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Nouveau dérapage verbal haineux de Fahmi Saïd Ibrahim

Nouveau dérapage verbal haineux de Fahmi Saïd Ibrahim

Fixation haineuse du chef du PEC sur le Président de la République

Par ARM

   Finalement, Maître Saïd Mohamed Saïd Hassane, candidat à l’élection gubernatoriale de la Grande-Comore en 2016, a raison quand, au cours de l’interview qu’il accorda à notre site le mercredi 16 septembre 2015, il déclara: «Il n’y a pas des opposants mais des mécontents»? Dans le cas de Fahmi Saïd Ibrahim, on part du «mécontentement» à la frustration, et c’est de bonne guerre. En 2010, Fahmi Saïd Ibrahim avait lutté contre la tenue de l’élection devant placer un Mohélien à Beït-Salam. Il sera dans la délégation qui ira à Addis-Abeba, au siège de l’Union africaine, pour expliquer qu’il ne fallait pas organiser ce scrutin. Quand les Mohéliens arrachèrent à Ahmed Sambi la tenue de cette élection présidentielle, le même Fahmi Saïd Ibrahim, qui avait pourtant exprimé tout son mépris envers les Mohéliens («Combien sont ces Mohéliens pour vouloir diriger les Comores?»), fera tout pour devenir le colistier du candidat mohélien Ikililou Dhoinine à la Grande-Comore. Quand le choix se porta sur le Doyen Mohamed Ali Soilihi, il passa son temps en Conseil des ministres à dire que ce dernier n’est pas aimé à Mbéni et dans le Hamahamet, alors que, lors des élections législatives des 6 et 20 décembre 2009, Mohamed Ali Soilihi avait écrasé Hamidou Karihila au second tour de l’élection en question, par 17.000 voix contre 8.000 voix. Statistiques très parlantes…

   Quand le Président Ikililou Dhoinine a été élu, Fahmi Saïd Ibrahim a tout fait pour être nommé ministre. Le chef de l’État avait dit alors: «Pourquoi devrais-je le nommer ministre? Je ne le nommerai jamais ministre. Je ne vais jamais le nommer à un poste de ministre». Le Président Ikililou Dhoinine a tenu parole et ne l’a jamais nommé. Pendant deux ans, le chef du PEC a sillonné entre le Président Ikililou Dhoinine et Ahmed Sambi et, en mars 2013, quand il a compris que les carottes étaient définitivement cuites et qu’il n’aurait jamais son poste de ministre, profitant de la rupture entre ancien Président et ancien Vice-président, il tourna casaque et se rangea ostensiblement dans le camp d’Ahmed Sambi. Désormais, l’homme qui était vu quotidiennement à Beït-Salam ne se livre plus à la critique envers le Président de la République, mais à ce dénigrement antimohélien (ce n’est pas nouveau) qui lui vaut ce qu’on sait sur la scène politique. Quand il parle du Président Ikililou Dhoinine, on sent un souffle de haine mortelle sortir de sa bouche. C’est une haine morbide qu’il partage avec Ahmed Sambi, mais la sienne dépasse celle d’Ahmed Sambi de plusieurs crans.

   Cette fois, il fallait recueillir les sentiments de différents acteurs politiques sur le discours du Président Ikililou Dhoinine à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU. Les uns et les autres se sont exprimés sur le sujet, mais quand ce fut le tour de Fahmi Saïd Ibrahim, comme à l’accoutumée, on assista à une débauche de haine et de manipulations. Voici ce qu’il dit: «C’est une atteinte grave à la nation comorienne. Comment le Président peut-il aller aux Nations-Unies, non pas pour y parler de la nation comorienne mais d’insularité? Il a donné sa vision qui assure la suprématie d’une île sur la nation. Le prochain Président qui sera élu, sera celui de tous les Comoriens. L’ONU ne connaît ni Anjouanais, ni Grands-Comoriens, ni Mohéliens, ni Mahorais, ce qu’elle connaît et reconnaît, c’est le peuple comorien, un et indivisible. Concernant Mayotte, ce ne sont que des paroles, il ne dupe personne. Dès lors qu’il prime l’insularité à la nation comorienne, quelle crédibilité peut-on lui accorder pour la défense du retour de Mayotte?». Propos recueillis par Faïza Soulé Youssouf: Réactions après le discours du Président à l’ONU, Al-Watwan n°2772, Moroni, lundi 5 octobre 2015, p. 4. Ce souffle de haine et de détestation en appelle à quelques observations.

