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Mouigni Baraka et Azali Assoumani dans la tourmente

Mouigni Baraka et Azali Assoumani dans la tourmente

Les deux «présidentiables» ont fort à faire avec leurs prétendants

Par ARM

     Un garçon tout de même étrange, ce Mouigni Baraka Saïd Soilihi-là. Voilà un homme qui a réussi la gageure de trouver un motif de soulagement en cas de Berezina électorale en 2016, Berezina pourtant prévisible et annoncée, vu le caractère décevant, rachitique et rabougri de son bilan au Gouvernorat de la Grande-Comore. En effet, le Gouverneur Mouigni Baraka Saïd Soilihi ne pleurera pas au lendemain de sa défaite à l’élection présidentielle de 2016. Pourquoi donc? Parce que Dieu, dans Son immense Miséricorde, lui a déjà donné un mouchoir pour essuyer ses larmes électorales en 2016. C’est bizarre. Non, il n’y a rien de bizarre dans l’affaire puisque, comme «l’homme est l’archange Gabriel pour son prochain» (proverbe comorien), Dieu a placé Salim Tourqui, entreprenant Président de la Fédération comorienne de Football (FCC), sur la route de Mouigni Baraka Saïd Soilihi. Et, en homme qui sait vivre, Tourqui Salim a offert le n°17 du maillot de l’équipe nationale de football des Comores au curieux Gouverneur, prétendument à la demande des joueurs. Donc, au lendemain des élections présidentielles, dès que sa défaite sera inéluctablement annoncée, l’homme de Ntsoudjini pourra dire, dans un élan de reconnaissance envers Dieu: «Je peux me consoler grâce à mon beau maillot de l’équipe nationale de football frappé du n°17 alors que mes concurrents n’ont pas eu cette chance et cet honneur. Dieu n’oublie jamais Ses créatures, et celui qui place ses espoirs en Lui n’est jamais égaré, comme nous l’apprend le proverbe comorien bien connu». Mouigni Baraka Saïd Soilihi, en recevant son beau maillot frappé du n°17 parlait des Cœlacanthes mais avec des mots qu’il s’adressait à lui-même parce que, à ce qu’il paraît, il aime l’équipe nationale et la suit partout où elle joue, y compris au Ghana, où il ne lui a pourtant pas porté chance, tant s’en faut: «Cette détermination dont ils ont fait preuve tout au long du trajet entre Moroni et Kumasi, malgré le mauvais état des routes et la fatigue, m’a marqué. Je prie le bon Dieu pour que tous les Comoriens soient reconnaissants des efforts de nos footballeurs». Parlant toujours des joueurs comoriens tout en pensant à lui-même, l’étonnant Gouverneur ajouta: «Je suis serein et confiant que dans peu de temps, la sélection nationale aura sa place au niveau mondial et sera parmi les meilleures équipes de la planète foot». C’est du Mouigni Baraka Saïd Soilihi tout craché…

     Pourtant, le n°7 du maillot national n’est pas suffisant pour le mettre à l’abri des secousses et craquements politiques à venir dans son propre camp politique, où Djaé Ahamada Chanfi, secrétaire général de son parti RDC (comme la République démocratique du Congo), est furieux comme un tigre, à force d’avaler et d’ingurgiter des couleuvres longues comme une journée sans riz. On se souvient de la piteuse équipée au cours de laquelle, en 24 heures, Mouigni Baraka Saïd Soilihi avait fait des zigzags et contorsions multiples entre le Président Ikililou Dhoinine et Ahmed Sambi, finissant par aller jurer fidélité au chef de l’État, avant de repartir vers de nouvelles aventures incertaines. Djaé Ahamada Chanfi, confus comme un collégien boutonneux et gommeux lors de son premier rendez-vous amoureux, avait tout fait pour éloigner Mouigni Baraka Saïd Soilihi d’Ahmed Sambi, finissant par hériter d’un poste de Conseiller spécial du Président Ikililou Dhoinine, «pour dévouement et fidélité», mais surtout pour ne rien faire d’intelligent et d’utile. La suite lui avait donné raison, mais, le répit avait été de courte, très courte durée. Avec Mouigni Baraka Saïd Soilihi, il ne faut jurer de rien et rien n’est acquis pour longtemps.

     C’est ainsi qu’au cours du choix du candidat du n°17 de l’équipe comorienne de football pour le Gouvernorat de la Grande-Comore, comme par hasard, le fidèle Djaé Ahamada Chanfi a eu la honte de sa vie, en étant battu par Youssouf Mohamed Boina, Commissaire à l’Éducation et porte-parole du Gouvernorat de Mouigni Baraka Saïd Soilihi par 85,36% contre 3,88%, l’horreur absolue. Cette «élection» relève de la grosse mascarade entièrement organisée par Mouigni Baraka Saïd Soilihi et sa fine équipe pour faire tomber du tomatier son «frère» Djaé Ahamada Chanfi, qu’il trouve un peu trop proche du pouvoir politique actuel, qui a fait le choix du Vice-président Mohamed Ali Soilihi, alors que l’homme de Ntsoudjini, son interminable chapelet à la main, avait multiplié les appels en faveur de sa propre cooptation présidentielle, charité bien ordonnée commençant par soi-même. En fait, la galaxie barakiste avait un béguin pour la candidature de Youssouf Mohamed Boina, et la manœuvre était grosse et visible comme un gratte-ciel de Manhattan.

