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Nazra Chanfi Mbae, une aiguilleuse du ciel qui réalise «un rêve» avec grande passion

Société |  23/03/2021 –    Abouhariat Said Abdallah

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Toute passionnée, la jeune femme n’entend pas rester à grimper les 55 mètres de la tour de contrôle de l’Aimpsi tous les jours. N’ayant pas fini de rêver, selon elle, cette jeune femme de moins de trente ans veut encore pousser plus loin pour être fière de soi et combler une passion. Pour cette native de Mbeni ya Hamahame, formée par l’Asecna, ce n’est pas seulement le salaire qui compte, «il faut vivre sa passion pour s’épanouir».

Nazra Chanfi Mbae fait partie de l’équipe des contrôleurs aériens qui travaillent à l’aéroport international Moroni prince Saïd Ibrahim (Aimpsi). Elle est recrutée depuis décembre 2018 à l’Asecna. La tour de contrôle de Moroni-Hahaya est devenue sa deuxième chez elle, vu sa détermination et son abnégation dans son travail. «C’est un membre de ma famille qui m’a conseillé ce métier de l’aéronautique. Et depuis la classe de seconde, ce rêve m’a hanté et aujourd’hui, c’est devenu ma passion», raconte-t-elle. Après s’être vu refuser son inscription dans une école de navigation aérienne à Toulouse, la native de Mbeni ya Hamahame va s’inscrire à l’Université des Comores.
Encouragée toujours par sa famille, Nazra a demandé et obtenu, durant ses études à la faculté de mathématiques, un stage à l’Asecna.

Les 55 mètres de hauteur de la tour de contrôle

Durant les trois mois de stage, il n’y avait qu’une seule femme qui exerçait le métier de contrôleur aérien. C’était Woulida. «On avait presque le même âge, elle m’a bien accueillie et encadrée. C’est surtout son accueil avec les autres collègues qui étaient précieux. Ils m’ont aidé et m’ont accompagné à réaliser mon rêve», s’est-elle remémorée. Actuellement, elles sont six femmes contre 18 hommes contrôleurs aériens.
Moins de la trentaine, Nazra est parmi les trois benjamines de cette équipe. Par contre, elle sent motivée et à l’aise dans son travail. «Je ne peux pas trouver mieux. Je m’épanouis et je trouve que travailler avec une équipe dominée par des hommes, c’est super intéressant. Ils sont très attentionnés et veillent sur moi. Je n’ai jamais senti de la discrimination, on est tous des collègues», se réjouit-elle.

Pousser le bouchon encore plus loin

Travaillant dans la circulation aérienne, Nazra Chanfi Mbae est une aiguilleuse du ciel. Cela signifie, selon elle, qu’elle contrôle les avions qui passent dans son espace». «Et contrôler veut dire beaucoup de choses. Je peux leur donner des informations, les séparer avec d’autres avions qui sont dans l’espace, je peux les envoyer vers passage des avions, qu’ils n’y aient pas de problèmes, que ce soit sur terre ou au niveau de l’air», souligne-t-elle.
Toute passionnée, la jeune femme n’entend pas rester à grimper les 55 mètres de hauteur de la tour de contrôle de l’Aimpsi tous les jours. «Je n’ai pas fini de rêver», a-t-elle confié, montrant qu’elle aimerait pousser le bouchon encore plus loin. «Je serais beaucoup plus fière de moi», a-t-elle concédé, soulignant que ce n’est pas seulement le salaire qui compte. «Le fait de vivre sa passion, c’est aussi important et épanouissant», a-t-elle ajouté.
Aux jeunes filles, elle conseille de ne jamais baisser les bras. «Durant votre parcours, il y aura des gens qui vont essayer de vous mettre des bâtons dans les roues, de vous décourager, de vous dire que ce travail n’est pas fait pour les femmes, comme on me l’a déjà dit. Cependant, quand on a la volonté, on aboutit toujours là où on veut, il faut foncer», a-t-elle encouragé.

En Afrique du Sud en 2014

Pour Nazra Chanfi, il faut se rapprocher des gens qui ont atteint un stade plus élevé dans leur vie professionnelle pour apprendre à réussir dans sa propre carrière. «Il faut oser faire le bon choix, suivre le bon exemple, pour pouvoir réaliser ses rêves», explique-t-elle.
Nazra Chanfi Mbae a fait ses études primaires et secondaires à Mbeni, sa ville natale. Après son baccalauréat série scientifique en 2010, elle s’inscrira à la faculté de mathématiques à l’Université des Comores.
Sa licence en en poche, elle se rendra en Afrique du Sud en 2014 pour apprendre l’Anglais. De retour au pays, elle s’inscrira au concours «spécial» de l’Asecna sur la circulation aérienne, puis se rendra encore une fois en Afrique du Sud en 2015 pour approfondir la langue de Shakespeare. Cette fois, c’était l’Asecna qui s’est acquitté des frais. En 2016, elle se rendra au Niger avec deux autres Comoriens pour une formation de 14 mois en contrôle aérien.

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