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 » Mamadou incarne à lui seul, la mauvaise gouvernance, la corruption et l’auto enrichissement » Omar Mirali

Une enquête menée par nos équipes révèle que Mamadou, comme on l’appelle, est l’une des personnalités comoriennes les plus impopulaires. Et le slogan « ye mze ngena nvuu », n’est qu’un gémissement d’un coma politique. Il incarne à lui seul, la mauvaise gouvernance, la corruption et l’auto enrichissement. Il faut dire que cela fait plus de deux décennies qu’il est sur les devants de la scène politique comorienne. Et jusqu’à preuve de contraire, personne n’a donné, de manière officielle le bilan de cet homme de premier plan. Toutes ces années passent avec le temps et, chanceux ou malin qu’il est, l’histoire semble l’oublier ; à moins qu’il veille à occulter les traces de son sombre passé.

Il a du culot

M. Omar Mirali

M. Omar Mirali, Historien, auteur de Le sultan Saïd Ali et Léon Humblot à la Grande Comore (1884-1912), publiés aux éditions De La Lune

Il faut quand même être culotté pour oser jouer avec la mémoire collective. Cet homme n’a absolument pas froid aux yeux.

Comment va-t-il, aujourd’hui, justifier sa candidature ? Comment réussira-t-il à faire en cinq ans, ce qu’il n’a pas su faire en trente ans ? Le passé nous pousse à croire qu’il ne fera rien d’extraordinaire. Ce qui importe est de savoir comment des Comoriens peuvent-ils refaire confiance à l’un de leurs vieux bourreaux ? C’est symptomatique et révélateur de ce qu’est le peuple comorien. Un peuple amnésique quasi sado maso. Honneur et confiance sont toujours donnés aux plus rusés. Malheur à qui tente un renouveau ou une alternative. Peut-être sommes-nous très attachés à nos acquis ? Dans tous les cas, la candidature de Son Excellence est riche de messages et enseignements. Elle permet de comprendre jusqu’où peut aller un Comorien pour ses intérêts personnels. Car, faut-il le dire, la plupart des soutiens de Mamadou sont des personnes qui aspirent à un portefeuille en cas de succès. Il y a aussi, ceux qui ont déjà le ventre plein… Sans oublier ceux qui agissent par la bouteille et la fumée, toujours en provenance de l’argent des contribuables. En tout cas, ils ont tous, chacun, des motivations égoïstes car nul n’est dupe au point de croire que cet homme, qui s’est illustré par tant d’années de ruses, peut soudain changer de visage et agir pour l’intérêt général. Chirurgie esthétique, peut-être, mais comportement, non.

Il faudra convaincre…

Mamadou doit se dire, « les Comoriens me choisiront. Ils oublient vite. La preuve, je suis là depuis des lustres et je compte encore des soutiens importants. » Certes, cela n’est pas faux. Mais il faut comprendre que le Comorien d’hier n’est pas celui de nos jours. Tout le monde se devra d’être particulièrement exigeant à l’égard de ceux qui ont eu à nous diriger.

La campagne de Mamadou sera doublement rude. D’une part il va falloir qu’il réussisse à montrer une nouvelle image et se débarrasser de ce statut de tout sauf honnête qui colle à sa peau. D’autre part, il devra répondre sur son passé et dresser le bilan de ses années de politiques nationales. C’est en expliquant mieux son passé ténébreux qu’il réussira à s’attirer un peu plus d’électorat. Autrement, bien qu’il parte conforté par le pouvoir en place, sa défaite sera criante.

Et si l’on faisait table rase… ?

Faillir une fois, cela relève de l’erreur. Mais faire deux fois la même erreur, cela relève du bon vouloir. Il est des candidats bien connu des Comoriens. Ils étaient à la tête de l’État et rien à changer. L’expérience est juge. Rien ne dit que demain, ils feront mieux qu’hier. Alors, faisons table rase et mettons-les de côté. Donnons la priorité aux novices pour voir si l’espoir viendra d’eux. Et s’ils s’alignent du côté de nos vieux démons, on les chassera. On jouera à ce jeu de chasse à l’homme jusqu’au jour où un homme ou une femme digne de ce nom, veillera honnêtement à ce pays qui a tant souffert. D’ailleurs, gare au prochain. Les derniers événements en date, à savoir le mouvement Eau et Électricité présagent un futur sursaut. Je ne serais pas étonné de voir, du jour au lendemain, le peuple comorien prendre son courage à deux mains et rafler, comme l’ont fait les Tunisiens et les Égyptiens, toute personne qui ira à l’encontre de l’intérêt public. On assiste à la naissance d’un patriotisme collectif aussi bien localement aux Comores que parmi les Comoriens de la diaspora. Les élections de l’an prochain ne sont pas à prendre à la légère. 2016 marquera sans doute une nouvelle ère dans l’histoire des Comores. Plus rien ne sera comme avant.

Omar Mirali

NB: Le titre est de nous, le titre orignal était  » Et si l’on faisait table rase…?

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