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Meurtre à d’un présumé tueur Anjouan: un acte horrible

Ici, le corps du présumé tueur traîné par la foule.
Ici, le corps du présumé tueur traîné par la foule.

Par Faïssoili Abdou

Horrible. Les images font froid au dos. Depuis 48 heures la ville de Mutsamudu à Anjouan vit dans la terreur.  Tout a commencé ce dimanche soir lorsque la ville apprend avec effarement la mort violente d’une femme d’une quarantaine d’années. La victime, Nema Ahmed Abdou, la quarantaine et mère de cinq enfant aurait été violée et assassinée. Rapidement la machine s’est mise en branle et  les enquêteurs n’ont pas tardé à  mettre la main sur le présumé tueur. Mohamed Abdou alias Branda, le meurtrier, est un ancien policier présenté comme étant un déséquilibré mental. L’homme qui aurait été suivi à l’hôpital régional de Hombo serait à son deuxième homicide. Cette terrible affaire a remis sur le tapis la question sur le traitement des malades mentaux dans cet archipel sans asile psychiatrique. Où on voit des fous circuler en toute quiétude dans les rues s’ils ne sont pas enfermés dans des caves par leurs familles.

Ce mardi, alors que ce présumé tueur était déféré au tribunal  une foule en furie réclamant sa tête s’est rapidement agglutinée au palais de justice alors que d’autres ont barricadés les rues adjacentes. Rappelons qu’il y a à peine quelques semaines une petite fille a été enlevée à Mutsamudu. Son corps sera découvert trois jours après. L’enquête sur cette affaire est en cours. Cette première affaire expliquerait en partie le fait que les habitants de ce chef lieu de l’île d’Anjouan soient ainsi remontés contre ce genre d’actes.

Débordés par la tension qui allait crescendo (le palais de justice a été vandalisé, des voitures brulées), les autorités judiciaires et la gendarmerie ont finit par céder à la pression. Et ce qui devait arriver, arriva… Le présumé tueur a été lynché par cette foule enragée et son corps démembré et trainé dans les rues de Mutsamudu. Des scènes atroces qui ont été unanimement condamnées. Des images insupportables sur lesquelles on aperçoit cette dépouille déchiquetée circulent sur les réseaux sociaux.

Cet acte traduit à la fois l’état d’esprit d’une population qui n’accorde aucun crédit à sa justice. Celle-ci est régulièrement accusée d’être corrompue jusqu’à la moelle. Il démontre aussi une absence criante de l’autorité étatique. Sinon, comment cette  foule aurait pu commettre un tel acte sans le laisser aller des autorités publiques? En deuxième lieu, on est en droit de se demander comment les autorités judiciaires ont sciemment décidé d’exposer  ainsi ce présumé tueur et le délivrer à la vindicte populaire ? Le ministère de la justice et celui de l’intérieur doivent faire rapidement toute la lumière sur cette affaire sous peine de se voir accusés de laxisme et de perdre tout crédit.

C’est connu depuis des lustres « le Q1 d’une foule est égal  à celui du membre ayant le Q1 le plus bas, divisé par le nombre de personnes ». Ce qui vient de se passer ce jour à Mutsamudu en est une preuve manifeste.

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