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Moinaécha Youssouf Djalali et Ahmed Sambi: télescopage

Moinaécha Youssouf Djalali et Ahmed Sambi: télescopage

Candidate réelle et candidat de paille à la Cour constitutionnelle

Par ARM

     «Un signe du destin», diront les uns. «Le fruit du hasard», diront les autres. Toujours est-il que ce mercredi 16 décembre 2015, vers midi et demi, Mme Moinaécha Youssouf Djalali, partie en bonne compagnie pour retirer son dossier de candidature à la Cour constitutionnelle, tomba nez à nez sur l’équipe d’Ahmed Sambi – scindée en deux petits groupes – dans l’enceinte de la Cour constitutionnelle. Il avait fallu afficher un sourire politico-commercial de circonstance, se serrer les mains, se saluer et échanger quelques amabilités et banalités, voire quelques plaisanteries de type «alors? Vous laissez tourner le moteur? Donc, vous avez déjà reçu les dotations en carburant pour la campagne électorale?». Le cœur y était-il ou fallait-il tout juste faire du cinéma? Difficile à dire, même si on sait ce qu’il en est en réalité. En tout état de cause, pendant que «La Présidente» échangeait des amabilités avec les accompagnateurs crypto-sambistes de leur chef, Ahmed Sambi, propriétaire exclusif du Parti Bidoche, était dans les locaux de la Cour constitutionnelle pour déposer son dossier de «candidature». D’ailleurs, il est le premier à l’avoir fait, sachant pertinemment qu’il s’agissait d’une démarche inutile et inopportune parce qu’entièrement anticonstitutionnelle. Mais, il n’est pas têtu et méprisant pour rien. Et pendant que Mme Moinaécha Youssouf Djalali était dans le bureau de retrait des candidatures, l’ancien dictateur faisait son cinéma de bazar au bureau du Président de la Cour constitutionnelle, où il s’était livré à une visite de courtoisie s’apparentant à une énième scène de pitrerie bouffonne. Après avoir amusé le tapis et la galerie, il se dirigea vers la cour de l’institution, où l’attendaient sagement ses hommes. Il y eut une nouvelle mise en scène tout à fait inutile, quand l’entêté de la République et ses hommes se livrèrent à la petite séance de la photo devant «immortaliser» le moment marquant le début de la fin. Il y eut également une nouvelle pitrerie, cette fois-ci entièrement puérile, quand l’ancien dictateur se mit à faire, sur un téléphone portable, une déclaration aux allures de provocation, une déclaration à l’utilité douteuse et à la licéité introuvable sur son impossible candidature au scrutin présidentiel de 2016.

     Dans les bureaux de la Cour constitutionnelle, certaines personnes ricanaient avec un sadisme à faire mourir de rire, un sadisme qu’elles ne cherchaient nullement à occulter tant toute la démarche de l’ancien dictateur révolte et énerve les Comoriens. Une personne présente ira de son petit commentaire assassin: «Tout ça fait rire, fait honte et relève du folklore juridique et politique. C’est du cinéma sur une chaîne de télévision pour bébés. Voilà un homme qui aime le spectacle et qui a dû se résoudre à déposer son dossier de candidature dans une discrétion qui ne lui est pas habituelle, une discrétion qui est celle de l’homme qui s’est lancé dans une initiative qui ne lui servira à rien. Savez-vous pourquoi? Je vais vous le dire. Ahmed Sambi, qui aurait souhaité être accompagné d’une ribambelle de gens scandant son nom et faisant de lui un Prophète comme à son habitude, après avoir reçu de lui des billets de 1.000 francs, a été d’une très grande discrétion et a déposé sa candidature dans des conditions proches de la clandestinité parce qu’il sait qu’il va essuyer un rejet cinglant et humiliant de ladite candidature. Il se contente donc du service minimum parce qu’il a tellement parlé à droite et à gauche qu’il ne pouvait pas ne pas déposer son dossier de candidature, un dossier dont le caractère bidon fait réfléchir et fait pitié. Cet homme sait exactement ce qui va lui arriver et est conscient de ce que sa candidature ne sera jamais recevable, mais la dépose quand même. C’est plus fort que lui, et il avance vers un désaveu qui aura des conséquences désastreuses sur sa carrière et ses ambitions politiques. Il y a une part de masochisme, une part d’autoflagellation et une bonne dose de désespoir dans sa démarche parce qu’il sait qu’il va être placé devant l’irrecevabilité de sa candidature et que cela va lui porter un coup fatal sur le plan politique. Mais, en homme désespéré qu’il est, du haut de la falaise politique, il se précipite quand même vers le vide politique et le ridicule. Il me semble que son affaire relève désormais de la psychanalyse et non de la politique et de la Science politique, comme cela a déjà été dit par certains. Comment un homme qui a déjà été Président de la République et qui n’a laissé derrière lui aucun bon souvenir peut-il continuer à se croire capable de diriger de nouveau le pays sans le soutien du peuple? Or, le peuple considère sa démarche comme du mépris envers toute la nation comorienne, parce que faisant comme si lui seul existe et que le peuple ne vaut rien. Au surplus, les élections de janvier et février 2015 ont largement prouvé qu’il est définitivement coupé de ceux qui l’avaient porté sur leurs épaules jusqu’à la Présidence de la République en 2006. Son réveil par le coup sur la tête que va lui asséner la Cour constitutionnelle sera très violent et, sur le plan politique, il n’y survivra jamais».

     Une autre personne abonda presque dans le même sens, affirmant: «L’ancien Président Ahmed Sambi s’empoisonne lui-même la vie, croyant empoisonner celle des Comoriens. En réalité, le bruit qu’il provoque autour de sa candidature, qu’il sait irrecevable, est destiné à couper l’herbe sous les pieds de ses prétendants à la Présidence, afin de favoriser la seule candidature de la seule personne de sa famille politique qu’il juge digne d’intérêt: son ami Bourhane Hamidou. Quand la sienne propre sera logiquement et constitutionnellement jetée aux orties pour d’évidentes raisons juridiques, liées à la raison d’être de la présidence tournante, en homme régnant en dictateur sur les siens, il réunira son petit monde pour demander un soutien total et définitif à la candidature de son ami Bourhane Hamidou, mais tout le monde ne suivra pas. Bourhane Hamidou ne fait pas l’unanimité au sein des siens. C’est un bel exercice d’hypocrisie à l’issue déjà connue puisque le copain Bourhane Hamidou est le choix personnel d’Ahmed Sambi, mais il s’agit d’un choix qui ne fait pas l’unanimité chez les sambistes. Je ne le dirai jamais assez. Chez ces gens-là, tout le monde ment à tout le monde, et chacun prétend dire la vérité à l’autre tout en se sachant dans une position de menteur».

     Quand Mme Moinaécha Youssouf Djalali a retiré son dossier de candidature, elle était la 41ème personne à l’avoir fait. Est-ce que la liste va s’arrêter enfin? Rien ne permet de faire des affirmations dans un sens ou dans un autre. Le lundi 21 décembre 2015, quelques secondes avant minuit, on assistera à la fin du cirque. Mais, à la Cour constitutionnelle, on craint un afflux massif de dernière minute, quand tous les candidats qui auront l’argent de leur caution se précipiteront vers la juridiction constitutionnelle pour le petit tour de piste rituel. Pour autant, la démarche qui sera entreprise par les uns et les autres ne sont pas de nature à empêcher la fébrilité et l’agitation dans les états-majors politiques, où on est déjà entré en campagne électorale.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Jeudi 17 décembre 2015.

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