     Pourtant, toute honte bue, après son coup de Jarnac et le baiser de la mort sur les deux joues de Djaé Ahamada Chanfi, lancé dans un grand élan d’hypocrisie, Youssouf Mohamed Boina ose traiter sa victime en «frère indispensable», alors que la case brûle: «On ne laissera pas Djaé s’en aller. Il nous est utile, qu’il reste». Le conspirateur et favori de Mouigni Baraka Saïd Soilihi va plus loin en prétendant crânement qu’une cellule de crise a été mise en place pour empêcher l’enfant de Koimbani-Oichili d’aller voir ailleurs, où il sera traité en être humain. Est-ce que les comploteurs qui ont bu le sang de Djaé Ahamada Chanfi et qui s’apprêtent à dévorer sa chair ont poussé l’amabilité jusqu’à créer une cellule psychologique pour calmer les nerfs à vif d’un «frère» durement éprouvé, après sa défaite aux élections législatives de février 2015? En tout cas, le n°17 des Cœlacanthes dit à son entourage que si après la défection d’Ali Hamissi, qui a rejoint le Vice-président Mohamed Ali Soilihi, le «frère» Djaé Ahamada Chanfi file à la comorienne, il risque un accident cardiovasculaire et cela lui sera fatal puisque les Comores sont en pleine période électorale.

     En même temps, Mouigni Baraka Saïd Soilihi, n°17 des Cœlacanthes, a commencé à signaler à ses proches que si, par malheur, Djaé Ahamada Chanfi passait dans le camp de l’ennemi, il ne serait pas le seul à être moqué par les Comoriens, parce qu’Azali Assoumani Baba est confronté aux mêmes problèmes, en pire. En effet, dans les rangs de la CRC de notre putschiste multirécidiviste national, l’heure n’est pas à la sérénité non plus dans la mesure où le choix porté sur l’homme Hamidou Karihila pour porter les couleurs du parti aux élections gubernatoriales ne fait pas que des heureux. C’est ainsi que Maoulana Charif, tombeur de Djaé Ahamada Chanfi lors du deuxième tour des élections législatives, le 22 février 2015, et autre enfant de la région du Oichili, ne veut pas qu’on lui parle de la cooptation de Hamidou Karihila pour le Gouvernorat de la Grande-Comore. Il ne veut même pas que le nom de Hamidou Karihila soit prononcé en sa présence. Il se veut lui-même candidat au Gouvernorat, tout en sachant que ses plaisanteries et ses méthodes quand il était ministre de l’Économie de Papa Azali Assoumani Baba n’ont pas été oubliées des Comoriens. L’homme qui avait recommandé au peuple comorien de «la bouillie» en cas de problèmes économiques veut être le candidat de la CRC au Gouvernorat de la Grande-Comore, tout en feignant d’oublier que sa «popularité» est un sujet de graves plaisanteries vengeresses de la part de ceux qui souhaitent son trébuchement. Aux dernières nouvelles, la CRC risque l’implosion parce que Maoulana Charif a de nombreux partisans au sein du Parti Pirate et y est plus légitime que d’autres. Si Azali Assoumani Baba n’arrive pas à éteindre rapidement l’immense feu de brousse qu’il a allumé, il sera dans de beaux draps parce que la scission au sein de son machin deviendra très rapidement une horrible réalité politique.

     En tout état de cause, il est un homme qui regarde sadiquement ses adversaires s’étriper et qui y prend un plaisir énorme. Il boit du petit-lait. Il s’agit de Hachim Saïd-Hassane, qui ne cache plus sa joie d’être le chouchou de certains milieux politiques étrangers et qui enchaîne les réunions de réconfort et de soutien au cours desquelles il impressionne même ses propres partisans pendant que les jaloux qu’il énerve ne prient pas pour son succès. Il associe désormais ses partisans à ses démarches auprès des milieux politiques étrangers qui comptent pour que lesdits partisans soient convaincus qu’il maîtrise son affaire et qu’il ne parle pas dans le vide «comme ceux qui devront bientôt se rendre à l’évidence sur la bêtise qu’est leur projet de candidature alors qu’ils ne sont ni crédibles, ni en possession des moyens devant leur permettre de mener une bonne campagne, mais ont choisi d’être présents sur une arène politique sur laquelle ils sont invisibles et se ridiculisent lamentablement. Moi, j’ai choisi de me présenter à l’élection présidentielle en comptant sur ma crédibilité et sur ma personnalité et non en fondant mes espoirs sur les divisions et les conflits de personnes au sein d’un parti politique», dit-il. Ambiance, ambiance.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 30 novembre 2015.

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