   Quand le Président Ikililou Dhoinine va aux Nations Unies pour dire qu’en 2016 ce sera un Grand-Comorien qui y prononcera le discours du Président des Comores, il prouve qu’il est un homme bien éduqué et qu’il ne va pas s’accrocher au pouvoir comme le veulent les plus nuls et les plus médiocres. En plus, il prend le monde entier à témoin, en disant qui doit être chef d’État aux Comores en 2016-2021, conformément à la Constitution. Donc, si certains veulent faire autre chose, ils se heurteront à une réprobation mondiale. En faisant cela, le Président de la République n’a commis aucune «atteinte grave à la nation comorienne» et n’a pas fait prévaloir «l’insularité» mais a mis la communauté internationale devant ses responsabilités. Naturellement, Fahmi Saïd Ibrahim est d’une mauvaise foi évidente quand il dit, s’agissant du Président Ikililou Dhoinine: «Il a donné sa vision qui assure la suprématie d’une île sur la nation». Monsieur, l’insularité est inscrite sur la Constitution comorienne, et le Président Ikililou Dhoinine, en sa qualité de garant de la Constitution et des institutions, fait son travail et le fait de manière très honorable et honnête. Il rassemble les Comoriens au pied de la Constitution pendant qu’Ahmed Sambi et ses crypto-sambistes, dont Fahmi Saïd Ibrahim, font tout pour mépriser et diviser les Comoriens. À la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, le Président Ikililou Dhoinine n’a fait que dire que l’article 13 de la Constitution comorienne dispose que «la présidence est tournante entre les îles» et qu’après avoir tourné pendant 10 ans hors de la Grande-Comore, elle rentre dans son foyer d’origine. C’est tout. Est-ce un tel rappel de la part du Président doit lui valoir le mépris de ceux qui ont cassé les Comores hier?

   Mais, «la crème» de la déclaration de Fahmi Saïd Ibrahim est la suivante: «Dès lors qu’il prime l’insularité à la nation comorienne, quelle crédibilité peut-on lui accorder pour la défense du retour de Mayotte?». Ah oui? C’est ce que Fahmi Saïd Ibrahim dit aujourd’hui aux Comoriens? Alors, il faudra lui rappeler deux choses. Premièrement, il a été ministre des Relations extérieures des Comores de juin 2010 à juin 2011. Nous répétons: Fahmi Saïd Ibrahim a été ministre des Relations extérieures de juin 2010 à juin 2011. Or, quand a été faite la départementalisation de Mayotte? Le 31 mars 2011. Or, la date du 31 mars 2011 est une date comprise entre juin 2010 et juin 2011. Et le 31 mars 2011, quand Mayotte est devenue un département français, qui était chef de la diplomatie comorienne et devait empêcher une telle chose? Fahmi Saïd Ibrahim. A-t-il empêché la départementalisation de Mayotte? Non. Donc, les Comoriens souhaiteraient savoir pourquoi le très génial et très patriote Fahmi Saïd Ibrahim a laissé Mayotte devenir un département français et donne des leçons aujourd’hui.

   Deuxièmement, question bradage des intérêts des Comores, c’est Fahmi Saïd Ibrahim qui avait été étrillé par La Lettre de l’océan Indien (LOI), dont le sérieux du propos est connu, ce journal l’accusant d’avoir assassiné les intérêts des Comores. C’était le 21 mai 2011, une semaine avant la fin pathétique du régime politique pathétique d’Ahmed Sambi. L’article de la LOI est intitulé «Un trio libano-syrien à l’Unesco. La représentation des Comores à l’Unesco est trustée par deux hommes d’affaires libanais et un ancien ministre syrien. Contre des passeports diplomatiques?». Selon la LOI, «le nationalisme ombrageux du ministre comorien des Affaires étrangères, Fahmi Saïd Ibrahim, toujours prompt à dénoncer “l’occupation” française de Mayotte, ne l’a pas empêché de placer trois personnalités étrangères à la tête de la représentation des Comores auprès de l’Unesco, à Paris. Depuis fin 2010, l’ambassadeur des Comores auprès de l’Unesco est ainsi l’homme d’affaires libanais Nizar Dalloul, fondateur de la société de télécoms Comium, très active en Afrique de l’Ouest. Son adjoint est Fahad Hariri, un des fils du défunt ex-premier ministre libanais Rafic Hariri. Enfin, l’ancien ministre syrien Nihad Ibrahim Pacha dispose du statut de conseiller de la délégation permanente des Comores auprès de l’Unesco. Ancien enseignant à la Lebanese American University et à l’American University of Beirut, Pacha est administrateur de sociétés françaises actives dans le financement et la gestion d’hôtels, comme Demours Finance. Ces trois personnalités ont été présentées à Fahmi par l’ambassadeur des Comores auprès des Nations unies à Bruxelles, Sultan Chouzour, qui est un de ses parents par alliance. La fille de Chouzour est mariée à Mourad Saïd Ibrahim, un ancien ministre comorien de la justice qui n’est autre que le frère cadet de Fahmi. Dalloul lorgnerait une éventuelle licence de téléphonie portable aux Comores, ce qui ne doit pas laisser Fahmi insensible, son épouse Housnat travaillant à Moroni pour Comores Telecom». Accusations très graves sur celui qui se présente comme le meilleur défenseur de la «nation comorienne».

