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Mouigni Baraka table sur le hasard pour devenir chef d’État

Mouigni Baraka table sur le hasard pour devenir chef d’État

Naissance devant la mosquée du vendredi, rêves, tirage au sort

Par ARM

  Pauvre Mouigni Baraka Saïd Soilihi, qui confond pique-niquer à coups de chèvres qu’on égorge du côté d’Itsoundzou et devenir un Président de la République. Les Comores sont en période électorale, et pour des raisons d’objectivité scientifique, il faut écouter le discours de tous les candidats en lice pour le second tour du scrutin présidentiel comorien avant de classer lesdits candidats en bons et en mauvais, en acteurs politiques sérieux et en acteurs politiques folkloriques. Malheureusement pour lui, Mouigni Baraka Saïd Soilihi, qui continue à se comporter en j’en-foutre professionnel, n’aide pas les Comoriens à le prendre au sérieux. Son discours politique en cette période électorale continue à le situer dans la catégorie des gens légers et désinvoltes. Et, dans les conditions politiques actuelles des Comores, il faudra 268 ans et 4 mois pour faire admettre aux Comoriens qu’il est un garçon sérieux, qu’on peut hisser au rang de Président de la République. C’est la joie, donc. Qu’on s’en rende compte. Le jeudi 17 mars 2016, il débarque à Mohéli avec sa troupe théâtrale, et c’est le moment que choisit Mohamed Ali Saïd, irascible Gouverneur de Mohéli qualifié de «dictateur africain peu fréquentable» par un journal des Pyrénées-Orientales, pour faire lire un communiqué pas bien du tout à Radio Mohéli. À travers ce communiqué volontairement méchant et sadique, il disait qu’il ne souhaitait plus qu’on lui parle de Mouigni Baraka Saïd Soilihi puisque désormais, son candidat est Mohamed Ali Soilihi. Ha!

  Dès lors, ravalant sa rage face à une telle goujaterie qu’affectionne le dictateur ubuesque de Bonovo, Mouigni Baraka Saïd Soilihi annula le meeting qu’il devait tenir Place de l’Indépendance à Fomboni, pour aller se cacher comme un rat à Miringoni, chez son colistier Chaabane Bacar Soilihi, et radoter au cours d’un discours parmi les plus soporifiques. C’était le vendredi 18 mars 2016. L’endormeur de la République a donc tenu des propos pour le moins incohérents, comme s’il était gaga de la tête, et il ne serait pas superfétatoire de revenir sur certains d’entre eux: «Si vous me confiez toute l’autorité de l’État, alors, je vous dis, en cette heure de prière de l’après-midi de ce vendredi – je suis à côté de la mosquée de la grande prière du vendredi et je suis né à côté d’une mosquée de la grande prière du vendredi – alors, je vous dis que les îles seront dotées de leurs responsabilités, je collaborerais avec les Gouverneurs dans la paix et la tranquillité, je leur accorderais leurs prérogatives et leurs moyens pour qu’ils dirigent leurs îles comme il faut. Je vous donne un exemple: je commencerais par les enfants, dont je me soucie de la santé, de leurs fournitures scolaires. C’est la preuve que nous voulons que, né de parents riches ou de parents pauvres, l’enfant bénéficiera d’une scolarisation, si vous me confiez les responsabilités étatiques demain.

  Alors, honorables Mohéliens, sachez que votre espoir pour demain repose sur les enfants, l’espoir de tous les Comoriens repose sur les enfants. Nous ferons tout ce qu’il faut. Nous organiserons plusieurs meetings pour dire beaucoup de choses, si Dieu le veut. Pour finir, comme je le disais au cours des rencontres précédentes, nous étions 25 candidats. Quand on nous classait sur le bulletin unique de vote, je me suis retrouvé à la 8ème place. Je me suis demandé pourquoi j’ai été placé à la 8ème place alors que nous étions 25 candidats. Or, quand vous comptez les différents présidents de la République comorienne depuis nos pères Ali Soilihi, Ahmed Abdallah jusqu’au Docteur Ikililou Dhoinine, cela nous donne 7 présidents. Donc, celui qui sera élu cette fois-ci sera le 8ème président, et c’est pour cela que le tirage au sort m’a placé à la 8ème place ce jour-là. Que se passe-t-il aujourd’hui? Nous sommes 3 candidats, et si je dois être à la 8ème place, c’est que je suis éliminé. Or, il n’y a pas de troisième tour. Celui-ci est le dernier. Or, actuellement, le tirage au sort me place à la première place. Les deux vieux-là sont en bas. Qu’ils s’en aillent! Dieu a dit qu’il donne à qui il veut et non à qui veut quelque chose. Au vu de ces critères, le président qui sera élu en 2016, sera Mouigni Baraka Saïd Soilihi, qui incarne l’espoir des Comoriens demain, si Dieu le veut». Quel espoir?

