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Mohamed Larif Oucacha tance les jeunes de Djoiezi

Mohamed Larif Oucacha tance les jeunes de Djoiezi

Accusation de mépris envers les valeurs communautaires et sociales

Par ARM

  On ne présente plus Mohamed Larif Oucacha. Entré très tôt et avec fracas en politique, celui qui a été présenté par un auteur comorien comme un «Daniel Cohn-Bendit tropical» est connu dans le sérail politique comorien comme le loup blanc, depuis la période où il haranguait les masses populaires au Lycée de Moroni en 1979, période de troubles et de grèves scolaires, avec en toile de fond le mercenariat, le monolithisme politique et la clandestinité de toute action militante. À l’époque, face à ses compagnons de lutte, il pouvait dire aux mercenaires de Robert «Bob» Denard venus l’arrêter au dortoir du Lycée: «Surtout, évitez de me toucher. Maintenant que vous avez compris cela, nous pouvons aller où vous voulez qu’on aille». Depuis, il n’a jamais quitté la scène politique nationale, passant par des ministères, au Cabinet de trois Présidents de la République, à l’Assemblée de l’Union des Comores et au Commissariat général au Plan. Depuis son départ de Beït-Salam en 2014, pour le chercher, il faut aller du côté de Djoiezi, où il vient de célébrer avec faste son grand mariage en présence de Comoriens venus de tous les horizons sociaux, politiques et géographiques des Comores. À Djoiezi, l’homme est très actif, plus actif que quand il était à Moroni, enchaînant les rencontres à caractère politique, glissant sans tomber sur les peaux de banane jetées par ses propres «frères», en tout cas, maintenant un rythme de travail pour le moins insupportable pour le commun des mortels. Pourtant, nonobstant ses activités politiques, il a revêtu ses habits traditionnels de grand frère et d’oncle pour essayer de créer les conditions de l’harmonie sociale et communautaire à Djoiezi. Là où la politique divise, il essaie de réunir et réunifier sur la base des valeurs sociales et communautaires. Il y a un mariage à Djoiezi? C’est lui qui soulève les marmites de riz et de viande, faisant tout pour inspirer le bon exemple à des jeunes généralement indifférents. Sur la place publique de Djoiezi rognée par les habitations environnantes au point d’être devenue méconnaissable, c’est lui qui interpelle les jeunes par un coup de sang face à leur négligence manifeste face aux valeurs d’unité et de respect.

  En effet, Mohamed Larif Oucacha est très remonté contre les jeunes de Djoiezi, et l’a dit haut et fort ce vendredi 23 octobre 2015 lors du «Rambou», la cérémonie plusieurs fois séculaire de lancement du grand mariage à Mohéli. Son discours avait le tranchant du rasoir et du laser: «Les jeunes de Djoiezi se désintéressent des valeurs sociales et communautaires. Ils restent chez eux les jours de cérémonies traditionnelles et veulent que leurs pères et leurs ancêtres encore vivants agissent à leur place. Et comme parmi les personnes présentes aujourd’hui, il y a un blogueur dont le média est très suivi par ces jeunes de Djoiezi, je souhaite que cela soit dit sur ce média afin que chacun puisse reconnaître ses torts et assumer ses responsabilités. Quand il y a un mariage, on ne voit plus les jeunes de Djoiezi. Ils sont ailleurs. Nous avons aujourd’hui parmi nous un de nos frères vivant de France et qui a accepté de porter la tenue traditionnelle, parce qu’il reconnaît le sens des valeurs sociales et communautaires qui nous unissent sur le plan humain. Pourquoi donc ceux qui vivent toute l’année ici fuient leurs responsabilités envers la seule société qu’ils ont? Allez à Fomboni un jour de mariage, et vous verrez tous les jeunes se lever comme un seul homme et prendre part à toutes les cérémonies, avec fierté. Ici, à Djoiezi, on ne voit les jeunes que lors du Taarab, et encore. Mais, qui doit prendre part au Madjliss, au Diridji et aux autres cérémonies? Nous avons un grave problème communautaire et si ça continue, c’est notre identité de Djoieziens que nous allons perdre définitivement, alors que nous nous vantons toujours de certains mérites, et souvent d’être respectueux des valeurs traditionnelles. Comment pouvons-nous continuer à nous parer de toutes les vertus du monde alors que nous ne respectons même pas ce qui doit faire notre fierté de Djoieziens? Nous avons commencé à transcender les barrières tribales et claniques, et c’est une bonne chose parce que nous devons vivre dans une société vraiment unifiée. Mais, comment allons-nous le faire si nous fuyons nos responsabilités communautaires et sociales? J’espère que chacun comprendra très rapidement que nous avons vraiment besoin de nous ressaisir, parce que, au train où vont les choses, j’ai peur. La négligence et le mépris des plus jeunes envers les valeurs communes me font peur. Aidez-moi à chasser cette peur, mais aidez-moi par des actes concrets de solidarité villageoise et de respect des valeurs sociales».

  Est-ce que Mohamed Larif Oucacha est ou sera entendu? Pour répondre à cette question, il faudra attendre l’organisation du prochain mariage à Djoiezi. En même temps, il faudra reconnaître que Djoiezi n’est plus Djoiezi. Tout est politisé, même les cérémonies de mariage. Quand on faisait encore de la politique, les Djoieziens se toléraient au-delà de leurs divergences politiques. À l’époque des Blancs et des Verts, époux et épouse du même couple pouvaient être d’obédiences politiques différentes, et cela ne provoquait pas d’inutiles scènes de ménage. Aujourd’hui, la chose se présente de façon différente. D’anciens amis ne se parlent plus, à cause de leurs appartenances politiques. Et puis, il y a ceux qui se reconnaissent dans la politique du Président Ikililou Dhoinine et ceux qui disent que «le chef de l’État aurait pu mieux faire, mais nous a oubliés». Mais, rétorque sèchement un proche collaborateur du Président de la République, «c’est quand cette présidence touchera à sa fin qu’ils vont cesser de maugréer et ronchonner, reconnaissant enfin qu’il s’agit d’affaires étatiques, que nous ne pouvons pas réduire les Comores à Djoiezi et que ce qui a été fait pour eux est tout à fait honorable et digne d’intérêt. Pour l’instant, les gens boudent, mais tout finira par rentrer dans l’ordre bientôt sous peu».

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 7 novembre 2015.

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