   Le droit de réponse publié par Fahmi Saïd Ibrahim à la suite des graves accusations de la LOI fait vraiment rire. Lisons-le: «Dans votre édition en date du 21 mai 2011, la Lettre de l’Océan indien a livré des informations inexactes sur la nomination de Franco-Libanais à la Représentation permanente des Comores à l’Unesco. Aussi, voudrai-je par la présente, à l’endroit d’un journal connu pour donner à lire des informations régionales sérieuses, apporter un démenti et des éclaircissements sur des nominations qui laissent entendre, d’après votre article, représenter une possible collusion d’intérêts dans lesquels ma propre famille trouverait son compte. Je regrette que votre journal n’ait pas jugé opportun de vérifier des informations dévoyées par je ne sais quel correspondant déjà intellectuellement usé. Monsieur Nizar Dalloul a été nommé ambassadeur auprès de l’Unesco par un décret du Président de République, bien avant que je rencontre moi-même l’impétrant ; Monsieur Fahad Hariri, conseiller de la Délégation permanente des Comores auprès de l’Unesco, a été nommé par mon prédécesseur bien qu’il soit vrai que j’ai moi-même œuvré en ce sens : en effet, j’avais jugé qu’il était hautement bénéfique pour mon pays qu’un homme de la qualité de Fahad Hariri et de surcroît frère du Premier ministre du Liban, au moment de sa nomination, fût nommé à ce poste afin que les Comores pussent également bénéficier des liens tissés entre sa famille et une partie des élites politiques et financières françaises, d’abord pour nous ouvrir des opportunités en matière d’investissements directs, ensuite pour relayer les propositions de solution équilibrée avancées par les Comores sur la question de Mayotte. Je n’ai jamais rencontré Monsieur Ibrahim Pasha qui a été nommé en 2006 par Monsieur Abodo Soefo, quelques mois avant l’élection du Président Ahmed Abdallah Sambi et quatre ans avant ma nomination ; j’ai dû en revanche renouveler son passeport diplomatique, dès lors qu’il était en poste à l’Unesco, sur recommandation de l’inspecteur général du ministère des Relations extérieures. Reste que je suis qualifié de “nationaliste ombrageux” pour avoir porté tout haut la critique que la majeure partie des élites comoriennes – y compris franco-comoriennes – formule tout bas : l’absence criante d’une véritable politique comorienne de la France. Dois-je rappeler que Pierre Caminade ou le député Lecoq, pour ne citer que ceux-là, défendent les Comores avec les mêmes arguments que nous sans qu’ils soient soupçonnés de visées anti-françaises ? Romain Gary qualifiait le nationalisme de haine des autres, et donc les nationalistes, à l’instar de l’extrême droite française, pourfendent la norme supranationale – les règles de l’Union européenne en sont l’exemple avec le Front national français – alors que mon discours a toujours été respectueux du droit international. Peut-on alors être à la fois un “nationaliste ombrageux” et appeler au respect du droit international ? J’ai pensé qu’il fallait sortir la question du schéma du dialogue de dupes pour orienter la politique étrangère vers une véritable sensibilisation des plus hautes autorités françaises et internationales sur l’injustice et le déséquilibre stratégique que la France impose aux Comores et à toute la région sur la question de Mayotte. À cet effet, notre souci était de contourner le mépris dans lequel nous tiennent quelques officines pour nous hisser à un niveau de dialogue franc et serein avec les plus hautes autorités politiques françaises sur la base de propositions concrètes formulées conjointement. Mais fidèle à ma tradition familiale et soutenu par le Président Ahmed Abdallah Sambi qui en a été l’initiateur, j’ai toujours plaidé en faveur d’un “juste milieu” que serait un condominium franco-comorien sur l’Île comorienne de Mayotte».

   Mesdames, Messieurs, trouvez-vous sérieuse l’argumentation de Fahmi Saïd Ibrahim? Moi, non. Je la trouve prétentieuse, décousue, méprisante et vide. Est-ce que parce qu’on s’appelle Hariri, qu’on doit pouvoir acheter les Comores? Qu’est-ce que ces gens-là ont fait pour Mayotte? Rien. Et pour les investissements aux Comores? Rien. Ils ne payaient même pas les charges auxquelles étaient assujetties les Comores à l’UNESCO, et le Président Ikililou Dhoinine les a virés sec. Enfin, il est souhaitable que Fahmi Saïd Ibrahim sache qu’un «condominium franco-comorien» sur Mayotte est une acceptation officielle par les Comores de la présence française à Mayotte. Comment alors celui qui accuse les autres de ne rien faire pour Mayotte brade Mayotte? Une dernière chose: Fahmi Saïd Ibrahim accuse ceux qui l’ont précédé à la tête de la diplomatie comorienne de certaines choses pour se couvrir lui-même. Or, rien ne l’obligeait à avaliser des décisions scélérates et anti-comoriennes. Un bon ministre se désolidarise des décisions malheureuses de ses prédécesseurs. Donc, il doit trouver autre chose, en plus des injures habituelles sur Internet accompagnant toute critique qui lui est adressée.

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© www.lemohelien.com – Mardi 6 octobre 2015.

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