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Mayotte : une présence française mercantile pour un départ éventuel onéreux

Beaucoup, parmi les crédules, croiraient que l’entêtement de la France à occuper illégalement l’Île comorienne de Mayotte serait désintéressé et se limiterait à des raisons géopolitiques.

Ce document se propose de vous faire découvrir l’histoire d’une occupation française réfléchie et basée sur des intérêts économiques très alléchants.

Loin des apparts et des grands discours pour la défense d’une pseudo-autodétermination du « peuple maorais », la présence française à Mayotte, ponctuée d’événements inacceptables et non conformes au Droit international, est motivée par un appât du gain. Les réserves en gaz et en pétrole de l’Archipel des Comores constituent le nœud d’une histoire parsemée d’embuches et de coups fourrés.

I/CONSTAT :


Jusqu’au début des années 1840, l’Archipel des Comores était un Etat uni et souverain de plein droit (Un Sultanat particulier décentralisé avec sa langue, sa religion, son administration, ses symboles et sa monnaie. Il entretenait des relations de bon voisinage, d’amitié et de coopération avec l’extérieur. Il n’empêche toutefois qu’en pleine période coloniale, il était objet de convoitises et de razzias.

En 1841, la France commençait à prendre possession de l’Archipel des Comores par la force et à partir de l’ile de Mayotte.

Entre 1841 et 1886, pour la première fois de son histoire, la France ampute une partie du territoire de l’Archipel des Comores. Quarante-cinq années durant, l’ile comorienne de Mayotte était balkanisée par la force de la puissance coloniale française.

1886, la France restaure l’unité de l’Archipel des Comores mais en occupant l’Archipel dans son ensemble.

1886-1975, la France administre l’Archipel des Comores dans toute sa juridiction, avec toutes les compétences territoriales et sous différents statuts (Protectorat, colonie, dépendance et territoire d’outre-mer). Tout au long de cette période, toutes les lois, les règlements et les actes administratifs pris pour l’Archipel, concernaient les iles de Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande Comores.

Le 15 juin 1973, à Paris, L’Archipel des Comores et la République Française signent les accords sur l’avenir et le devenir de l’Archipel des Comores,

Le 24 décembre 1974, par voie référendaire, le peuple comorien, consulté sur son devenir et son avenir vote à 94,5% pour son indépendance sur l’ensemble des quatre iles.

Le 3 juillet 1975, le gouvernement français soumet à l’Assemblée Nationale française un projet de loi qui préconisait de nouvelles conditions à l’admission des Comores à la souveraineté internationale ; au lieu de prendre acte de la volonté librement et clairement exprimée par le peuple comorien lors du referendum de décembre 1974, organisé par l’administration coloniale dans l’ensemble de l’Archipel des Comores (Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande Comores).

Le 6 juillet 1975, l’Archipel des Comores était contraint par la République Française à proclamer son indépendance de façon unilatérale et sans l’amitié et la coopération avec la France.


1841-2015, 174
années de présence française ininterrompue dans l’Archipel des Comores.

1975-2015, 40 ans depuis que l’île comorienne de Mayotte reste séparée de ses îles sœurs composant l’Archipel des Comores, pour la deuxième fois de son histoire et par la même puissance coloniale, la République Française.

La République Française refuse de prendre acte de la volonté des comoriens et maintient par la force son Administration dans l’ile comorienne de Mayotte jusqu’à ce jour.

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Défiant le droit international et toutes les résolutions pertinentes de l’ONU, l’OUA/l’UA, la Ligue des Etats Arabes et le Mouvement des Non Alignés qui affirment la souveraineté des Comores sur Mayotte et condamnent l’occupation de cette ile Mayotte par la France.

Faisant fi des revendications légitimes comoriennes sur cette île ; fondées sur la géographie, l’histoire, la culture et le droit, la France a unilatéralement fait évoluer le statut de Mayotte, étape par étape jusqu’à la rupeisation que l’Union Européenne accepte en 2014. Cette situation non conforme au Droit international intervient à une période coloniale révolue, qui a permis à la France d’user de ses forces pour prendre possession d’une partie de territoire d’un Etat souverain, Les Comores et en ignorant le droit international, ses principes et ses résolutions et recommandations, les valeurs de la souveraineté, des libertés, de la coopération et des positions de la communauté internationale.

II/ LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE FACE A LA QUESTION DE MAYOTTE.

