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L’UNION ETOUFFE LES ILES…

L’UNION ETOUFFE LES ILES…
Étant en pleine période de débats politiques, nous continuerons à susciter et à alimenter la réflexion sur les questions essentielles, même si certains à court d’arguments recourent aux insultes les plus basses et aux anathèmes contre nous. C’est ainsi qu’on a été traités de séparatistes et même de racistes et que même toute une ville, en l’occurrence, Mutsamudu a été vilipendée.

Mais, il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre et la mauvaise foi ne nous fera pas taire pour occulter encore une fois les vrais problèmes de notre archipel, dénommé à tort les Comores, car on sait trop bien qu’un bon Anjouanais est un Anjouanais qui ferme sa grande g…

Concernant l’article sur les langues des « Comores », qui a provoqué l’ire de certains, ce n’est pas à force de cris, que tout le monde parlera la même langue et se comprendra : la réalité est têtue et si la compréhension est facilitée à Moroni entre les différentes populations, c’est certainement grâce à l’immersion et l’interpénétration des populations. 

Mais aujourd’hui, nous allons aborder une autre question qui fâche terriblement, à savoir l’État hyper-centralisé de Moroni, question considérée comme une autre lubie des séparatistes, dont l’objectif inavoué serait de s’attaquer à la sacro-sainte unité du pays.

Sans être experts en économie et sans risque d’erreur, nous pouvons affirmer que le pouvoir d’achat d’une population constitue un des moteurs essentiels d’une économie.

Le pouvoir d’achat détermine les capacités d’un marché : plus élevé sera ce pouvoir, plus nombreux et vastes seront les pans de l’économie que celui-ci pourra entraîner et dont il pourra favoriser l’essor.
De nombreux secteurs économiques tels que le commerce en tous genres, le logement, les transports (taxis, bateaux, avions…), la nourriture, les loisirs, l’offre de santé, les écoles privées, les hôtels, les restaurants, l’artisanat, les industries etc. tout tirera bénéfice d’un bon pouvoir d’achat. Et en retour, ces secteurs créent de la richesse qui va s’investir encore dans l’économie et renforcer encore le marché.

Mais d’où vient ce pouvoir d’achat ?

D’abord de la concentration de tous les services gouvernementaux et de l’État à Moroni : tous les ministères et les services qui en dépendent et leurs pléthores de personnels sont établis à Moroni, toutes les directions d’État également, toutes les directions des sociétés nationales, l’assemblée nationale, la cour suprême, les grands tribunaux etc.
Puis, toutes les représentations extérieures sont basées à Moroni, où se déroulent les rencontres internationales en toute exclusivité, avec les retombées qu’on peut imaginer.

Pour quitter l’archipel, les citoyens des autres îles doivent passer par Hahaya, le seul aéroport international, avec souvent l’obligation d’un séjour à Ngazidja, à l’arrivée ou au départ.

Cette centralisation excessive induit aussi un autre effet pervers, celui d’obliger les citoyens anjouanais et mohéliens à prendre l’avion ou le bateau et séjourner à Moroni pour une période plus ou moins longue, pour la moindre démarche administrative.

Ajoutons l’université des « Comores », les écoles de formation et on abondera le pouvoir d’achat même modeste de centaines d’étudiants venus des autres îles dont les parents doivent assurer la subsistance, tant bien que mal.

En résumé, tous les cadres supérieurs et moyens des organismes importants et même moins importants qui concentrent l’essentiel du pouvoir d’achat de l’Union des Comores sont basés à Moroni et à Ngazidja, et peu importe que ce pouvoir d’achat soit entre les mains de grands-Comoriens, d’Anjouanais ou de Mohéliens : ce qui prime c’est le lieu de vie et de consommation.

En somme, les Anjouanais, résidant à Moroni dont on nous jette au visage la présence dans la capitale, profitent avant tout à la Grande-Comore.

