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L’ORTC-TNC, vieille fille malade des Comores

L’ORTC-TNC, vieille fille malade des Comores

Une boîte à sons et images étranglée par l’estomac

ARM

   Correspondant à Mohéli du magazine gouvernemental Al-Watwan et doyen des journalistes mohéliens, Mohamed Nassur Riziki est formel sur la question: «L’ORTC doit beaucoup à Soilih Mohamed Soilih, son ancien Directeur général. Pour avoir étudié avec lui à Bordeaux et pour avoir travaillé avec lui à Moroni, je connais parfaitement l’homme et sa grande passion pour la presse. Il a beaucoup fait pour l’ORTC-TNC. Même à distance, des États-Unis et Nations Unies où il représente les Comores comme Ambassadeur, il continue à suivre les activités et l’évolution de la Radiotélévision nationale comorienne avec beaucoup d’intérêt, et je sais de source sûre, que lors du match de football opposant les Comores au Lesotho, il n’avait pas ménagé ses efforts pour une transmission en direct de cette compétition sportive. Pour autant, dans le monde d’aujourd’hui, comment faire de l’audiovisuel sans moyens appropriés, quand on n’a même pas le strict minimum?». Justement, l’Office de Radiotélévision des Comores – Télévision nationale des Comores (ORTC-TNC) n’a pas les moyens de sa politique. Pourtant, l’objectivité oblige à reconnaître que Hassani Ahamada, son Directeur général par intérim, et le personnel sont très courtois, volontaristes et motivés. Ils veulent faire sortir l’ORTC-TNC de l’éternelle jeunesse, mais devront continuer à se poser d’innombrables questions sur les moyens à employer pour y parvenir. Ils veulent faire les choses en grand, mais l’État ne les y aide pas suffisamment.

   Pour preuve, pour les besoins de l’enregistrement en urgence d’une interview, le Directeur général par intérim et le personnel n’avaient pas hésité à être présents à Voidjou à la première heure, un dimanche, travaillant en heures supplémentaires qui ne seront jamais payées par un État très à côté de ses sous. Pourtant, même sachant qu’ils n’allaient pas être payés pour ce dévouement dominical et matinal, ils ont fait correctement leur travail et ne s’en plaignent pas. Ils sont présents à Voidjou et travaillent avec détermination. Quand Aboubacar Ben Saïd Salim, l’intervieweur, réclame de la climatisation au studio d’enregistrement, où il faisait quand même chaud, on lui redit ce qu’il sait déjà, même si au départ la question semblait réglée, puisqu’on lui avait fait comprendre que la climatisation ne posait pas de problèmes: «Le dernier climatiseur a rendu l’âme, et nous attendons toujours son renouvellement». Le sol nu du studio rappelle à la fois un placenta d’une chienne enragée, une salle de tortures et une cellule de prison dans un donjon du Moyen-âge. Ce sol est absolument indigne d’une Télévision nationale. Un tapis bon marché sur ce sol nu n’aurait fait du mal à personne, bien au contraire. Il est même des femmes comoriennes qui seraient volontaires pour tresser des nattes pour couvrir ce sol indigne et cacher une honte infamante frappant tout un pays.

   Et puis, il y a les chaises, les deux chaises. Elles plongent Aboubacar Ben Saïd Salim dans un état proche de l’apoplexie et de l’infarctus. Quand il en parle, il fait tout pour ne pas verser des larmes, qu’on sent monter pourtant. On sent, en effet, qu’il a envie de pleurer de rage et de dépit. La couleur gris métal des chaises le tue à petit feu parce qu’elle a la désagréable habitude de prendre la couleur des vêtements de l’intervieweur et de son invité, le tout en créant une confusion monumentale. Naturellement, il y a la fameuse petite table qui se trouve entre intervieweur et interviewé: une horreur, l’horreur absolue, l’horreur des horreurs. Il faut la voir: écornée de partout, écaillée, le vernis en lambeaux et partant par plaques entières, tenant à peine débout, vilaine comme un pou, mauvaise comme la teigne, déglinguée comme partie postérieure d’une hyène du Ferlo au Sénégal, complexée comme une vieille fille qui ne veut pas se rendre compte du temps qui passe. Aboubacar Ben Saïd Salim donnerait son bras droit pour voir disparaître cette honte hideuse. Ne pouvant aller plus loin, il souhaiterait tout de même que les techniciens de l’ORTC-TNC accomplissent des miracles et des prouesses techniques pour que l’horreur des horreurs que constitue cette table stupide ne soit pas visible, mais les braves techniciens crient haut et fort à la mission impossible! Cette petite table basse est d’une laideur épouvantable, est la chose la plus hideuse des Comores et constitue une honte nationale. Elle cristallise toute la misère et le misérabilisme qui planent ici et là aux Comores. On ne peut regarder cette espèce de chose sans mourir de honte et de colère. C’est indigne! Le ministre en charge de la Communication doit se poser des questions sur la misère qui étrangle l’ORTC-TNC et sur les sentiments de ceux qui, aux Comores et à l’étranger, voient cette chose difforme.

   Une fois de plus, il faut reconnaître le professionnalisme et le volontarisme d’Hassani Ahamada, le Directeur par intérim, et du personnel de la boîte nationale à sons et images. Mais, que peuvent faire ces personnes si elles n’ont pas un seau espagnol et une serpillère pour tenter de donner un visage humain à ce sol de studio d’enregistrement ressemblant à un placenta de chienne enragée, à une salle de tortures et de décapitation du Moyen-âge, où on a l’impression d’y avoir brûlé les sorcières de Salem? En même temps, il faudra reconnaître que les techniciens de l’ORTC-TNC sont victimes de leur pudeur, puisqu’il suffirait qu’ils montrent «par pur accident» ce sol diabolique aux téléspectateurs plus d’une fois pour que, quelque part, une autorité soit révoltée et saisie de remords et de honte, avant de prendre une bonne décision pour arrêter la comédie misérabiliste.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 9 novembre 2015.

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