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Ndzuani : des nominations sur fond de conflit de compétences

Ndzuani : des nominations sur fond de conflit de compétences

 

Un conflit de compétences oppose aujourd’hui l’exécutif de l’île de Ndzuani au ministre des Transports. Bahia Massoundi, la ministre, a nommé la semaine dernière un nouveau directeur à l’aéroport de Wani, Ismaila Abdou Abdallah, en remplacement de Chamsidine Ali, désigné deux semaines plus tôt par le gouverneur de l’île, Anissi Chamsidine. La chose n’a pas du tout plu à Dar-nadjah, qui en a même fait un des sujets à l’ordre du jour du conseil hebdomadaire des commissaires, jeudi. Son secrétaire général, Housni Mohamed Abdou, a déclaré que le conseil en avait pris note et qu’il s’enquerrait auprès du gouvernement de l’Union pour savoir si l’acte de la ministre l’engage ou si c’est une initiative personnelle.

L’exécutif anjouanais est, en effet, persuadé que la désignation du directeur de l’aéroport secondaire de l’île de Ndzuani relève de sa compétence ; le précédent patron des lieux, Omar Bacar Saindou alias Abor, qui a remis sa démission au début de ce mois de décembre après près de trois de bras de fer avec son personnel, a d’ailleurs été nommé par Anissi Chamsidine à ce poste en 2012.

A noter que l’article 9 de la Constitution attribue à la compétence des îles autonomes, notamment « l’organisation des établissements et organismes à caractère administratif, commercial ou industriel d’intérêt insulaire autres que les sociétés d’Etat ». La même Bahia Massoundi vient de procéder à une autre nomination, cette fois au port de Mutsamudu : ici, Miftahou Hadhura est remplacé par Houmadi Mohamed alias Guegueni, précédemment directeur adjoint. Hadhura a, comme Abor, été confronté à une contestation permanente de son personnel, mais son remplacement par la ministre serait discutable sur le plan de la légalité.

Alors que la façade du siège est marquée « Autorité portuaire des Comores », toute sa paperasse est libellée au nom d’Eppam (Etablissement public du port autonome de Mutsamudu), et tandis qu’une loi nationale, non encore accompagnée par son décret d’application, a depuis 2014 institué une « Société comorienne des ports », dont le siège national devrait en principe se trouver à Mutsamudu.

Le même débat de légalité peut se poser encore au niveau d’Electricité d’Anjouan (Eda), une société publique créée par une loi insulaire en 2004 et dont le patron est aujourd’hui nommé par le ministère de l’Energie et non le gouverneur.

Au-delà de l’aspect administratif de ces remplacements, se pose la question du conflit politique qui couverait au sein du parti gouvernemental, l’Updc (Union pour le développement des Comores). Chamsidine Ali est l’actuel secrétaire régional de ce parti, et pourtant, après avoir été évincé de la Coordination de l’Union à Ndzuani, la ministre Bahia n’hésitera pas à l’écarter du nouveau poste auquel il a été destiné, exaspérant du même coup le gouverneur Anissi.

S’agissant de Hadhura, on le disait jusqu’à récemment très en phase avec les barons de l’Updc, pour avoir pris les devants lors des manifestations de la mouvance gouvernementale de soutien à la présidence tournante et contre la candidature de l’ex-président Sambi.

Sardou Moussa

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