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Mémoires et commémorations : enfin les Comores sous le Grand Arc de Triomphe à Paris

Alors que la société française s’agite aujourd’hui sur les questions liées à son Histoire en relation avec l’extérieur (esclavage, colonialisme, immigration), une loi du 21 mai 2001 reconnait la traite négrière et l’esclavage comme « crimes contre l’humanité ». De nombreux intellectuels et historiens s’en sont insurgés, jugeant l’Etat de lâcheté car, pour eux il cède au communautarisme. Pour ces intellectuels, les défendeurs de la cause mémorielle le font pour des intérêts particulièrement communautaristes contre l’intérêt général, et qu’ils imposent, en quelque sorte une façon d’écrire l’Histoire. De ce débat, surgira (pour ne pas dire « naitra ») un vocabulaire particulier « repentance » autour duquel les discussions s’orientent davantage.

La raison a tout remporté sur la passion

Faut-il demander « pardon » à l’Histoire, aux descendants de la traite et de l’esclavage ? En ouvrant cette page de l’Histoire, n’est-on pas en train d’en ouvrir d’autres portes aux peuples ayant connu la colonisation ? Bref, selon les adversaires de cette loi du 10 mai, la France n’a pas à s’immiscer dans cette logique, au risque de voir d’autres ères se soulever au nom de la mémoire. Sans pour autant donner raison aux s des questions sur le devoir de mémoires, l’année 2005 (loi controversée sur les éléments positifs de la colonisation) ramène les controverses autour de l’Histoire coloniale et de ce qu’on en a hérité. Des polémiques sur l’identité nationale française envahissent les lieux publics donnant accès à d’autres questions qui agitent depuis la société française : l’intégration, l’islam de France, le communautarisme…Les médias s’en saisissent, chercheurs et politiques s’en mêlent. Si on en est là aujourd’hui, faut-il le rappeler, c’est grâce à l’implication d’historiens, d’intellectuels de tout bord, d’associations défendeurs du devoir de mémoires et de droit de l’homme. La raison a tout remporté sur la passion. C’est dans ce contexte connu que les Comoriens s’invitent aujourd’hui 27 mai 2015 à la Place de l’étoile à Paris, à l’appel de l’association Amical pour la Mémoire des Tirailleurs Comoriens.

Vers une solide organisation de la société civile comorienne

On ne peut que saluer cette très belle initiative qui, comme nous l’avons démontré n’est pas singulière dans cette Histoire de France qu’elle assume. Il faut savoir que la France est le seul pays aujourd’hui à reconnaitre des « crimes contre l’humanités » causés par la traite et l’esclavage alors que les puissances d’Europe entière ont d’une manière et d’une autre participé à ces pratiques. C’est pour dire que le sentier nous a été bel bien défriché, préparé par l’implication d’autres mouvements associatifs, de chercheurs et intellectuels de tout bord ayant fait face à la résistance médiatique, culturelle, politique, intellectuelle de certains. L’Amical pour la Mémoire des Tirailleurs Comoriens montre bien l’exemple à suivre et sur lequel peuvent reposer nos espoirs quant à l’organisation de l’action associative comorienne pour être à la hauteur des enjeux actuels.

Maintenant, il faut se rapprocher à cette association AMTC dans l’objectif de renforcer son action globale pour que de tels événements soient de gros succès. On peut quand-même regretter que la communication n’ait pas été élargie depuis bien longtemps pour permettre à tous les Comoriens, de Paris, de Marseille, de Lyon, de Bordeaux… puissent s’organiser et participer massivement à cette commémoration. Espérons le succès de cette journée et en tirer le maximum d’enseignements pour l’avenir.

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