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Mohamed Ali Saïd abandonne le mort avant le cimetière

Mohamed Ali Saïd abandonne le mort avant le cimetière

Il quitte Bianrifi Tarmindhi en rase campagne et rallie Maman

Par ARM

     Le Vice-président Fouad Mohadji est connu pour son sens de la formule qui tue. Un jour, alors qu’il était «de bonne humeur», il avait lâché devant les caméras et les micros que «Mohamed Ali Saïd est incapable de s’entendre même avec les vêtements qu’il porte». La formule assassine a fait mouche depuis, et il ne s’est trouvé personne pour dire que son auteur s’était trompé. Son auteur ne pouvait se tromper parce que durant sa pittoresque et catastrophique carrière politique, le Gouverneur finissant Mohamed Ali Saïd s’est montré incapable d’entretenir dans le long terme la moindre relation politique. Allié «historique» du Président Ikililou Dhoinine, il finira par rompre avec lui, tout en lui donnant du «mon ami et frère Ikililou Dhoinine» pendant qu’il critiquait vertement la candidature de son épouse au Gouvernorat de Mohéli. Après avoir été particulièrement odieux avec le Vice-président Fouad Mohadji, il fera tout pour en faire un allié contre le couple présidentiel. Allié de longue date de l’ambitieux Achiraf Ben Cheikh, il finira par le renvoyer le jour où l’homme de Fomboni, longtemps son emblématique ministre de l’Intérieur, avait dit à haute voix vouloir être candidat à l’élection du Gouverneur de Mohéli en 2016. Avec Mohamed Saïd Fazul, il est à «je t’aime, moi non plus» depuis des lustres, luttant contre lui, se réconciliant temporairement avec lui à l’occasion, et rompant spectaculairement tout le temps avec lui, finissant par devenir son ennemi intime. Entre lui et Ahmed Sambi, les coups bas et les compromissions n’ont pas manqué, le Mohélien demandant à l’Anjouanais de l’aider à redevenir Gouverneur en 2010 contre la promesse de laisser l’Anjouanais rester au pouvoir au-delà du 26 mai 2010, ce marché des dupes finissant dans le désordre quand l’Anjouanais signala au Mohélien que c’était l’électorat de Mohéli qui était capable de choisir le Gouverneur de son île. Plus truculent encore, ces dernières semaines, les Comoriens avaient surpris Mohamed Ali Saïd en train de faire la bise au boxeur-catcheur Mouigni Baraka Saïd Soilihi sur les deux joues, l’enfant de Ntsoudjini rêvant à l’époque de soutenir la candidature gubernatoriale de son incommode homologue – incommode comme lui, du reste. Mais, bon, les fiançailles politiques entre les deux sémillants garçons ne sont pas allées jusqu’à la lune de miel.

     D’ailleurs, une question se pose avec insistance: avec qui Mohamed Ali Saïd n’a pas rompu politiquement de manière abrupte et spectaculaire, lui qui a choisi la compagnie de la solitude politique, lui qui s’est spécialisé dans le nettoyage par le vide?

     Comme on sait, alors qu’il avait des doutes sur la validité et la validation de sa candidature à un troisième mandat au Gouvernorat de Mohéli, il avait plus ou moins discrètement préparé son «compatriote villageois» Bianrifi Tarmindi à une candidature de rechange, comme cela est à la mode dans les milieux politiques les plus polémiques des Comores. Ce qu’a accepté l’ancien Premier ministre, désireux de mettre fin à une traversée du désert qui a tout détruit à son passage. Et quand, finalement, El Amine Ali Mbaraka dit AboulKhaïr, dit Embargo, dit encore «le Président de la Rue publique», son adversaire le plus déterminé et le plus actif, arriva à faire invalider sa troisième candidature, il fut tellement désemparé qu’il ne savait pas quoi faire. Ses options de rechange furent dédaigneusement rejetées les unes après les autres par ses partisans.

