime sous la couverture des ministères de l’information et de l’intérieur a ordonné l’enlèvement d’un numéro du journal Al-Watwan des kiosques parce que dans celui-ci le même Ali Amir avait décrit, avec aisance et scientificité les dégâts engendrés par les comptes de l’Etat. Le peuple averti était tout de suite derrière le journaliste.

On peut imaginer que depuis le 21 février 2016, le journaliste, alors Directeur Général du journal a dû avaler une langue qu’il ne voudrait ni voudrait ingérer en rapport avec les bêtises que les dernières élections ont proliférées. Le silence du journal Al-watwan pourrait donc se comprendre jusqu’au lendemain de la tenue des élections partielles à Anjouan où 13 bureaux ont été contraint à se rendre dans les urnes sans s’inspirer d’aucune loi. Cette reprise a été marquée sans surprise par la gifle de trop infligée aux candidats du pouvoir alors qu’elles devraient infléchir la tendance et contourner à tout prix la situation au profit de Mohamed Soilihi, lui-même Vice-président de Ikililou Dhoinine.

Bimmm ! La CENI, se divise ; d’un côté le président Djaza qui s’enfuit bien avant l’aube sans aucune explication donnée à l’équipe dont il avait les manettes, de l’autre, le reste de l’équipe patronnée par la seconde personnalité Mme Aloui. Cette dernière prend la décision de publier les résultats que l’institution avait déjà dans sa base de données tout en dénonçant ouvertement le comportement de leur chef (M. Djaza).

Cette série de scènes nauséabondes qui auraient pu inspirer et servir le 7ème art hollywoodien trouve se heurtera enfin à la publication surprise mais applaudie des résultats provisoires par le journal de l’Etat Al-watwan, des résultats déjà publiés par RFI Afrique et d’autres supports de l’information dans le monde. On peut imaginer que l’équipe sortant ne s’attendait pas du tout ce pire cauchemar : voir à la Une de « leur bébé journal » ces derniers résultats sensés sauvé le soldat « Rayan » ! Mais c’est fait – Qu’est-ce qu’il a été têtu ce triple A ! dirait-on. – Oh ! Qu’il fut dur le coup !

Enfin, la sortie personnelle en lettres capitales du même triple A sur la situation que vivent nos compatriotes à Mayotte « PENDANT QU’A MAYOTTE, DES FAMILLES COMORIENNES SONT SOUS LA PLUIE, LES ENFANTS DORMENT A MEME LE SOL, A CIEL OUVERT, VIVANT SOUS LA MENACE D’AGRESSIONS, MORONI SE CONTENTE DE DECLARATIONS VASEUSES ET SE PERD DANS DES COMMUNIQUES SANS RELIEF. »

Decret limogeant AAA

Serait-elle la dose de trop chez ce régime médiocre composé de mauvais perdants qui n’ont pas su gérer leur défaite cuisante ? – Là encore une fois, on s’en fout des probables réponses à cette question. Nous voulons avancer et faire avancer ce petit pays que les politiques mordent avec aisance. Ce qui nous intéresse, c’est bien les débats autour de cette presse nationale, non pas sur la nécessité de les maintenir, du rôle qu’elle joue (ça, on le sait déjà) mais des débats sur la réorganisation de cette presse, des médias nationaux, la liberté de cette presse dans le pays et donc le libre arbitre que cette presse doit avoir en rapport avec le pouvoir aujourd’hui et pour demain. Ça, c’est ce qui nous intéresse. Comment est-ce qu’il faut donner à Ortc, à Al-watwan l’élan professionnel, les ailes qu’il leur faut sans en avoir besoin des faux ailerons que leur procure l’Etat ? C’est cette relation dangereuse éternelle qu’il faut casser car elle a bel et bien démontré ses limites avec le temps ; cette relation pouvoir-presse freine et bloque l’émancipation de ces maisons qui doivent avoir en leur sein des « Bonjour Madame » donc prêts à écouter et exécuter les plans favorables à Beiti-Salam. Les conséquences sont connues : la technicité de l’agent, son savoir faire, son professionnalisme sont mis de côté et la vous en imaginez la suite. C’est bien le moment de faire le changement une bonne fois pour toutes. Disons donc stop à ces pratiques dépassées, tyranniques et privilégions ainsi les débats dans le sens du progrès.

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