A la première heure de la proclamation d’indépendance, l’Archipel des Comores a connu une reconnaissance massive et forte de la quasi-totalité des sujets de droit international.

En moins d’un mois après l’accession de l’Archipel des Comores à la souveraineté internationale, le pays connait son premier coup d’Etat encouragé et soutenu par la puissance coloniale, la France.

Depuis, l’Archipel des Comores reste plongé dans une longue crise soutenue par des déstabilisations multiformes.

Cette situation de nature à aider et à favoriser la session de l’ile comorienne de Mayotte et à sa balkanisation par la France, est mal prise et mal acceptée par les comoriens et tous les pays et peuples amis des Comores.

Ce qui réconforte l’Archipel des Comores c’est le bénéfice du soutien indéfectible des sujets de droit international à savoir : (ONU, OUA/UA, la Ligue des Etats Arabes, le Mouvement des Non Alignés et la quasi-totalité de leurs Etats membres) qui lui reconnaissaient son droit à exercer sa souveraineté sur Mayotte.

Mais comme d’habitude, la grandeur, la puissance et la force ont eu droit sur la légalité, le droit et la légitimité.

Dans tout ça, où est donc la France, pays des droits et des libertés ?

La République Française, déterminée à rester aux Comores, active sa diplomatie et met la pression sur les Comores par des coups fourrés.

Cette situation a pesé lourd sur la quiétude, la paix, la stabilité, l’économie, la politique et l’administration du pays.

Meurtri, appauvri, menacé de désintégration, mal gouverné et mal géré, l’Archipel des Comores a certes plié mais n’a pas rompu.

La France eut-elle raison dans ce qu’elle cherchait ?

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Biaiser l’opinion internationale avec un faux argumentaire sur les principes sacrosaints du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme et du droit à l’indépendance.

Faire fi à la géographie, à l’histoire, à la culture et au droit international avec toutes les conséquences, les drames, le sang et la misère de tout un peuple, pour seule cause, les richesses gazières et pétrolières que recélerait l’Archipel des Comores.

Ainsi, les premières quarante années d’indépendance ont fait perdre espoir à plus d’un comorien dans les quatre iles de l’Archipel des Comores.

Quel serait alors l’avenir de l’Archipel des Comores si les intérêts priment sur la légalité et la solidarité ?

Cet avenir pouvait se retrouver dans la géographie, l’économie et la paix et la sécurité à travers la diplomatie.

Depuis quarante ans, le peuple comorien vit ce que l’Europe vit ces derniers mois avec tous les drames et leurs conséquences.

III/L’AFRIQUE ET LA SOUS-REGION DE L’OCEAN INDIEN FACE A LA QUESTION DE MAYOTTE.

Tout comme la communauté internationale, les pays africains, y compris Madagascar, Maurice et les Seychelles se sont toujours mobilisés pour la cause comorienne. (Souveraineté de l’Archipel des Comores dans son intégrité territoriale)

En constituant le comité des 7 chargé de la Question de l’île comorienne de Mayotte, l’OUA, aujourd’hui l’UA, affichait sa détermination à accompagner l’Archipel des Comores dans sa lutte légitime à recouvrer son intégrité territoriale.

Aujourd’hui, force est de constater que cet engagement se trouve dans une impasse due à l’action de la diplomatie française qui bloque toute action onusienne, justifiée par un dialogue taré France/Comores avec des déclarations de principes et de façade.

Mais tout comme la nature, la légalité aussi finit par retrouver ses droits un jour et les comoriens y croient.

Si cette question de Mayotte couve la même préoccupation d’il y a quarante ans, la possibilité qui reste à la France pour faire barrage aux revendications légitimes des Comores sur son unité, son intégrité territoriale et sa souveraineté internationale, c’est d’éviter le débat dans les foras et de reporter les agendas.

On verrait bien demain un Archipel des Comores très proche de la cote est africaine et retiré de la Commission de l’Océan Indien à cause de la présence française détournée dans cette Organisation régionale africaine d’iles.

L’Afrique saura défendre ses intérêts à travers l’économie.

Ainsi donc, en acceptant un quelconque dialogue qui refuse d’aborder le fond du sujet à savoir :

– L’indépendance de l’Archipel des Comores dans son unité et son intégrité territoriale,– La reconnaissance de la souveraineté de l’Archipel des Comores conformément aux accords de juin 1973 et du référendum d’autodétermination de décembre 1974,– De la passation des compétences entre la République Française, ex-puissance coloniale et l’Archipel des Comores, ex-colonie française,– De la transition pour le retour de Mayotte dans son ensemble naturel et légal,– De la coopération bilatérale– Des intérêts des deux parties.

