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Mouvance présidentielle/ Le choix d’Anissi Chamsidine, une solidarité entre conspués de la République ?

Par Faïssoili Abdou


Poignée de main entre Azali Assoumani et Anissi Chamsidine. source : page facebook de Beit-Salam

Au-delà  des critères objectifs qui ont pu dicter  le choix de l’ancien gouverneur Anissi Chamsidine comme candidat de la mouvance présidentielle aux élections du gouverneur au niveau de Ndzuani, on peut relever le fait que le leader du parti Soma et le colonel Azali Assoumani  partagent le fait qu’ils soient les deux hommes politiques de l’archipel qui ont fini leurs mandats électifs sous les hués de la foule.  Il semble d’ailleurs que soit  cet élément, apparemment banal,  qui a été à l’origine du rapprochement entre  ces deux hommes. Explications…

C’est confirmé. L’alliance pour la  mouvance présidentielle a décidé d’aligner l’ancien gouverneur Anissi  Chamsidine sur la piste de la course vers Dar Nadjah. C’est donc lui portera les couleurs de la mouvance à  l’élection du gouverneur au niveau de Ndzuani. Un choix apparemment  « imposé »  si l’on se réfère aux réactions outragées sur les réseaux  des proches des autres  potentiels prétendants au sein de la mouvance qui espéraient que des primaires internes allaient départager les différents postulants. Il semble que c’est le chef de l’Etat qui a tranché.

Nonobstant, les critères objectifs qui ont pu  dicter ce choix, il y a au moins deux choses qui rapprochent  aujourd’hui  l’ancien gouverneur  et le président Azali : leur antipathie envers  l’ex-président Sambi et le fait qu’ils soient les deux hommes politiques qui ont quittés leurs mandats sous les hués des citoyens.  Rappelez-vous comment, le 26 mai 2006, Azali Assoumani a été copieusement conspué lors de  la passation de pouvoir entre lui  et le président nouvellement élu Ahmed Abdallah Sambi.  Une humiliation, un affront qui lui ai resté, depuis, au travers de la gorge. Quand on connait le caractère revanchard de l’actuel Chef de l’Etat, on imagine très rapidement le mobile du sort injuste infligé aujourd’hui à l’ex-président Sambi et ses proches.  

L’ancien gouverneur de Ndzuani Anissi Chamsidine (2010-2016), sera lui aussi conspué le 23 mai 2016, lors de sa passation de pouvoir avec le gouverneur Salami Abdou  Salami. Ce jour là, le président Azali Assoumani a dû revoir le film douloureux de ce qui lui est arrivé le 26 mai 2006. Cette scène lui servira à fonder son besoin de revanche. Il a surtout repéré l’allié avec lequel, il allait s’appuyer dans sa revanche contre l’ex-président Sambi.  Ça sera l’ex- gouverneur Anissi Chamssidine. On remarquera qu’avant la brouille entre Sambi et Azali, alors qu’aucun nuage ne pesait sur leur alliance, le Chef de l’Etat recevait régulièrement l’ancien gouverneur de Ndzuani à Beit-Salam.  Il sera reçu même plusieurs fois au palais par rapport au leader du Juwa.

Quelques faits doivent être rappelés pour mieux situer le choix d’Anissi et ainsi aider à la réflexion : le député Dhoihir Dhoulkamal, président de la commission d’enquête parlementaire sur le dossier de la citoyenneté économique, est un proche d’Anissi Chamsidine. On a tous constaté les conditions troubles dans lesquelles  a été mené ce dossier qui servira de prétexte légal à l’emprisonnement de l’ex-président Sambi.  Lors de la campagne des « Assises nationales »,  le bruit courait (déjà !) que le gouverneur Salami allait être écarté de son poste et que le président Azali allait nommer Anissi Chamsidine pour le remplacer.

Dans un meeting du parti Soma, le 25 février 2018,  à Ndzuani , l’ancien gouverneur ne cachait pas sa reconnaissance au président Azali en rappelant la scène du 26 mai 2016 au stade de Missiri.

« Le 23mai 2016, nous sommes aujourd’hui le  25 février 2018, nous étions vaincus aux élections, conspués, menacés, certains avaient perdu espoir. Ce jour là, Allah a voulu que dans cette assemblée, il y ait quelqu’un, l’actuel chef de l’Etat, le colonel Azali Assoumani.  Il a entendu, il a vu ce que nous avons enduré ce jour là. Après qu’on était vaincu, qu’on nous menaçait, qu’on nous humiliait, il a eu de la compassion  à notre endroit, il a quitté le rassemblement.  Il l’a quitté par mansuétude car il ne croyait pas qu’on allait pouvoir prononcer un seul mot.  Nous ne pouvons que le remercier. Il nous a vaincus mais il était sensible à notre sort. Qu’Allah lui rétribue cela », déclarait Anissi Chamsidine à la tribune.

«  Vous avez dit que vous avez fait une petite révolution, nous  attendons la grande révolution car si vous ne la faite pas, c’est nous qui allons la faire », avait-il poursuivi, reprenant les propos de l’ancien président  Sambi qui, lors des dernières élections présidentielles, avait salué la détermination  des électeurs qui veillaient devant le siège de la Ceni, surtout à Ndzuani, en vue de « protéger » leurs scrutins contre toute manipulation.

Anissi Chamssidine qui était très  proche de l’ex-président Sambi , semble avoir jeté définitivement leur amour passée dans la poubelle. Dans ses prises de parole, il ne cesse de démontrer sournoisement « l’immaturité » de son ancien protégé. Comme le  25 février 2018 où devant les partisans de son parti Soma, il a égrené les noms des anciens candidats aux élections  soutenus  par l’homme au turban (de Moussa Toybou à Azali Assoumani) et qu’il a ensuite tourné le dos en proclamant qu’il s’était trompé sur leurs personnes. « Un homme politique doit tout abord être responsable de ce qu’il  dit et de ce qu’il fait », a-t-il asséné dans  son diatribe. « À cause d’un crédit de téléphone, on m’avait poussé  à m’affronter  avec l’Etat sous la responsabilité de Iklilou Dhoinine. Je ne sais pas pour quelle raison mon frère Abdou Salami Abdou combat un pouvoir qu’il a aidé à mettre en place», conclut l’ancien gouverneur, tranchant. Les prochaines élections des gouverneurs dans l’île de Ndzuani promettent d’être passionnantes…

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