Ah oui, j’allais oublier une autre manne financière, non négligeable : il s’agit de tous les fonds illicites qui peuvent circuler dans la capitale, fruit des fonds noirs en tous genres, détournements financiers, et corruption multi-sectorielle, une véritable industrie parallèle prospère, même si une grande part va alimenter les banques étrangères.

Voilà tout ce qui profite à l’île de Ngazidja, dont l’économie est plus dynamique et plus prospère alors que pour les autres îles désertées, l’économie périclite, entraînant les gens dans la pauvreté et dans la misère, à moins d’avoir les reins assez solides pour exporter son affaire à Ngazidja.

Combien d’Anjouanais ont essayé de monter des affaires dans le commerce, la restauration, l’artisanat, la petite industrie (savons, yaourts, boissons…) et ont pu réussir ? Ils se compteront sur les doigts d’une main alors que les faillites sont pléthoriques.

Dans un pays insulaire, la répartition équitable des ressources revêt une importance encore plus cruciale que dans un pays au territoire homogène : l’éloignement par la mer et les difficultés de transport et de communication font que les avantages de la capitale ne peuvent bénéficier à l’ensemble du pays, surtout si cette question est ignorée ou méprisée et qu’on ne s’attache pas à mettre en place des dispositifs de compensation, relevant de « la continuité du territoire national. »
C’est un concept qui consiste à se dire que le centre étant très éloigné, on va prendre des mesures pour rapprocher la périphérie du centre (réduction des frais de transport, de séjour etc.)

On comprend mieux le fondement de la revendication pour une véritable décentralisation et la lutte pour une large autonomie ou pour l’établissement d’un système confédéral, pour permettre à chaque île de prendre son destin en mains.

Cet article va être taxé de séparatiste encore, mais qui nous donne des leçons de patriotisme ?

En général, ce sont les Wangazidja qui sont les plus virulents car ce sont eux qui ont le plus à perdre d’une remise en question du système actuel.

Un des arguments massues qu’on assène aux Anjouanais et surtout aux Mohéliens, consiste à dire que c’est la Grande Comore qui contribue le plus au budget national : pourquoi sa part est-elle plus importante ? Tout simplement, parce qu’elle monopolise tout ce que le pays recèle en ressources, comme nous venons de le démontrer.

Pour ceux qui réfléchissent, cet argument corrobore notre critique de l’hyper centralisation du pouvoir à Moroni et de la concentration du pouvoir d’achat.

Maintenant, pour ce qui est des leçons de patriotisme, la Grande-Comore qui est l’île aux Ngazidja « mfukare » est véritablement le royaume du régionalisme : le Grand-Comorien n’est-il pas d’abord du Mahamet, Mboude, Wachili, etc. ?

Quels sont les « Comoriens » qui ont créé en premiers, les associations régionales, dans les diasporas et leur ont donné leurs lettres de noblesse ?

Qui a renforcé et renforce encore le régionalisme au détriment de l’ensemble ?

Les élections présidentielles actuelles ne sont-elles pas une illustration du caractère foncièrement régionaliste de la mentalité et de la culture grand-comoriennes ?

Où sur cet archipel peut-on compter jusqu’à 25 candidats aux présidentielles, des candidats qui pour la plupart, relèvent d’un village ou d’une seule région.

Dans quelle île des « Comores », un homme peut-il se marier, fonder une famille et vivre dans son foyer des décennies, tout en économisant et se préparant toutes ces années pour aller se remarier un jour dans son village ?

Les Anjouanais et les Mohéliens s’installent et vivent à la Grande-Comore, mais où sont les Grands-Comoriens, Wangazidja d’Anjouan et de Mohéli ?

Alors de grâce, épargnez-nous les leçons de patriotisme et de défense d’une Union de pure hypocrisie.

Au nom des séparatistes Anjouanais

L’UNION ETOUFFE LES ILES…Anli Yachourtu Jaffar

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