La République de l’Archipel des Comores se place dans une situation inconfortable face à l’avenir et aux partenaires.

C’est la raison pour laquelle, elle doit commencer à revoir sa politique et sa vision par la voie du continent et de l’économie.

Mais comme dans toute situation, celle-ci compte trouver sa solution juste et durable à travers la diplomatie car les réelles motivations des parties ne sont pas encore avouées ; comment l’Archipel des Comores entend concevoir sa plaidoirie lorsque l’on sait que quelque part on n’est pas encore prêt à dénouer ce différend ?

IV/ LES RAISONS ECONONOMIQUES QUI ETERNISENT LE DENOUEMENT DE LA QUESTION DE L’ILE COMORIENNE DE MAYOTTE.

Les raisons jusque-là avancées par la France pour maintenir son administration et sa présence à Mayotte sont fausses : (Position stratégique de l’Archipel des Comores dans le Canal de Mozambique, les questions sécuritaires et de défense et le respect de la volonté des maôrais de rester français. Qu’en est-il de la Corse ?

La France n’a aucun soucis à se faire de Combo, de Zénabou, du rocher de Dzaoudzi, du bata bata, du trémbo … de Mayotte).

Sa seule et unique préoccupation, ce sont les richesses de l’Archipel des Comores : (le gaz, le pétrole, le poisson, les essences à parfum, le girofle, le coprah, la vanille…)

Aujourd’hui l’Archipel des Comores peut chercher et trouver des partenaires ailleurs (un travail déjà commencé).

Malheureusement, la France veut tout prendre aux comoriens ou que sais-je, échanger le retour de Mayotte avec les licences d’exploitation du gaz et du pétrole. A suivre.

Le temps est venu pour l’Archipel des Comores de regarder la réalité du monde et des choses telles qu’elles sont, et non pas telles qu’il voudrait qu’elles soient.

Et Mayotte retrouvera ses iles sœurs. Dans combien d’années et avec quel sacrifice et formule ?

Par la négociation, le respect du droit international, de ses principes, des résolutions pertinentes de l’ONU et des autres organisations internationales.

Pour commencer, la France doit penser et vouloir rétrocéder Mayotte qu’elle a conquis pendant la période coloniale tout comme les autres iles de l’Archipel des Comores.

(Toutes les idées avancées et soutenues par la France pour justifier le maintien de son administration dans cette ile alors souveraine depuis le 6 juillet 1975 et sa rupeisation en janvier 2014, ne tiennent pas.

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Qu’il s’agisse de l’achat de l’ile, du traité de cession de mai 1841, des résultats du referendum de décembre 1974 et de la proclamation d’indépendance du 6 juillet 1975 ; cet argumentaire reste contradictoire aux résolutions du conseil de sécurité et de l’assemblée générale des Nations Unies.

La France doit prendre acte des accords de Paris du 15 juin 1973, des résultats du référendum de décembre 1974 dans leurs globalité et de la proclamation d’indépendance du 6 juillet 1975.

La France doit penser à signer avec l’Archipel des Comores un accord de passation de compétences souveraines.

Négocier et signer un traité de paix et de rétrocession de Mayotte.

Négocier et signer des accords de coopération y compris les ressources gazières et pétrolières de l’Archipel des Comores.

Négocier et signer des accords bilatéraux sur la nationalité et la circulation des personnes.

V/ Il serait sage de construire ensemble l’avenir plutôt que de continuer à maintenir le chaos dans l’archipel et à insulter l’avenir.

Regardons en face nos réalités, respectons nos morts pour la liberté, respectons la mémoire de tous ceux qui sont morts pour l’unité de l’Archipel des Comores, considérons les cent soixante-dix années d’histoire commune, apprécions à juste titre nos partages culturels, un grand respect à nos concitoyens, à la double nationalité et aux expatriés qui séjournent dans nos pays, enfin, essayons dans la paix et la concordance de tenir compte des intérêts.

Ensemble à table avec le respect et la considération, apportons à nos peuples leur dignité et la paix.

La communauté internationale et l’expertise neutre à sollicitée nous seront témoins et juges et surtout une garantie certaine pour l’avenir.


Le patriote révolté

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