  Ah oui? En tenant un tel discours dès son premier meeting de campagne en vue du deuxième tour du scrutin, Mouigni Baraka Saïd Soilihi a volontairement choisi la rubrique «polémiques et mensonges». Quand il parle de «fournitures scolaires» pour essayer de s’attribuer le beau rôle, il n’est pas persuasif parce que trois problèmes se posent: premièrement, en 2013, son Gouvernorat a été éclaboussé par un immense scandale relatif à un trafic d’épreuves d’examens nationaux. Deuxièmement, même si Mouigni Baraka Saïd Soilihi avait distribué des fournitures scolaires au rabais, il l’avait fait à la suite d’une immense opération de surfacturation ayant permis un immense enrichissement personnel à son profit, dans la mesure où les «fournitures scolaires» en question avaient fait l’objet d’une incroyable surfacturation synonyme d’escroquerie. Troisièmement, la distribution des «fournitures scolaires» à une infime minorité des élèves de la Grande-Comore aurait été un acte d’une grande noblesse si, en réalité, il ne s’agissait pas d’une opération de marketing politique de mauvais goût. En effet, dans la pure tradition des grands dictateurs mégalomaniaques, Mouigni Baraka Saïd Soilihi avait commandé des «fournitures scolaires» à son effigie. Autrement dit, ce qui l’intéressait, ce n’était pas un misérable cahier de bas de gamme dans le sac d’un élève, mais sa photo sur un cahier afin d’envoyer un message de propagande mensongère et mégalomaniaque aux parents de cet élève. Pas glorieux! Et il n’y a pas de quoi pavoiser. Qu’on le lui dise.

  Par ailleurs, il faudra reconnaître que la présence de Mouigni Baraka Saïd Soilihi dans le trio retenu pour le second tour de l’élection n’est pas due à ses «capacités managériales», mais à son statut de Gouverneur sortant de la plus grande île de l’Archipel des Comores. En décembre 2015, je l’ai vu de mes propres yeux à Ifoundihé, dans un déploiement prodigieux de moyens de l’État pour tenter d’influencer la population. Son statut de Gouverneur sortant de la Grande-Comore lui a donc donné les moyens d’aller au second tour, mais ceux qui le connaissent savent qu’il n’a pas l’envergure d’un chef d’État. Pourtant, au lieu de s’employer à démentir cette information, il a tout fait pour donner raison à ses nombreux détracteurs. L’un des exemples les plus édifiants qu’on pourrait citer à cet égard est celui d’un homme considéré comme sensé et qui quitte une île pour aller sur une autre île afin de dire crânement qu’il serait le nouveau président des Comores en se basant uniquement sur des histoires de hasard découlant d’un tirage au sort.

  Comment un homme qui prétend pouvoir se faire élire et pouvoir diriger un État refuse de parler de considérations managériales, mais préfère évoquer le hasard et le tirage au sort? Et que vient faire son histoire de naissance à côté d’une mosquée de la grande prière du vendredi? Pourquoi veut-il que le fait d’être né dans le voisinage d’une mosquée de la grande prière du vendredi fasse de lui un être exceptionnel alors qu’il ne s’est fait connaître que de manière négative, depuis la période où il sévissait aux services douaniers sur l’île de la Grande-Comore?

  Cela signifie que durant sa campagne électorale, Mouigni Baraka Saïd Soilihi n’a pas su se montrer à la hauteur de la tâche. Il a trop fait sur le registre du folklore et du banabana, et en période électorale, on ne se contente jamais de folklore et de banabana, mais de projets concrets. Il est à son premier meeting pour le deuxième tour, et il ne put s’empêcher de se noyer dans la banalité d’un discours absolument improductif, un discours qui n’apporte rien au débat démocratique et républicain. Heureusement que les Comoriens, qui en ont vu d’autres, sauront le remettre à sa place le moment venu. Il ne perd rien pour attendre, et dans la soirée du dimanche 10 avril 2016, quand il apprendra sa défaite, si le concept de «fraude électorale» sort de sa bouche, il ira s’expliquer devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre la paix.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mardi 29 mars 2016.

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