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Médias. Interview/Adjimaël Halidi, directeur de publication de Repères : » Notre magazine souhaite peser dans les débats autour des grands enjeux des politiques publiques nationales et internationales »

 

Le paysage médiatique comorien s’est enrichi par le lancement, au mois d’octobre dernier,  d’un magazine semestriel qui ambitionne de devenir la vitrine de l’expertise comorienne. Repères, son nom, est un « think tank magazine qui cible les décideurs politiques, les partenaires au développement, les cadres et les leaders d’opinions en vue d’influencer les politiques publiques en proposant un savoir et un savoir faire utiles pour le pays », nous explique Adjimaël HALIDI,  le directeur de publication. Ce jeune sociologue, et analyste  en politiques publiques, auteur du livre « Délinquance et immigration : un lien avéré ? » paru aux éditions de l’Harmattan et nominé aux prix de l’écrit social  2017 dévoile ici son projet et ses ambitions. Entretien.

 

Au mois d’octobre dernier,  vous avez  publié le numéro zéro du magazine Repères, un semestriel de 16 pages entièrement écrit par des experts comoriens. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre magazine et ses ambitions ?

Adjimaël Halidi : Le choix, la conception et l’analyse des politiques publiques engagent le plus grand nombre.  Ils ne doivent pas être laissés uniquement aux mains des élites politiques. Aussi, Repères réunit des experts et des praticiens de différents domaines, présents sur le territoire national et dans la diaspora. Nous osons espérer que cette collaboration nous permettra de peser dans les débats autour des grands enjeux des politiques publiques nationales et internationales. Dans cette perspective, on peut ainsi définir Repères comme un think tank magazine, axé bien entendu sur l’expertise comorienne. Et comme tout think tank, il a pour objet de produire de la connaissance dans les domaines en lien avec les politiques publiques.  Repères ambitionne d’éclairer, d’influencer et d’accompagner les acteurs sociaux, les décideurs politiques et les partenaires au développement dans le difficile chantier de l’émergence de notre pays.  

D’où vous est venu l’idée de lancer un tel magazine ?

 

 

AH : Produire de la connaissance demeure  stratégique dans la           construction du bien-être et du vivre ensemble. L’idée de créer un lien social entre les acteurs sociaux et les acteurs publics, de rendre visible les problèmes sociaux et proposer des solutions d’ordre politique, social et économique, quoique celles-ci soient embryonnaires, constitue un levier de développement. Mon expérience en tant que sociologue et analyste en politiques publiques a toujours conforté cette conviction. Repères représente l’aboutissement de cet état d’esprit.

Quel est  donc le cœur de cible de votre magazine ?

AH : Repères s’articule autour de la revue et du magazine. Revue parce que les lecteurs qualifient les articles de sérieux, au point de vue du fond, proche en partie de celui des articles de revues universitaires. Magazine parce que les articles, au demeurant de vulgarisation, sont à la portée du plus grand nombre. Les retours de nos lecteurs font montre d’une lecture de Repères non seulement aisée, mais instructive en tous points. Aux Comores, nos lecteurs sont divers.Ils appartiennent à toutes les couches sociales et à tous les âges. Repères est par ailleurs disponible en ligne, sur le site des éditions de L’Harmattan. La diffusion à l’international par cette dernière démontre l’intérêt international de notre revue/magazine.

Le numéro zéro est entièrement consacré à l’insécurité alimentaire, quels sont les enjeux à ce sujet  pour notre pays?

AH : Les enjeux sont multiples. Carla sécurité alimentaire renferme une dimension multisectorielle. Qui touche intimement le développement durable. Par ailleurs, la sécurité alimentaire ne se limite pas qu’à la disponibilité des aliments, leur accès, leur qualité et leur quantité, en calorie par exemple, sont aussi nécessaires. Pour revenir à la dimension multisectorielle de la sécurité alimentaire, celle-ci concerne le développement lié au secteur agricole, notamment la production alimentaire et les travailleurs qui vivent de la terre. Elle touche également l’agroalimentaire, lié au fait que le surplus agricole peut être transformé par l’agro-industrie, ce qui favorise l’intégration économique. Ce même surplus agricole peut servir l’exportation. Ce qui donne la possibilité de réduire l’importation et d’équilibrer la balance commerciale. En définitive, la sécurité alimentaire a des effets multiplicateurs, liés au développement inclusif, à l’emploi, à la satisfaction prioritaire des besoins alimentaires, aux équilibres macroéconomiques, notamment en matière d’échanges commerciaux, tant ceux relevant du marché intérieur que ceux liés aux marchés internationaux. En résumé, la sécurité alimentaire a des effets bénéfiques sur plusieurs secteurs, par exemple ceux de la santé, de l’éducation et de l’emploi : grâce à la sécurité alimentaire, les populations sont bien portantes, ce qui réduit les factures/coûts des soins de santé et par extension, il y a moins d’absentéisme à l’école et au travail. Par le biais du premier numéro, Repères a voulu jouer un rôle dans la visibilisation des problèmes prioritaires de politique et de santé publiques, subséquents de l’insécurité alimentaire dans notre pays et à l’international.

Quelle  est la thématique qui sera abordée dans le prochain numéro ?

AH : La parution du prochain numéro de Repères est prévuepour mars 2018. Elle portera sur l’éducation et la protection des enfants aux Comores. La situation des enfants aux Comores est alarmante. Étrangement, cette situation ne semble susciter aucune réaction d’envergure de la part des autorités politiques. Pour ce numéro, nous avons mobilisé les meilleurs spécialistes/praticiens du secteur de l’enfance (pédiatre, ophtalmologue, pédopsychiatre, anthropologue, travailleur social, policier, encadreur pédagogique, etc.) Ces derniers ont réfléchi, redéfini et analysé, en somme, apporté un regard global susceptible de susciter des réponses globales, adaptables et adaptées aux diverses difficultés auxquelles font face nos enfants.

Bientôt, un deuxième numéro sera en kiosque, six mois après le premier numéro, avez-vous senti qu’il y a un lectorat pour ce genre de magazine, autrement dit comment le magazine a été accueilli ?

AH : Le premier numéro a été un essai. Il a donc permis de prospecter et de revoir notre stratégie d’édition et de diffusion. Concrètement,  le premier numéro a été bien accueilli comme il a été mentionné plus haut. Preuve qu’un lectorat existe bel et bien. Et cela, autant au niveau des décideurs politiques, de la société civile que des partenaires au développement.

Propos recueillis par Faïssoili Abdou 

 

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