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Mohamed Ali Soilih Mamadou, désavoué dans les sondages et par l’opinion publique

L’observatoire des Comores a  réalisé  quelques sondages  en ligne sur lesquelles je voudrais revenir pour dégager trois analyses sur cette étude d’intention de vote.

La première, les Comoriens ont pris de la distance avec la politique. Il y a une réelle désaffection des citoyens comoriens visa à vis de la chose politique. Ce désamour s’explique par le taux élevé de l’abstention (28 %  se sont abstenu de se prononcer). Certains n’ont pas tout à fait répondu à la question (37%). Ce dernier phénomène peut s’expliquer soit par une indifférence de la question politique, soit par un défaut de compétence technique (ils n’ont pas tout à fait compris la question posée), soit par un défaut de compétence matérielle (la connexion était très faible, le support utilisé n’était pas adapté – Smartphone trop petit ou inadapté,  navigateur obsolète par exemple). En somme,  le grand parti des Comores c’est l’abstention.

Deuxième analyse, l’ascension remarquable du candidat potentiel du parti de la Convention pour le Renouveau des Comores. Cette montée en puissance de l’ancien président Azali Assoumani dans les sondages (17,51 % des sondés ont exprimé l’intention de voter pour lui) regorge plusieurs facteurs explicatifs. Azali Assoumani est celui qui est longtemps sur le terrain.  Depuis son retrait du pouvoir, il est resté au pays, en contact permanent avec les Comoriens. Le lien entre lui et le peuple n’a pas été rompu. Proche des gens, c’est un homme extrêmement accessible et sociable qui a développé une aisance relationnelle. Il participe avec les petits gens dans les cérémonies de mariage. Dans les moments difficiles, il est présent. C’est celui qui n’hésite pas de composer un numéro de téléphone pour présenter ses félicitations ou ses condoléances selon le cas à un de ses amis ou anonymes. Son répertoire de relations personnelles est hétéroclite et diversifié. On compte parmi son entourage des ouvriers, des employés, des étudiants, des cadres, des notables. C’est un homme de proximité. Deuxième facteur explicatif de cet engouement pour l’ancien président est  d’ordre politique. Son parti recrute une armée des militants disponibles et profondément engagés par conviction. Il mobilise son électorat sur le terrain depuis de lustres. Dans des cadres de conférence, des séminaires, des émissions médiatiques, les adhésions s’accentuent. Le leader du renouveau est le premier à bénéficier de ralliement des comités de soutien formés à l’extérieur du pays, au Sénégal, au Maroc, à Madagascar, en France. Son appareil politique a mis à disposition des outils relativement modernes. Un site internet mis à jour, une page Facebook très active, et un groupe de militants très motivés, un compte d’Instagram ouvert, sans compter sa plateforme Youtube. Tous ces outils modernes créant de la dynamique au sein des volontaires et génèrent de la motivation militante. La CRC a renoué avec ses militants et sympathisants, et a  fait un remodelage de son fonctionnement, communique avec la base et rend disponible les informations le concernant. Des hauts cadres du parti, notamment Mohamed Chatur Al Badaoui, Dr Maoulana Charif, Fouad Goulam, Dr Younoussa Ben Imani  se sont déplacés plusieurs fois à la rencontre des militants de France pour échanger au sujet du projet et de l’actualité du parti. C’est un atout considérable. Autre élément explicatif, c’est le bilan qui est positivement défendu par son électorat. Azali Assoumani, c’est l’homme de l’université et de la réconciliation nationale. C’est aussi l’homme du renouvellement des élites, doté à la fois d’une autorité capable de se servir de la main gauche, celle de politique sociale, de la création d’emploi, et de la main droite, celle de mettre de la voix et de l’autorité dans la république. Pour les jeunes, c’est l’homme doté d’un goût prononcé pour la culture.  Grand lecteur au goût culturel éclectique, il a inventé le Prix Gombessa  pour promouvoir la culture et le prix de mathématique pour encourager les séries scientifiques. C’est aussi l’homme grâce auquel les Comores sont admises à la FIFA en dotant notre pays d’infrastructures sportives modernes. Autant de facteurs qui contribuent à élargir ses réserves électorales surtout chez les jeunes universitaires qui voient  en lui l’homme de culture méritocratique. Azali Assoumani, c’est aussi l’homme qui est entouré par des journalistes, des juristes, des économistes, des historiens, des statisticiens, des médecins, des diplomates, des fonctionnaires, et d’une grande partie de l’intelligentsia comorienne qui  le considère comme le moins mauvais, et comme le candidat  le plus crédible et le plus sérieux. Voilà ce qui explique cet engouement.

Troisième enseignement, c’est la désaffection qui frappe deux ténors du pouvoir. Le premier Mohamed Ali Soilihi Mamadou, qui peine à recueillir 4,12 % et Mouigni Baraka devancé par des petits candidats comme le Général Salimou. Cette érosion peut se lire comme  une sanction contre les hommes du pouvoir. Une sanction lié au malaise social caractérisé par les arrières de salaire, la dégradation des infrastructures, le délestage répété, le manque d’innovation. C’est surtout une sanction contre Mohamed Ali Soilihi, l’actuel et eternel ministre des finances. Mamadou c’est l’homme de  l’Affaire Boule Ming qui a signé un contrat de dix ans d’exploration suivie d’une période de trente-cinq ans d’exploitation sans que le gouvernement comorien n’ait d’aucun droit juridique ou financier sur les données des explorations faites par cette société. C’est aussi l’homme de l’Affaire Colas qui a chassé une société turque spécialisée à la réfection de routes dont le travail a été salué par toute la population pour imposer une autre société Colas. C’est aussi l’homme de l’Affaire Lafarge une société qui devait créer une usine de ciments, mais au lieu de ce fait, a contourné le contrat pour importer et vendre en concurrençant illégalement les grossistes comoriens. Mamadou c’est également l’homme de l’Affaire de Handouli qui a signé un contrat de fortage et d’exploitation des cailloux  exportés en Mozambique dont le droit de résilier est donné exclusivement à Colas. Même en cas de mauvaise exécution du contrat, l’État comorien ni la région de Handouli ne peuvent pas annuler le contrat.

En somme, les Comoriens  et a fortiori les esprits libres ne pardonnent pas à ce vieillard de 80 ans dont le nom est toujours cité dans plusieurs affaires de corruption défrayant les chroniques. De l’affaire Boule-Mining à l’affaire COLAS, en passant par l’affaire Handouli et l’affaire-Lafarge, à chaque fois, le procédé est identique : corruption organisée,  falsification de signatures, pot de vin, favoritisme, concurrence déloyale etc. Le mode opératoire est toujours le même : Mamadou  signe un contrat qu’il ne devrait pas signer ou sans  en avoir lu le contenu, et s’intéresse au pot de vin tout exposant les Comores dans un désastre économique et financier.  C’est contre ce dinosaure (il est aux affaires depuis l’époque Abdallah) sans charisme (La jeunesse Mamadou le décrit comme étant sans habileté oratoire), sans constance politique (il est passé à tous les gouvernements et toujours pour la plupart dans des portefeuilles liée au fonds financier, c’est son talon d’Achille, et c’est ce qui montre  qu’il n’est pas une valeur sûre en termes de relation de politique), et sans  attache avec l’Histoire, (les institutions  CEFADER où il a fait ses débuts de sa carrière ont disparu de la mémoire institutionnelle) que le peuple  comorien et les esprit libres  se dressent  pour le désavouer afin de l’envoyer au cimetière politique.

 

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