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Livre puant sur Ahmed Sambi et Mohamed Bacar Dossar

Livre puant sur Ahmed Sambi et Mohamed Bacar Dossar

Tout sur les trafics et trabendos de la «citoyenneté économique»

Par ARM

     Le frère Ahmed Youssouf dit Alley signale depuis des mois qu’Ahmed Sambi s’est enrichi d’au moins 300 millions d’euros dans le trabendo des passeports comoriens au Moyen-Orient et qu’une auteure canadienne (également suisse et iranienne) a écrit un livre en anglais sur le sujet. Ahmed Youssouf est un patriote sincère. Et il y a d’autres patriotes sincères: l’homme d’État comorien Saïd Hilali, aujourd’hui dans le vent de la mondialisation, et son épouse, la diplomate Thoueybat (Photo, avec la version anglaise et française du livre), longtemps très digne, brillant et respectable Ambassadeur des Comores à l’UNESCO. C’est grâce à leur cri du cœur commun que nous savons aujourd’hui que le livre en question est désormais traduit en français et qu’il est en vente en France: Atossa Araxia Abrahamian: Citoyennetés à vendre. Enquête sur le marché mondial des passeports, Éditions Lux, Québec, septembre 2016, 192 p.

   Le couple comorien dénonce avec vigueur «le scandale de la citoyenneté économique» et «l’abominable scandale financier portant sur 360 millions de dollars initié par l’ancien Président Sambi et relaté dans un livre écrit en 2016 par la journaliste d’investigation Atossa Araxia Abrahamian». Nous sommes donc très loin du discours outrancier et injurieux que le candidat d’Ahmed Sambi avait prononcé lors de son meeting douteux et inutile du dimanche 17 janvier 2016 à Marseille: «Aujourd’hui, aux Comores, la loi sur la citoyenneté a été adoptée. Elle est passée. Cette loi a généré beaucoup d’argent. Mais, aujourd’hui, la question qui se pose n’est pas celle de savoir si elle a été adoptée de manière conforme à la Constitution, la question difficile est celle relative à la gestion à laquelle nous avons assisté sur cet argent-là. Vous savez, honorables Comoriens, que l’argent qui est rentré dans les caisses de l’État comorien est de 200 millions de dollars, au titre du programme de la citoyenneté.

   Quand nous avons quitté le pouvoir, le ministre des Finances, qui est le frère Dossar, qui est aujourd’hui mon vice-président, suite à un choix effectué par mon aîné Sambi, a laissé le témoignage qu’il y avait 11 milliards de francs dans les caisses. Entre 2011 et 2013, il y a eu près de 40 milliards de francs qui sont entrés dans les caisses de l’État. Qu’est-ce que le frère Mamadou a fait de cet argent? Je vous dis ce qu’il est advenu de cet argent. La première chose, ils se sont empressés de signer un contrat avec une société qui s’appelle Colas, Colas que vous connaissez: c’est une société qui n’était plus aux Comores mais qui a vu que, comme il y avait de l’argent qui était entré, elle s’est empressée d’y venir. Ikililou Dhoinine, Mamadou et Nourdine Bourhane se sont empressés de signer et lui ont attribué un contrat de 18 milliards de francs».

   Or, le livre que nous découvrons grâce au dévouement patriotique de M. et Mme Saïd Hilali nous apprend autre chose. En attendant de prendre livraison de ce livre béni ce lundi 19 septembre 2016, découvrons les pages que le couple nous présente aujourd’hui: «[…] devaient envoyer plus de 200 millions de dollars en échange de la documentation de quelque 4.000 familles bidoun (de 6 à 8 personnes chacune), chaque citoyenneté se détaillant entre 6.000 et 8.000 dollars. Le président Sambi a publiquement annoncé qu’environ 25 millions de dollars seraient alloués à l’aide budgétaire tandis que les 175 millions restants seraient investis dans les routes, les installations sanitaires et l’électricité». On apprend également que «[…] le gouvernement comorien devait avoir récolté au moins 360 millions. Dans ce cas, des centaines de millions de dollars ne seraient jamais parvenus jusqu’aux comptes comoriens, du moins ceux dont le FMI a connaissance. […] Lorsqu’on jette un coup d’œil à la ville de Moroni, c’est que les projets d’infrastructures à grand déploiement qu’on avait annoncés n’ont jamais vu le jour. Quelques routes ont été construites au petit bonheur la chance, et des membres de la communauté diplomatique prétendent qu’une partie de l’argent a servi à payer des arriérés de salaires. Rares sont les Comoriens qui voient, parmi ces quelques progrès anecdotiques, les bénéfices à long terme de la vente en gros de leur nationalité».

   Mais le plus criminel reste à venir, et c’est vraiment criminel: «Selon Malik, l’ancien cadre de la CGH [la société d’Ahmed Sambi, Bashar Kiwan et Mohamed Bacar Dossar], pendant la première année du programme, entre 2009 et 2010, l’entreprise aurait négocié la vente de 5.000 à 10.000 passeports. Selon lui, [Bashar] Kiwan aurait reçu des commissions supplémentaires, possiblement de la part du gouvernement émirati, pouvant aller jusqu’à 48.000 dollars par document, non comptabilisées, bien sûr. Lors d’un entretien en avril 2015, Malik, rappelons-le, a travaillé étroitement avec Kiwan aux Comores, a évalué le nombre de passeports vendus au zénith du programme quelque part entre 10.000 et 15.000 à leur prix unitaire de 4.000 euros. Il m’a raconté qu’en 2010 et en 2011, Kiwan lui téléphonait environ tous les deux mois pour lui demander d’aller chercher, au bureau de Sambi, des décrets de naturalisation – des listes de personnes approuvées qui, m’a-t-il soutenu, comptaient entre 200 et 1.000 noms.

   L’ancien cadre du holding de Kiwan se souvenait aussi qu’au cours des six derniers mois de la présidence de Sambi, il a négocié lui-même l’échange de 10.000 passeports, et que c’était loin d’être fini: “Quand je suis parti, il y avait encore des valises pleines de passeports, qui allaient et venaient”, a-t-il précisé. Ce sont environ 20.000 passeports qui auraient été délivrés pendant les deux années au cours desquelles la CGH a participé aux négociations. Mohamed Alhadi Abbas, ancien chef du Cabinet du ministre comorien de l’Intérieur, croit quant à lui que près de 60.000 passeports ont été vendus aux Émirats depuis l’inauguration du programme, tandis qu’un diplomate étranger évalue plutôt ce nombre à 100.000. […]. Un passeport se détaillait effectivement entre 6.000 et 8.000 dollars […]».

   Voilà de bien tristes vérités, Mesdames et Messieurs. Voilà la fosse dans laquelle Ahmed Sambi et les siens ont plongé les Comores. Comme nous aurons le livre lui-même le lundi 19 septembre 2016, nous ferons part d’autres révélations qui vont mettre à nu les crimes de ces gens-là. En même temps, il aurait été intéressant d’entendre le candidat d’Ahmed Sambi sur le sujet, lui qui a passé tout son temps à accuser les autres des crimes économiques commis par son propre chef et sa petite bande de poètes.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 17 septembre 2016.

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