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Mayotte: des professeurs ne pourront plus exercer à la rentrée faute de carte de séjour

Depuis quelques semaines, tout un chacun est en mesure de se demander ce qu’il est arrivé au service de l’intégration et de l’immigration de la préfecture de Mayotte. Cela n’aura échappé à personne à Mamoudzou, la foule compacte d’hommes et de femmes se pressant habituellement autour de la porte d’entrée s’est envolée !

Plus personne ne joue des coudes ou se marche sur les pieds dans l’espoir, un jour, d’obtenir le Saint Graal : un récépissé de demande de carte de séjour, a minima. La préfecture de Mayotte serait-elle devenue la plus performante de France, la mieux organisée ?

Que nenni ! Elle s’est fait prendre au piège ! Encerclée de toute part, à l’extérieur comme à l’intérieur, elle ne peut faire un pas, faire un geste sans que les foudres de la vindicte populaire ne s’abattent sur elle ! Car la foule garde la grille, elle gronde, elle menace !

« Que les Comores acceptent leurs ressortissants et alors nous libérerons les grilles ! » scande-t-elle.

Cependant ce sont les mahorais qui vont payer le prix fort car l’île dépend essentiellement des anjouanais. Ce sont eux qui assurent les métiers de l’île y compris les plus nobles : médecins, enseignants, maçons, agriculteurs etc. L’île est d’ailleurs en ce moment paralysée. Un grand nombre d’hommes et de femmes perdent leur emploi du fait de ne pouvoir renouveler leur carte. Ils perdent également leur droit à la sécurité sociale. Les porteurs du VIH/SIDA par exemple n’ont plus accès à leur traitement, ne pouvant renouveler leurs droits, et redeviennent contagieux. Les personnes en situation de handicap sont de même privées de traitements adaptés. Nombre de professeurs ne pourront plus exercer à la rentrée. Des femmes, des maris, ne pourront pas partir en vacances avec leur époux ou épouse comme ils l’avaient prévu de longue date…

Non, empêcher les personnes d’avoir accès à leurs droits ne réglera pas la situation éminemment complexe de Mayotte et des Comores. Cela ne fera qu’accentuer la pauvreté, l’insécurité, le chômage, le développement des maladies, la mortalité, la colère, et l’injustice. Comment peut-on se battre pour ce monde-là ? Et surtout, comment est-il possible que l’État accepte un tel état de fait ?

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