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«Nous n’avons pas peur de cette dictature médiévale»

«Nous n’avons pas peur de cette dictature médiévale»

Al-Watwan a bien charcuté l’interview de Mouigni Baraka

Par ARM

     Cette fois-ci, les Comores de Papa ont bel et bien touché le fond. Ce que nous répétons ici sur la dictature familiale, villageoise et de confrérie du «concubinocrate» Azali Assoumani relève de pure vérité. Et la vérité est encore plus triste. En effet, ce jeudi 2 mars 2017, nous avons fait état de l’interview que Mouigni Baraka Saïd Soilihi, ancien Gouverneur de la Grande-Comore, a accordée à Mme Faïza Youssouf Soulé du journal gouvernemental Al-Watwan dit Al-WawaCelui qui démange, pique ou fait gratter»). Ce que les gens ne savent pas, c’est que cette interview a été escamotée, caviardée et charcutée, vidée des parties les plus sensibles par le pouvoir politique en place.

Oui, le Comité de Censure de Beït-Salam a lu les propos de Mouigni Baraka Saïd Soilihi et a découpé toutes les parties qui heurtaient le plus la sensibilité maladive et la susceptibilité mégalomaniaque du tyran de Beït-Salam et de ses «lèche-bottistes». Ce qui signifie qu’avant toute publication, le «journaliste indépendant» Ahmed Ali Amir fait un petit tour à Beït-Salam pour aller demander l’autorisation de Saïd-Ahmed Saïd-Ali et Mohamed Abdou Mbéchezi. Dégoulinant d’obséquiosité servile, il s’oblige à exécuter tous leurs ordres de censure et de production d’articles dithyrambiques aux superlatifs les plus laudateurs. Pis, il est obligé de passer sous les fourches caudines de son ennemi intime, Msa Ali Djamal.

Au téléphone ce jeudi 2 mars 2017 avec cette personne vivant en France avec qui il a travaillé lors du scrutin présidentiel de 2016, Mouigni Baraka Saïd Soilihi ne mâche pas ses mots: «La dictature n’est plus rampante; elle est debout. Nous vivons désormais en dictature, mais nous n’avons pas peur de ce fléau qui a réduit à néant tous les efforts de développement déployés en direction de l’Afrique. Nous n’avons pas peur de cette dictature médiévale. Je n’ai jamais vu les Comores tomber à un niveau aussi bas en matière d’État de Droit et de démocratie. Imagine ma surprise quand, en feuilletant le numéro d’Al-Watwan sur lequel était publiée mon interview, je suis tombé sur un texte sans queue, ni tête, un texte vidé de sa substance, charcuté, censuré et méconnaissable. Je n’aurais imaginé que des pratiques aussi antidémocratiques et aussi barbares pouvaient exister aux Comores.

     Mais, je répète: nous n’avons pas peur d’Azali Assoumani, même s’il nous emprisonnait tous et nous tuait tous avec nos familles. Le pays est détruit. Il n’a pas su unir les Comoriens mais s’acharne à les diviser. Il n’a pas su tendre la main à notre jeunesse, et se livre à des licenciements d’une violence et d’un volume jamais vus aux Comores, même au début de l’application du plan d’ajustement structurel dans notre pays. Après, il n’a même pas honte de parler aux Comoriens et à la communauté internationale de son projet farfelu consistant à faire des Comores “un pays émergent”. C’est à l’heure du bilan qu’il va vraiment comprendre à quel point il est ridicule et dépassé par les réalités du pays».

Ce qui est encore plus désolant, c’est que sous Ikililou Dhoinine, ceux qui sont devenus taiseux aujourd’hui étaient très bruyants et braillards pour parler de la «liberté de la presse» et de la «liberté d’expression», bousculant même le régime politique en place. Où est passé «le “sociologue” “bourdieusien”» Msa Ali Djamal, le plus grand spécialiste mondial des «sondages» les plus débiles et les plus tirés par les cheveux? Maintenant, on en sait un peu plus sur les conditions rocambolesques et pittoresques de sa nomination à la tête de l’Office de Radiotélévision des Comores (ORTC): avant la mascarade électorale de 2016, son Dieu, l’«émergent» Azali Assoumani, lui avait promis le poste. Par la suite, les lobbies de Moroni sont allés le demander pour leur protégé Ahmed Ali Amir. C’est alors que Msa Ali Djamal menaça le «concubinocrate» Azali Assoumani de dévoiler les secrets les plus nauséabonds les liant. C’est la raison pour laquelle le dictateur a osé défier les puissants lobbies de Moroni pour donner satisfaction à un «Anroubi» sans envergure. Dernière question: pendant que la liberté de la presse est en train de sombrer, que fait le «journaliste indépendant» Ahmed Ali Amir, le Directeur du journal Al-Wawa, lui qui avait fait l’objet d’une mesure scélérate et stupide de licenciement de la part d’Ikililou Dhoinine à quelques minutes de son départ de Beït-Salam? Pourquoi, lui aussi, est devenu taiseux face à la descente aux enfers de l’État de Droit et de la démocratie aux Comores? Que fait-il de ses thèmes favoris de naguère: la liberté d’expression et la liberté de la presse?

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Jeudi 2 mars 2017.

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