     C’est ainsi que, le mardi 5 janvier 2016, il était écrit sur ce site que, «et puis, le dimanche 3 janvier 2016, le Gouverneur était devant le dernier carré de ses “fidèles” et avait demandé à ces derniers de soutenir la candidature de Bianrifi Tarmindhi, de Nioumachioi comme lui. Mais, les “fidèles” ont dit vouloir retourner à leur case d’origine, chez Mohamed Saïd Fazul, qui n’a dit à personne qu’il était fâché et triste de voir ce qui arrive à son ennemi préféré. […]. La réunion tenue le lundi 4 janvier 2016 par Mohamed Ali Saïd et ses partisans s’est terminée en queue de poisson, mais tout le monde sait que pour préserver ses intérêts personnels, le Gouverneur sortant se ralliera à la candidature de la Première Dame, qu’elle ne ménageait pourtant pas ces derniers temps». Eh bien! À l’heure qu’il est, ce cher et très cher Gouverneur Mohamed Ali Saïd a abandonné le mort avant de le faire arriver au cimetière et de l’enterrer religieusement: il a abandonné Bianrifi Tarmindhi en rase campagne, alors qu’il le sait sans le sou et dans l’incapacité de mener une campagne électorale contre une fourmi changeant de sexe dans un poulailler de Ha-Ndramavou. La question qui se pose alors est celle de savoir pourquoi cette goujaterie de plus de la part d’un homme durablement abonné aux mauvaises manières? La réponse est bien simple: le charmant garçon est passé avec armes et bagages chez la Première Dame dite Maman! Exactement comme cela était annoncé sur ce site le mardi 5 janvier 2016. C’est la stricte vérité…

     Il paraît que depuis qu’il a appris la nouvelle, le candidat Mohamed Saïd Fazul n’a pas cessé de ricaner méchamment et sadiquement et de dauber sur son ennemi historique. Il faut dire que la nouvelle a produit l’effet d’une bombe thermonucléaire à Nioumachioi, où on en veut mortellement à l’indélicat Gouverneur, le champion toutes catégories des ruptures politiques intempestives et abracadabrantesques. Du coup, les ennemis du Gouverneur finissant, pour l’abattre définitivement et en faire un homme reniant tout principe, rient sous cape avant de dire qu’«il a reçu une somme importante du pouvoir politique actuel». La chose semble tout de même invraisemblable parce que le dictateur de Bonovo a tellement peur pour ses dizaines de villas et commerces à la licéité entièrement douteuse qu’il serait prêt à payer une fortune pour qu’on ne lui prenne pas demain ses nombreux biens mal acquis. Il est aux abois et serait prêt à donner son bras droit pour qu’on le laisse en paix au lendemain du 23 mai 2016 dans sa «villa de retraite», sur le front de mer de Fomboni. Pour autant, à Nioumachioi, on ne fait pas dans la dentelle et on n’entre pas dans des considérations alambiquées et ampoulées: on veut la peau de l’indigne enfant de la ville qui a abandonné un cousin pour assurer ses propres arrières à lui. Horrible! Définitivement horrible!

     En même temps, il faut prendre tout ça avec componction parce qu’il s’agit de politique, parce qu’il s’agit de politique à Mohéli et parce qu’il s’agit de politique à Mohéli avec pour principal protaginiste le déroutant et insaisissable Mohamed Ali Saïd, connu pour être politiquement plus glissant qu’une anguille, une expression chère à Mohamed Saïd Fazul, quand il veut parler du «bien» de ses ennemis politiques. Plus concrètement, l’irascible Mohamed Ali Saïd est capable de soutenir clandestinement son «compatriote villageois» tout allant raconter des salades à Maman. C’est un phénomène très courant sur le marigot politique de Mohéli, où les alliances politiques ne valent strictement rien, compte tenu de la versatilité de la plupart des politiciens de l’île. Mohamed Ali Saïd sait que Bianrifi Tarmindhi est sans le sou et que, sans son soutien financier, ce dernier peut d’ores et déjà fermer boutique. Cette situation va signer définitivement la fin de la carrière politique de Mohamed Ali Saïd parce qu’à Nioumachioi, où les gens ont la mémoire très longue et la rancune tenace, on ne lui pardonnera jamais cette «trahison» de trop.

     Ces derniers temps, des comptes d’apothicaire, comme on en fait tant aux Comores en période électorale, plaçaient Bianrifi Tarmindhi dans la catégorie des 4 candidats favoris, lui qui interdit aux autres candidats de faire des meetings à Nioumachioi, ville qu’il considère comme son bien personnel. Dans les états-majors politiques, il se murmurait, se susurrait, se chuchotait et se disait sous le manteau que «Bianrifi Tarmindhi montait dans “les sondages”». Cependant, la rebuffade du dictateur de Bonovo a tout bouleversé. Tout. Autrement dit, le ralliement de Mohamed Ali Saïd à la candidature de Maman bouleverse toute la donne politique à Mohéli. Rien ne tient la route sur l’île, où les alliances politiques et les «unions personnelles» ne valent strictement rien, les acteurs politiques mohéliens rivalisant d’ingéniosité en matière de roublardise, de double langage et de duplicité. Bon courage, Messieurs. Bon courage…

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 8 février 2016.

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