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Mohamed Ali : mort d’une grande icône

Né le 17 janvier 1942, aux USA (Louisville dans l’État de Kentuky),  Mohamed Ali avait déjà porté un nom de naissance autre que le dernier l’accompagnant aujourd’hui à la tombe Cacius Marcellus Clay. En 1964, il décide de changer de nom après avoir rejoint le groupe musulman américain la NoI (Nation of Islam), une organisation politico-religieuse américaine composée de l’ensemble des mouvements musulmans actuels sur le territoire américain. La Nation de l’Islam est fondée par Wallace Fard Muhammad considéré comme le « Mahdi » (le guide, le messie) que les musulmans américains a longtemps attendu. Son idéologie faisait état de mélange de nationalisme afro-américain et religion. Certains vont même jusqu’à la considérer comme une secte. De grands comme Malcolm X l’ont rejointe avant de s’en séparer après restant toujours musulmans jusqu’à la mort. C’est le cas de Malcolm X qui, en 1964, après son voyage à la Mecque décide de rompre avec le mouvement qu’il considère de raciste. Mais en 1975, l’organisation se transforme en mouvement sunnite peu après la mort d’Elijah Muhammad, lui qui avait succédé à Wallace. C’est là le point de départ de la conversion en islam sunnite de Mohamed Ali.

Avant tout, un grand boxeur

L’Histoire aura retenue nécessairement le ring et le combat de Miami de février 1964. Jusqu’au 25 février 1964, l’homme qui dominait la boxe s’appelait Sonny Liston. Les spectateurs se pressaient de voir l’adversaire du champion se terrasser en éclipse de temps. Sauf que ce jour-là, le tenant du titre aura en face de lui toute une autre figure inconnue prête à rentrer dans l’Histoire de la boxe. Cet homme-là, jusqu’à là  s’appela Cacius Clay. Ses combats comme celui avec Liston étaient toujours marqués par la rapidité et la faculté de résistance d’un homme capable d’encaisser tant pour rebondir puissamment après. Les spécialistes défient tout le monde aujourd’hui que Mohamed Ali n’a jamais visé le corps de son adversaire mais plutôt la tête de celui-ci. Si l’on nous demande de citer quelques termes techniques et sportifs qualifiant le boxeur, ce serait de cet ordre : son jab (le direct du bras avant), son « phantom punch » que lui-même appelait « anchor punch »

En dehors du ring, l’homme en est une autre icône

Que peut-on dire concernant Mohamed Ali, quelque chose qui dépasse la boxe ? – Cette question renvoie à une autre dimension de l’homme en question, ses positions personnelles face à la vie comme sa conversion à l’islam et l’écho que cela a pris dans le monde entier. Mais d’autres épisodes l’ont propulsé dans ses déboires et succès phénoménaux ayant fait de lui une autre figure incontournable admirative dans le monde : en refusant de servir dans l’armée américaine en 1966 alors en pleine guerre au Viêt Nam, Ali défie l’autorité de l’État et sera considéré comme « objecteur de conscience » par la loi. Les conséquences lui seront très néfastes car cette décision lui coûtera sa licence de boxeur et le retrait de son titre pendant quatre années. – Mais pourquoi a-t-t-il désobéi ? – Pour lui, « Aucun Viêt-cong ne m’a jamais traité de sale nègre » (c’est ce que l’on entend d’ailleurs dans son film hommage avec Will Smith). En 1967, le boxeur refuse donc  l’incorporation dans un centre de recrutement et se voit traîné en justice et sera condamné à une amande de 10 milles dollars et cinq ans d’emprisonnement.  La Cour suprême résout son affaire en 1971, ce qui lui donnera une bouffée d’oxygène financière.

Mohamed Ali est mort ce vendredi 3 juin 2016 en Arizona (à Scottsdale) à l’âge de 74 ans. Allah Yarhumhu.

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